II. Sespariies subjectives sont
1" La justice commuUitive, ainsi appelée parce qu'elle résulte principalement des contrats et des échanges. C'est une vertu par laquelle un homme privé est disposé à rendre, à un autre particulier, ce qui lui est dû en rigueur de droit, en gardant une égalité, ou une équité absolue entre la chose rendue et la chose reçue. Le milieu, ou la mesure de cette vertu, ce n'est i)asla raison, comme dans les autres vertus morales ; mais c'est le milieu réel, ou la chose reçue elle-même. Par conséquent, l'acte delà justice doit se conformer à cet objet, comme à sa règle propre.
Cette justice est la justice strictement dite. Son milieu est dans un point indivisible. Si vous devez 100 fr. et que vous eiS payez 99 vous êtes injuste. Si vous en payez 101, ce qui excède n'appartient plus à la justice, mais à la libéralité ; tandis que dans les autres vertus, le milieu n'est pas dans un point indivisible, il est mesuré par la raison, (jiii donne une mesure difTérente selon les circonstances. V. n" 2024.
2058. 2° La justice distrilmtive incline la communauté et le prince, à rendre aux parlicnliers, les récompenses, les dignités, les charges, selon le mérite et le pouvoir de chacun. Elle n'exige donc pas une égalité absolue. A cette vertu est opposée Vacception des personnes.
2t)'/.). 3" Iji justice légale incline un particulier, et le prince
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lui-même à rendre à la société, ce qui lui est dû, pour le bien commun de tous ; elle doit faire valoir les droits et appliquer les peines conformément aux lois.
Ils pèchent donc les particuliers qui méprisent les lois et agissent contrairement au bien commun, tout aussi bien que le prince, qui néglige le bien commun, ou lui préfère un bien particulier.
2UG0. 40 La justice vindicative est une branche de lajustice légale; elle incline à punir les coupables conformément aux lois. Il peut arriver que sa violation blesse aussi lajustice commutative. V. n»» 2566 et 3719 et suivants.
2061. III. Ses parties potentielles, ou les vertus qui accompagnent la justice et qui cependant s'en distinguent, se divisent en trois classes :
1° La première classe comprend les vertus qui ne peuvent pas rendre ce qui est dû, selon une égalité stricte.
Ce sont i) la Religion dont nous traiterons au n^ 2256.
2062. 2) La piété, qui rend aux parents ou à la patrie, les services voulus. V. nos 2391 et 2429.
2063. 3) L'observaiice, qui rend aux supérieurs et aux personnes constituées en dignité, le culte qui leur est dû. V. no 2393 et suiv. L'observance comprend: (a) la dulie qui rend aux supérieurs l'honneur et les services qui leur sont dus, à cette vertu est opposée l'irrévérence, (b) l'obéissance à laquelle est opposée la désobéissance.
2064. 2o La seconde classe comprend les venus, qui inclinent à rendre aux autres ce qui leur est dû non en vertu de la justice, mais seulement à cause de rhonnêtelé, et sous peine de péché cependant.
Telles sont: \) la véracité (\m incline à dire la vérité. A cette vertu se rapportent {a) la bonne foi, ou la fidélité dans ses promesses ; (b) la simplicité, qui fait qu'on se montre, dans ses paroles et dans ses actes, tel qu'on est in-
térieurement. A la véracité sont oppO' ses le mensonge, la jactance, l'ù'onie, l'indiscrète révélation d'un secret, l'i7ifidélité, la dissimulation et l'hypocrisie.
2O60. 2) La reconnaissance, qui incline à récompenser un bienfait reçu, ce qui se fait par l'affection du cœur, par les paroles ou parl'actiun de grâces, et aussi par les œuvres. A la reconnaissance sont opposées par excès la gratitude indiscrète, qui se manifeste hors de propos; et par défaut, l'ingratitude. La plus grave ingratitude est celle du cœur ; après, vient celle des paroles ; et enfin, celle des œuvres ; cette dernière grandit, quand elle va jusqu'à offenser un bienfaiteur, et surtout quand on se sert de ses bienfaits mêmes pour l'outrager.
