DES VICES
!2ir)7. Le vice n'est pas un acte, mais une iiabilude, qui incline riiomme au mal, comme la vertu Tinclinc au bien. Et de même que la vertu, le vice ne vient pas de la nalure, autrement on le (rouverait chez tous ceux qui ont la nature humaine, et on ne pourrait pas l'extirper.
Bien plus, le vice est contre nature, car il est contraire à la vertu ; or, la vertu est conforme à la nature raisonnable de l'homme, qu'elle dispose à agir selon la règle de la raison, comme nous l'avons dit au n" 2028. T.
2158. La concupiscence, ou la tendance au bien sensible est naturelle à l'homme et est commune à tous. En tant que cette tendance est contre la raison, c'est un désordre qui vient du péclié originel et qui est commun à tous ceux qui ne sont pas aft'ranchis de ce péché. Le vice vient de la répétition fréquente d'a(Mes laits contre la raison ; et c'est jiar ces actes qu'il s'invétère et grandit. Il peut suhsisteravec les vertus infuses, mais non avec les vertus acquises, qui lui sont contraires. H faut donc travailler à l'extirper et à multiplier les actes des vertus qui lui sont opposées.
"Ilrtd. Le nombre des vices est beaucoup plus grand que celui des vertus, puisque chaque veilu a deux vices qui lui sont opposées, par excès, ou par défaut. Il faut remarquer d'une manière générale que ces vices sont graves toutes les fois iiu'ils portent l'homuie à un acte gravement contraire à la loi, ou à l'honneur de Dieu, à l'ulililé du prochain^ à la nature laisonnable de l'homme, ou qu'ils empêchenl celui qui en est l'esclave de remplir les graves obligations de son état.
2160. Nous avons déjà indiqué les diverses sortes de vices en parlant des vertus, nous ne traiterons donc ici que des vices capitaux (jui sont comme les chefs et les sources de tous les autres;
cl nous indiquerons brièvement leurs rejetons, et les remèdes à employer ]iour en (riom|)her. Sur les remèdes généraux V. n"s 1 149 et 21M.
L'homme [lèche, ou en cherchant le bien conirairement à la rai.son, ou en fuyant le bien qui est conforme à la raison, à cause d'un mal qui y e.st joint ; or, les biens que l'homme poursuit contre la raison, sont ceux dans lesquels il trouve quelque chose de la félicité parfaite, à laquelle il tend nécessairement. Ce sont, ou les biens de l'âme, ou de la propre excellence que poursuit l'orgueil, ou les biens du corps que recherchent la (jourrnaïuUse pour la con.servation de l'individu, et la luxure pour la conservation de l'espèce, ou les biens extérieurs que poursuit l'rtvarice. Nous fuyons le bien qui est selon la laison, en nous-mêmes, à cause de la diflicullé que nous y trouvons^ de là la paresse ; ou dans les autres qui les possèdent à notre détriment, de là l'envie ; et si à celte envie se joint un soulèvement de passion qui excite à la vengeance, c'est la colère, il y a donc sept péchés capitaux qui seront la matière de sept articles. T. 1, 2, q. 84, a. 4.
Article l«^ — De l'orgueil.
2161. I. Sa nature, c'est l'amour désordonné de sa propre excellence. L'orgueil est le principe de tout péché. On l'appelle parfait, lorsqu'un homme se complaît tellement en lui-même, qu'il est disposé par suite, à violer gravement la loi de Dieu, ou les préceptes graves d'un supérieur ; et pour lors l'orgueil est un péché mortel de son genre, impliquant en soi l'aversion de Dieu, auquel il refuse la soumission. Quand l'orgueil ne va pas jusque là on l'appelle imparfail ; et il est en soi un péché véniel de son genre, mais il peut devenir grave par les circonstances par exemple, s'il porte à mépriser gravement le prochain.
2162. II. Les reietons de l'orgueil sont la p)ésuvij}tion, VamhilioïC qui sont graves, (|uand elles portent à embrasser un emploi qu'on est incapable de remplir, la raine f/loire de qui naissent la jactance, l'invention des nouveantrs, Vhijpocrisie, Vupiniàtretc, la discorde, les contentions, la désobéissance. 2, 2, q, 432, a. 5. A ces reje-