I. Que font-elles pour notis
l! estplusprobable.d'aprèsSlLiguori, qu'elles prient pour nous, surtout pour ceuxqui les soulagent. D'autres cependant le nient, avdc St Thomas. Avec la permission de Dieu, elles peuvent apparaître aux hommes, comme l'enseigne St Augustin, qui a cependant quelques contradicteurs. D'après Bellarmin, Dieu peut les rappeler à la vie ; mais d'autres le nient. Bellarmin lui-même enseigne, avec quelques auteurs, que ni les bienheureux, ni les damnés ne peuvent être rappelés à la vie. Dieu ne ressuscite que ceux dont les âmes ont été réservées dans un lieu où leursort n'était pas encore définitivement fixé.
1731. II. Qu'est-ce que les vivants peuvent, et doivent faille pour les âmes du purgatoire? 1" Ils peuvent les invoquer, d'après une opinion probable. 20 11s doivent prier pour elles au moins par charité, et par piété et reconnaissance, s'il s'agit des âmes de leurs parents et quelquefois par justice s'ils y sont obligés par contrat. Il faut donc parler des suffrages.
1782. Des suffrages. — Les suffrages des vivants peuvent soulager les âmes du purgatoire; c'est de foi. Pr. 1) C'est une sain-
LES SUFFRAQES
te et salutaire pensée de prier pourles morts. (IIMach, 12. 46).
2) « Nous définissons que les suffrages des fidèles vivants, c'est-à-dire les sacrifices, les prières et les aumônes, ainsi que les autres œuvres de piété, que les fidèles ont coutume de faire, pour les autres fidèles, servent à ces âmes pour les soulager dans leurs peines. » Flor.
1733. 1) Que sont les suffrages ? Les suffrages sont les fruits des œuvres surnaturelles qui sont appliqués aux autres fidè-^ les, et qui les aident soit ea; ope7'e opeJYito, comme le sacrifice de la messe, soit ex opère operantis comme les bonnes œuvres et la prière. Pour le comprendre il faut savoir (a) que toute œuvre surnaturelle a un double fruit :
l'un méritoire pour celui qui la fait, qui consiste en ce que celui qui la fait, est digne de congruo ou de condigno d'une récompense surnaturelle, soit en ce monde, soit en l'autre ; et ce mérite ne sert qu'à celui qui fait le bien ; toutefois le mérite peut de congruo mériter la grâce à un autre vivant. Cr. 4506. Il est un autre fruit, qui est satisfactoire pour la peine due au péché pardonné ; (b) la prière, outre le double fruit dont nous venons de parler, a un troisième fruit impétratoire, par lequel celui qui prie, obtient de la miséricorde de Dieu, pour soi, ou pour d'autres, ce qu'il demande.
V, ce que nous avons dit de la satisfaction, n» IU4, 1159.
1 73-4. 2) Des suffrages communs. Le fruit impétratoire de la prière, le fruit satisfactoire de la prière et de toute bonne œuvre, profite à tous les lidèles qui sont unis par les liens de la charité, en vertu de la communion des saints. El la communion des saints est un dogme de no-
tre foi, d'après le symbole. Pr.
Tous nous sommes un seul corjjs enJ.-C. ; et nous sommes chacun les membres les uns des autres. Rom. XII, 5. OoMC, comme l'acte d'un seul membre profite à tout le corps, ainsi l'acte d'un fidèle profite à toute l'Eglise.
Mais l'Eglise ne se compose pas seulement des membres de la véritable Eglise de J.-C, qui combattent ici-bas ; elle se compose encore de tous les membres de l'Eglise qui triomphent dans le ciel, ou qui soufïrent dans le purgatoire, car la charité ne meurt pas. Toutefois, elle ne se compose pas des damnés, qui ont rompu irrévocablement le lien de l'union, qui est la charité. V. no 1749.