2066. 3) La vinàication, ou la sévérité qui incline à imposer une peine au coupable, au nom de Dieu, non point par vengeance (car la vengeance est un mal), mais en vue de recouvrer ce qui a été injustement ravi, et de punir les malfaiteurs, qui méritent aussi bien un châtiment que les bons méritent une récompense. A cette vertu sont opposées par excès la cruauté et par défaut une trop grande indulgence.
2067. 4) A la vindication se rapporte la pénitence qui porte l'homme à réparer par la détestalion, et par le propos de s'amender et de satisfaire, l'injure faite à Dieu par ses propres péchés.
2068. 30 La troisième classe comprend les vertus qui ont pour objet ce qui estdùàun autre non par justice, mais à cause d'une honnêteté particulière , sans que ce soit., per se, sous peine de péché. Cette classe comprend :
1) La libéralité qrn porte à donner aussitôt et volontiers. Les vices qui lui sont contraires sont par excès la prodigalité, et par défaut l'avarice. A la libéralité se rattache la miséricorde naturelle à l'égard des pauvres.
2069. % L'affabilité qui porie à converser avec le prochain d'une manière à la fois convenable et aimable. Elle a pour opposées, l'adulation et l'aprêté du langage et des manières. A l'affabilité se rattache : (a) L'amitié qui est l'amour mutuel et gratuit que se manifestent les personnes qui se veulent du bien et qui cherchent à s'en faire l'une à l'autre. (b) L'urbanité qui dirige les actes de telle sorte qu'ils
LES VERTUS
soient bons, convenables et polis, (c) La bienveillance par laquelle on veut (lu bien aux autres, et qui a pour opposées la Aat'ue et l'envie. 'À)L'i'qnilé ou l'Epikie, dont nous avons parlé au no 2038 et qui se rapporte plutôt à la justice légale. S. 318 et suiv. M. ;}98 et suiv.
2070. I m. Les vices opposés à la justice sont, outre ceux que nous avons indiqués déjà, les diverses sortes d'injustices dont nous parlerons au n» 2G70 et suiv.
Art. III. — De la force.
2071. § I. Sa .\ature. C'est une vertu, qui règle les passions de l'âme et les actions qui s'en suivent , lorsqu'il s'agit d'entreprendre, ou de soutenir des choses difficiles, et surtout s'il s'agit du danger de mort. Son objet éloigné, ce sont les choses difficiles, et surtout le danger de mort ; son objet prochain, c'est de modérer l'audace, la crainte et la tristesse ; son motif, c'est l'honnêteté, qui accompagne une constance ferme dans les entreprises et les difficultés.
Ses deux actes propres sont donc d'entreprendre et de soutenir. Il est plus difficile de soutenir que d'entreprendre ; car on modère plus facilement l'audace qu'on ne triomphe de la crainte.
A ce dernier acte se rapporte le martyre dont nous avons parlé au no" 827.
2072. § II. Des parties de la FORCE. Cette vertu n'a pas audessous d'elle des parties subjectives, c'est-à-dire des vertus spéciales, dont elle soit le genre.
Cela vient de ce que son objet est particulier, et consiste surtout à entreprendre des choses au péril de la vie. Mais elle a des parties qui, sous un certain rapport', sont intégrantes, en tant qu'elles ne s'étendent pas au-delà des limites delà force, et qui,
sous un autre rapport, sont potentielles, en ce sens qu'elles s'étendent au-delà de ces lim.ites.
2073. Ce sont lo \.!xmagnanimilé (\m incline à faire des œuvres grandes et héroïques en toutes sortes de vertus.
A la magnanimité se rapportent: i)laco»fianre par laquelle on espère triompher des périls et surmonter les diflicultés; 2) la sécurité qui exclut une trop grande crainte. A la magnanimité sont opposées par excès, la présomption, l'ambition, la raine yloire; et par défaut la pusillanimité.
