CHAPITRE IV
De l'état du monde après le Jugement.
1814. I. Rien ne sera anéanti quant a la substance : Toutes les œuvres que Dieu a faites persévéreront éternellement.
(Eccl. III. U). D'ailleurs il est convenable que le lieu qui a été le théâtre de la victoire de J.-C.
et des saints sur le démon, ne soit pas détruit.
1815. II. Tout sera renouvelé. Nous attendons des deux nouveaux et une terre nouvelle.
(II Pet. III. 13.) L'homme bien
THEOLOGIE MORALE
heureux verra Dieu dans son essence, mais non des yeux du corps ; et pour que les "yeux du corps reçoivent aussi la consolation qui leur convient, ils verront la divinité dans ses effets corporels, surtout dans le corps de Jésus-Christ, puis dans les corps des Bienheureux et enfin dans tous les autres corps. Et c'est pourquoi, il faudra que les autres corps reçoivent de la divine bonté une plus grande influence. Aussi le monde sera-t- 11 renouvelé, et l'homme glorifié.
(D. T. sup. q. 101, a. 1.) Le saint docteur ajoute. « Le temps cessera ainsi que le mouvement du ciel, et les astres brilleront d'une
plus grande clarté. (Ibid. a. 2 et 3.) Et les éléments de la terre deviendront éclatants, comme les corps célestes (a. 4.), Quand la fin cesse les moyens cessent aussi : or, les animaux et les plantes ont été faits pour conserver la vie animale de l'homme.
Quand donc la vie animale aura cessé dans l'homme, les plantes et les animaux ne devront plus exister. « Ibid. Ils n'auront plus ni faim ni soif et cela pour l'éternité »; mais pour parvenir à cette bienheureuse consommation, il est nécessaire qu'en ce monde nous ayons faim et soif de la justice, que nous allons exposer dans la théologie morale.
THÉOLOGIE MORALE
1816. La Ihéologiedogmatique nous a exposé ce que nous devons croire ; la morale va nous apprendre ce que nous devons faire, non pas seulement d'après les principes que la raison connaît, ni en vue de diriger l'homme vers une fin purement naturelle, comme le fait l'Elhicjue, ou la philosophie naturelle, mais d'après les principes révélés, et en vue de nous conduire à noire fin surnaturelle.
1817. C'est par ses actes que l'homme tend vers sa fin ; la morale a donc, pour principal objet, les actes humains. Cet objet, comme on le voit, est inférieur à celui de la dogmatique, qui a Dieu lui-même pour objet prin-
cipal. Néanmoins, la morale, n'est pas moins nécessaire à l'homme que la dogmatique, puisque sans elle il ne peut pas atteindre Dieu sa fin surnaturelle ; mais elle est surtout nécessaire aux pasteurs des âmes et aux confesseurs, qui ne peuvent sans elle exercer leur ministère, dont le but est de conduire les âmes à leur fin.
La morale se divise comme la dogmatique en deux parties. La première, appelée générale, donne les principes communs à tous les actes moraux; la seconde appelée spéciale^ traite de chacun des actes humains en particulier.