‹ Abrégé de théologie dogmatique et moraleChapitre 265 sur 459 · OBJET, CIRCONSTANCE · texte numérisé non relu

OBJET, CIRCONSTANCE

toule loi positive et qui nous est manifestée par la raison. La raison, en edet, comme nous l'avons (lit n^ 401, est une sorte de participation à la loi éternelle. L'acte mauvais est celui qui n'a pas cette conformité. La distinction du bien et du mal moral est donc essen tielle, et elle ne peut pas être changée, pas même par Dieu, qui ne peut ni se changer lui-même, ni changer par conséquent la loi éternelle. Si Dieu ne peut changer cette distinction, comment pourrait le faire la raison humaine, qui est réglée elle-même par les principes de' la moralité, qu'elle connaît naturellement, comme elle connaît les premiers principes philosophiques ; et les principes de moralité régissent la raison, comme les conclusions certaines qu'elle en lire, et que la conscience applique aux actes humains.

Art. il Des principes de la moralité.

1850. Pour qu'un acte soit bon, il faut qu'il ait la perfection voulue, c'est-à-dire qu'il soit conforme à la loi élernelle et à la raison. Or, cette perfection lui vient de l'objet, des circonstances et delà (in que se propose l'agent; nous allons en traiter ici.

1851. I I. De l'objet. L'acte de la volonté peut se porter sur une multitude d'objets de ditférent genre ; et il tire son espèce propre de l'objet vers lequel il se porte : par ex. si je veu.x me promener, mon acte devient une promenade, etc. Si donc l'action tire son espèce propre de l'objet, il s'ensuit que l'objet lui fournit principalement la bonté ou la malice, selon qu'il est bon ou mauvais.

185i2. Toutefois il ne faut pas considérer la malice ou la bonté de l'objet, dans l'objet même, en

tant que tel ; car tout objet en lui-même est bon ; mais dans l'objet en tant qu'il est moral, c'est-à-dire en tant que la raison le trouve convenable à la volonté. Par exemple : Dieu peut être l'objet de l'amour, ou de la haine ; mais s'il devient l'objet de la haine, la volonté se porte vers lui, d'une manière qui répugne souverainement à la raison.

1853. Si l'objet est intrinsèquement conforme à la droite raison, comme cela a lieu dans l'amour de Dieu, il est immuablement bon ; s'il ne lui est conforme qu'extrinsèquement, c'està-dire, en vertu d'une loi positive, comme le jeûne, il peut, selon les circonstances, être tantôt bon, tantôt mauvais. L. 1.

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