2074. 2" A côté de la magnanimité qui se rapporte aux grands Jionneurs, St Thomas place une vertu qui s'exerce autour des honneurs médiocres et qui n'a pas de nom propre, elle se désigne par ses extrêmes, qui sont, d'un côté l'amour de l'honneur, et de l'autre, le mépris de l'honneur. On loue, en effet, tantôt celui qui aime l'honneur, tantôt celui qui n'en a nul souci, selon qu'ils le font l'un et l'autre avec la modération voulue : 2.2. q. -129, a 2.
2075. 3» La wiajyuî^ceuce, qui incline à faire de grandes choses et à grands frais ; elle ne s'exerce qu'autour des ouvrages d'art. Elle a pour opposées, par défaut \a parrificence, et par excès la profusion ou l'excessive somptuosité.
2076. 4° La patience, c est la vertu qui rend l'esprit ferme dans le support des afflictions. Il n'est donc rien qu'il ne faille recommander plus souvent que la patience. C'est à elle que se rapporte la longanimité, ou le support des afflictions résultant de l'attente d'un bien, qui tarde d'arriver. La patience a trois degrés qui sont de souflVir, •1) sans murmurer, 2) sans se plaindre à d'autres, 3) avec joie et avec ledésir de souffrir davantage. A la patience sont opposées, par défaut, l'impatience ; et par excès l'insensibilité qui ne siit pas s'émouvoir.
2077. 0° La persévérance, par laquelle l'homme persiste dans une bonne œuvre, malgré lesdiflicullés qui durent longtemps. A la persévérance se rattache la constance qui rend comme immuable dans le bien, de telle sorte que l'homme garde un esprit égal, au milieu de toutes les difficultés. A la constance sont opposées par défaut l'inconstance, qui abandonne sans raison le bien entrepris, et la faiblesse qui l'abandonne par suite de l'ennui, que causent les difficultés; cl par excès l'opiniâtreté. M. Mo (il suiv. S. 395 et suiv.
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2078. §111. Les vices opposés à lu force sont par excès, la Irop grande audace ou la témérité, et par défaut la lâcheté et la timidité.
AuT. IV. — De la tempérance.
2079. § J. Sa NATURE. Dans un sens large, la tempérance est la vertu qui détache le cœur des choses qui l'attirent dansun sens contraire à la raison ; et prise dans ce sens, elle ne dilïèrâ pas de l'abnégation, du détachement chrétien. Prise dans un sens strict, c'est la vertu qui modère l'appétit concupiscible, dans les plaisirs corporels du goût et du loucher. Ces plaisirs sont son objet ; et son motif, c'est l'honnêteté qui arcompagi>e la modération dans l'usage de ces plaisirs.
2080. I II. Ses parties. I. Intégrauies sonl: 1° la piidem^qm a en horreur ce qu'il y a de honteux dans l'intempérance, et 2° Vhonnéteté qui aime et recherche ce qu'il y a de beau, dans la modération, au sein des plaisirs.
2081. II. Ses parties sabjectivessonl: i° l'abstinence qui modère la concupiscence dans l'usage des aliments et à laquelle est opposée la gouraiandise .
2° La sobriété qui modère l'usage de la boisson et à laquelle est opposée l'ivresse, dont nous parlerons au no 2105. 3" La chasteté, qui retranche, ou modère conformément à la raison, les plaisirs honteux. A la chasteté se rapporte la padicilé qui modère les actes extérieurs qui peuvent exciter à ces plaisirs honteux, comme les regards, lesembrassements, etc., et \a padeur qui est l'horreur de ces plaisirs mêmes.