1735. Le lien de la charité a été rompu par les pécheurs ; et voilà pourquoi ils ne reçoivent pas le fruit satisfactoire, comme les justes; car la peine n'est remise que lorsque la coulpe est efïacée. « Cependant, comme ils sont toujours dans l'Eglise, pour recouvrer la vie de la grâce perdue, ils sont aidés par ceux qui ont la vie spirituelle ; et ils en retirent des fruits, dont sont certainement privés ceux qui ne sont plus dans le sein de l'Eglise. » Cat. Rom. p. L art. 9, n° 27. Ils participent donc aux prières des fidèles, qui peuvent du reste mériter pour eux de congruo. Mais les justes sur la terre participent de plus à tous les sacrements et au fruit satisfactoire des bonnes œuvres des justes. Les bienheureux ne participent pas à ces prières, ni à ces satisfactions, car ils n'en ont pas besoin. Cependant nous les honorons et les invoquons, afin qu'ils nous aident, comme nous le dirons plus loin,
1736. Mais les âmes du purgatoire, ayant besoin des satiS'
DIEU CONSOMMATEUR
factions et des prières des fidèles, y participent. Certainement, elles ne sont pas aidées par les salisiactions des bienheureux, puisque les saints ne satisfont plus ; mais peuvent-elles être secourues par les prières des bienheureux ? C'est controversé ; une première opinion l'affirme, et elle est probable ; une seconde le nie, et elle est aussi probable ; une troisième soutient que les âmes du purgatoire ne sont pas aidées directement par les saints, mais indirectement, en tant que les bienheureux obtiennent de Dieu des grâces pour les vivants, afin que ces derniers offrent leurs suffrages pour ces âmes. (Knoll. Com. part. 5. sect.
2. des suffrages.) Il ne s'agit ici que de lacommunion générale des membres de l'Eglise, ou des suffrages communs.
1737. 3)Maisil est des suffrages spéciaux, qui peuvent être appliqués par tout homme privé soit aux justes qui sont sur la terre, soit aux âmes du purgatoire. Il est certain que ces suffrages spéciaux, en tant qu'ils sont satisfactoires, profitent plus s'ils sont appliqués àquelqu un, que les suffrages communs. L'opinion contraire a été condamnée dans l'article 19 de Viclef. Cependant, comme l'enseigne St Thomas, les âmes du purgatoire ont d'autant plus dejoie des suffrages appliqués à quelqu'une d'entre elles, que leur charité est plus grande. (Sup. q. 71. a. 12).
On enseigne communément, qu'une œuvre satisfactoire, appliquée par un juste, sert à un autre juste vivant, auquel il resterait quelque peine à expier, par manière de paiement ex jnstitiâ, comme cela se fait dans le commerce ordinaire delà vie; si l'un paie pour un autre, ce dernierest libéré de sa dette pour
la valeur du paiement. Le catéchisme romain dit absolument^ que ceux, qui sont en état de grâce, peuvent au nom d'un autre, payer ce qui est dû à Dieu.
Pénitent. N^ 109. S. Thomas dit que celui, qui mérite pour un autre, n'en mérite que davantage pour soi, au moins d'un mérite de convenance. 11 en est autrement pour celui qui satisfait pour un autre. On ne peut pas payer pour deux à la fois :
mais celui qui satisfait pour un autre, mérite plus que le paiement d'une dette, il mérite la vie éternelle. (Sup. q. 13. art. 2.
ad. 3.) La prière cependant, quant au fruit impétratoire, ne produit pas son eiïelex justitia; mais par la miséricorde de Dieu.
(Voir T. III. suppl. q.Tl.artl).
1738. Quant aux âmes du purgatoire, il est certain que les suffrages privés les aident infailliblement ; et plus probablement les œuvres satisfactoires paient leur dette ex juslitia., pour les mêmes raisons que nous avons alléguées en parlant des vivants.
Cependant quelques-uns pensent que les morts ne sont secourus, que par mode d'impétralion, et de mérite de congruo. Au reste, comme nous ignorons les dettes de ces âmes, et que nous ne connaissons point la valeur de nos œuvres satisfactoires, il importe de ne point cesser de leur accorder nos suffrages.
1739. 4) Des conditions des suffrages. l*our que les suffrages soient efficaces, deux condilions sùPit requises, dit lecaléchisme romain. Il faut d'abord que celui qui les fait, soit l'ami de ijieu. Les œuvres qui sont accomplies sans la foi et la charité, ne peuvent, en aucune manière, être agréables à Dieu ; à moins que ces suffrages ne secourent les morts ex opère operato, comme le fait le sacrifice de la messe qui est un moyen très efficace de venir au secours des défunts, et comme le font aussi les prières de l'Eglise, qui, récitées par un ministre indigne, sont