‹ Abrégé de théologie dogmatique et moraleChapitre 259 sur 459 · DES PRINCIPES DES ACTES HUMAINS · texte numérisé non relu

DES PRINCIPES DES ACTES HUMAINS

Et d'abord de ces principes eux-mêmes et ensuite de ce qui les entrave.

Art. I. Des principes euxmêmes.

1820. § I. Quels sont- ils. ?

Il n'y a en résumé qu'un seul princi|)e des actes humains ; c'est la volonté intelligente et

LES ACTES HUMAINS

libre ; car l'acte, qui part de la volonté sensitive, n'est pas propre à l'homme, et par conséquent, il n'est pas un acte humain. On l'appelle spo7itané. Tel est par exemple l'acte que je tais en portant la main à ma tète, pour parer le coup d'une pierre qu'on m'a lancée.

1821. Toutefois la volonté intelligente suppose nécessairement la connaissance de l'intelligence, autrement elle n'aurait pas d'objet, et ne serait pas intelligente: de là l'axiome: Nihil voliium qtiin prœcognitum. Rien n'est voulu que ce qui est connu d'avance. La volonté intelligente suppose aussi dans l'homme, tant qu'il est en cette vie, la liberté.

11 est bien vrai que l'amour que les anges ont pour Dieu est volontaire, bien qu'il soit nécessaire, et dans l'homme ici-bas, le désir du bonheur parfait qui est la fin de l'homme, est volontaire bien qu'il soit nécessaire ; mais d'après ce que nous avons dit au n» 507^ toutes les fois qu'il s'agit d'un bien particulier et par conséquent dans tout acte particulier volontaire, la liberté entre comme un élément essentiel. En effet, si tel acte était posé par suite d'une force extérieure qui contraindrait, ou d'une force intrinsèque qui nécessiterait, il serait imputable à l'être qui contraindrait, ou nécessiterait^ et non à l'homme qui serait contraint, ou nécessité.

1822. Tout acte donc qui procède de la volonté intellectuelle, qui l'opère elle-même, ou le commande, avec connaissance, est volontaire et libre; et il est seul volontaire et libre. Ce qui arrive quand l'homme le veut, bien que sa volonté ne le produise pas, s'appelle rolitum, voulu. La pluie qui tombe à la grande joie du laboureur est vou-

lue par lui. Ce qui se fait sans aucune advertance ne peut être volontaire^ ni par conséquent un péché.

1823. § IL Des diverses sortes DE VOLONTAIRES. Ce qui se fait, avec une demi advertance, une demi connaissance, ou une demi délibération de la volonté, s'appelle volontaire imparfait, et ne peut constituer un péché mortel. Tels sont les actes de ceux qui sont à moitié endormis. Ce qui est fait avec une pleine advertance et un plein consentement de la volonté, s'appelle volontaire parfait.

1824. Le volontaire parfait, s'il n'est accompagné d'aucune répugnance, s'appelle volontaire simplement dit ; autrement il prend le nom de volontaire sous quelque rapport, secundum quid.

Quelques auteurs cependant appellent \o\oï\{s\ve, simplement dit, l'acte qui se fait efïectivement, bien qu'avec répugnance, et ils réservent le nom de volontaire secundum quid à l'acte qui ne se fait pas, bien que la volonté incline à le faire. Le volontaire positif est celui, par lequel on pose un acte ; et le négatif, celui par lequel on omet un acte.

Pour que l'omission soit peccamineuse, il faut que l'acte soit commandé et possible.

1825. Le volontaire est actuel, ou virtuel, ou habituel, on interprétatif comme l'intention, voir no 812; mais ces deux derniers n'influent point sur l'acte, et ne suffisent pas, par conséquent, à le rendre imputable à celui qui le fait.

Le volontaire exprès est celui, qui se manifeste par des paroles, ou par des signes. Le volontaire tacite est celui, qui se traduit par le silence de qui devrait prolester, s'il n'acquiesçait pas à l'acte. Si on a en vue l'acte en lui-même, l'ivresse par exemple,

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