:2082. Il y a la chasteté conjufjale qui est vulgaire ; il y a la chasteté du veuvaije qui est plus parfaite ; il y a la chasteté virninale qui est la plus parfaite de toutes. Celte dernière est
une vertu spéciale, qui se distingue de la chasteté, comme la magnificence de la libéralité. Elle consiste dans l'intégrité et la pureté d'un corps qui n'a jamais été souillé volontairement, per copulam,nec per pollutionem,7iec per tactum culpahilem clausirum virginale frangentem, et dans le désir de conserver toujours cette intégrité, et cette pureté. Celui qui ayant cette intégrité, comme une jeune fille chaste, veut cependant se marier, a ce qu'il y a de matériel dans cette vertu; mais il n'a pas ce qu'il y a de formel dans lavirginité, c'est-à-dire le désir de la garder toujours. Un désir contre la virginité fait perdre cette vertu ; toutefois, s'il n'est pas exécuté, cette perte peut être réparée par la pénitence ; mais l'intégrité du corps, perdue par le péché, ne peut plus être réparée. C'est ainsi que celui, qui a voulu prodiguer ses biens, s'il ne l'a pas fait, peut encore pratiquer la magnificence ; mais s'il les a dissipés en réalité, il ne pourra plus pratiquer cette vertu extérieuremeat, bien qu'intérieurement il puisse avoir des sentiments généieus. T. 2. 2, q. 152, a. 3. V. n" lool et suiv.
2083. m. Les parties potentielles de la tempérance sont : 1° la continence qui. si elle s'exerce louchant l'usage des plaisirs honteux ne se distingue pas de la chasteté ; mais quelquelois on la prend dans un sens plus large , et on la définit une vertu qui dispose la volonté à résister aux passions de la concupiscence surtout dans les plaisirs du toucher. Elle a pour vite opposé l'incontinence. 2" La douceur, qui modère la colère. Les vices opposés sont la colère et la mollesse, ou une trop grande indulgence.
2081. o° Laclémence qui modère les peines à infliger aux inférieurs, elle a pour opposées la cruauté et la faiblesse. La sévérité est quelquefois préférable à îa clémence. 4*^ La modestie., par laquelle l'homme se lient dans la manière d'être et les limites convenables, soit dans ses mouvements intérieurs, soit dansses mouvements et son appareil extérieur.
LES VERTUS
La modeslie a sous elle cinq autres vertus. I) 1/ humilité qu\ règleles mouvements intérieurs, etpar laquelle l'homme se connaissant lui-même en loule vérité, est vil à ses propres yeux. Elle est le fondement des autres vertus, parce qu'elle combat l'orytieil qui lui est opposé par défaut, tandis (ja'uii trop grand méprif, de soi lui est opposé par excès. Il faut donc souvent prêcher celte vertu, si nécessaire que N.-S. a dit: Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur.
Voici quels sont ses degrés, (a) Se reconnaître méprisable, {!)) l'avouer, (c) vouloir que les autres en soient persuadés, (d) supporter patiemment qu'on le dise, (e) su|)pùrter patiemment le mt'pris, if) le supporter avec joie.
2085. 2) L'amour de l'étude, qui modère le désir de savoir, et qui a pour opposées par excès, la curiosité, al par défaut la négligence des éludes.
2086. 3) l,a modestie des mœurs qui règle les mouvements extérieurs de l'homme, dans les paroles et dans les actions. Elle a pour opposées la rusticité, la pétulance, l'insolence et la politesse de cour ou l'aulicisme.
4) La 7nodestie des ornements qui règle l'usage des vêlements, des meubles, et de tout l'appareil extérieur. C'est à elle que se rapporte la pauvreté évangélique, et elle a pour extrêmes la negligence dans la mise et le luxe.
2087. o) Enfin St Thomas rapporte à la modestie YEutrapélie qui garde une juste mesure dans les paroles et les actes qui ont pour but de l'écréer l'esprit. Elle lient le milieu entre la morosité ei la bou/fonnerie et les paroles honteuses, ou insensées.
2088. 1 III. Les vices opposés à la tempérance sont Vim^evsibililé., (\\\\ repousse les alinienls nécessaires, et Vinlcmpérance.
A quoi servirait-il de connaître les vertus, si on n'en exerçait pas les actes ? Pour aider l'Iiomme à les pratiquer, Dieu lui donne les dons du Sl-Esprit.
2089. Les dons nu Saint-Esprit. Les vertus morales donnent à l'homme la puis.sance d'agir seulement; selon l'opinion que Hurler appelle la plus probable, les dons du St Esprit lui donnent la facilité de l'action. Les dons sont des habitudes, comme les vertus.
Celles-ci tendent à faire produire des actes communs; les dons tendent à des act»6 héroïques. Les vertus morales rendent les puissances rie l'âme capa-
bles d'obéir à la raison ; les dons les rendent promptes, à obéir au St Esprit. Les dons sont au nombre de sept reliés entre eux par la charité, sans laquelle on n'en a aucun. Pour saisir la vérité, la raison spéculative est perfectionnée par l'intelligence, et la raison pratique par le conseil. Pour bien Juger, la raison spéculative est perfectionnée par la sagesse ; et la raison pratique par la science. La piété perfectionne la puissance appélilive dans ce qui regarde les autres ; la force la perfectionne coitre la peur; et la crainte, contre la concupiscence. Les dons sont plus élevés que les vertus morales et intcllccluelleB; mais ils sont au dessous des vertus théologalcâ. T. 1, 2, q. o8, a. 4.
2090. Les béatitlbes. Les actes des vertus et surtout des dons sont appelés Béatitudes. Les béatitudes se distinguent des dons et des vertus comme l'acte se distingue de l'habitude. Il est bien vrai que la béatitude |)arlaite n'est qu'au ciel ; mais on dit que quelqu'un est heureux parce qu'il es[ déjà sur la voie de la béatitude, et qu'il en approche ; c'est ce qui arrive |)ar les actes des dons et des vertus, quand ces actes sont parfaits. T. 1, 2, q. 6i), a. -1.
2091. Il y a sept béatitudes, (a) la pauvreté qui peut signifier le mépris des biens ou celui des honneurs (b) la douceur, (c) les larmes volontaires, ou l'abnégation complète, (rf) la justice, (e) la miséricorde, if) la pureté du cœur, (g) la paix. Ces sept béatitudes d'après St Thomas se rapportent aux sept dons. (Ibid. 'à). La huitième béatitude de l'Evangile est la confirmation des sept précédentes, dans lesquelles elle est comprise.
2092. Les fruits du St Esprit sont aussi les actes de l'homme, en tant qu'ils proviennent de la grâce du St Esprit. On îes appelle fruits parce que l'àme les savoure délicieusement; cependant ils sont inférieurs aux béatitudes, qui sont des œuvres plus parfaites, et qu'on attribue plutôt aux dons qu'aux vertus. Il y a douze fruits du Si Esprit. L'amour de Dieu, la joie et la paix qui en résultent, ta patience qui supporte les maux, la longanimité par laquelle on attend en paix les biens dont on est privé, la bonté ou la volonté de faire le bien aux autres, la bénignité par laquelle on le fait en réalité dans l'occasion, la douceur qui supporte les défauts d'aulrui, la fidélité qui fait que loin de chercher à nuire à autrui par la fraude ou le mensonge, on lieiii, a l'égard de tous, la parole donnée et i\u'ijn s'attache de tout cœur à la foi chrétienne, la modestie qui ré-
DES PECHES
gle notre extérieur, la chasteté qui repousse les plaisirs coupables, et la continence qui refuse même les plaisirs permis.
2093. Toutefois il ne faut pas confondre les fruits du St Esprit en ce monde, avec le fruit, c'est-à-dire, la joie, que les justes retireront dans le ciel du degré plus ou moins grand de spiritualité, auquel ils seront parvenus, en
faisant fructifier la semence de la parole de Dieu. Celle joie est due à l'homme, qui a su passer delà vie charnelle à la vie spirituelle. Or, c'est la continence qui affranchit de la chair, c'est pourquoi le trentième fruit est promis à la chasteté conjugale, le soixantième à la chasteté du veuvage, le centième à la chasteté virginale. T. Sup. q. 96, a. 2, a. 3 et 4.