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2244. Son objet principal ce sont les perfections, le bien de Dieu, considérés en eux-mêmes; et son objet secondaire ce sont les perfections de Dieu, qui reluisent dans l'âme du prochain.
Toutefois, il n'y a pas deux charités, mais une seule, par laquelle nous aimons à la fois Dieu et le prochain. Les créatures qui ne sont pas l'image de Dieu ne sont pas l'objet de la charité. V.
no 04,22 et suiv. L'amour de Dieu à cause de ses perfections, s'appelle amour de bienveilUince, parce qu'il veut plutôt le bien de l'aimé, que le bien de celui qui aime; mais il est par là-même dimonv fV amitié; car si quelqu'un m'aime, il sera aimé de mon Père. Joan, XIV, 23. Et cet
amour mutuel amène la communication des biens. Dieu en aimant la créatare qui l'aime, lui donne la gn\ce et les dons qui l'accompagnent ; et l'àme, qui est en grâce, a par là-même une sorte d'égalité et de familiarité avec Dieu et elle désire qu'il soit glorifié. Il y a donc dans cet amour réciproque tout ce qui constitue l'amitié. V. n" 2069.
2245. L'amour de bienveillance n'exclut pas l'espérance, il peut même en commander les actes ; et l'espérance à son tour peut commander des actes de charité, qui sont le meilleur moyen de posséder Dieu. Les bienfaits de Dieu excitent à l'aimer ; et cet amour qui commence par être l'amour de concupiscence, en vient facilement à devenir l'amour de bienveillance.
Par la charité nous aimons Dieu par dessus tout, c'est-àdire que nous n'aimons rien contre Dieu, rien plus que Dieu, et rien autant que Dieu. Cet amour, en tant qu'il exclut tout péché mortel, est tout-à-fait nécessaire, comme nous le dirons plus loin ; mais il peut être plus ou moins intense, tout en restant substantiellement le même. Aucun degré d'intensité n'est nécessaire, pourvu qu'en réalité, on préfère Dieu à tout ; car dès lors, on a la charité appréciativement souveraine. Quelques-uns cependant exigent un certain degré d'intensité, comme nous l'avons dit en parlant de la pénitence. V. 11° 1051. Il n'est pas douteux que la charité est d'autant plus parfaite, qu'elle est plus intense ou ardente. Voir ce que nous avons dit de la perfection, no 1350 et suivants et n" 83-25.
2246. La charité n'est pas qudq«e chose d'incréé. La oîia-
rité incréée c'est Dieu lui-même; mais la charité^ telle qu'elle est dans l'âme, a un commencement, elle est comme la grâce un accident de l'âme ; elle croît en intensité, et elle se perd comme la grâce elle-même, d'après ce que nous avons dit aux n"» 721 et 724. Toutefois, d'après l'opinion la plus probable, la charité qui affecte la volonté, se distingue de la grâce qui affecte la substance de l'âme. V. n" 703. La volonté est la faculté qui recherche le bien ; elle est donc le sujet de la charité. La volonté des damnés, étant irrévocablement détournée du bien, n'est plus le sujet de cette vertu ; mais la charité ne meurt pas (I. Cor. XIII. 8), dans les Bienheureux, ni dans les âmes du purgatoire. Dans les pécheurs, elle est ruinée, comme ta grâce, par tout péché mortel, mais non par tous les péchés véniels. Cependant un pécheur, avec le secours de la grâce actuelle, peut faire un acte de charité parfaite ; et cet acte lui méritant infailliblement la grâce d'un mérite de convenance, rétablit en lui la charité habituelle.
L'infidèle, tant qu'il ne croit pas, ne peut pas arriver à la charité,
âui est un lien d'amitié avec ieu connu par la foi; et l'homme par nature est incapable d'avoir avec Dieu cette sorte d'égalité, que donne seule la grâce, et sans laquelle l'amitié n'est pas possible.
224T. On appelle la charité la plénitude de la loi, parce qu'elle commande d'accomplir loule la loi, et que toute la loi a pour but de mener à la charité. Celte vertu de toutes la plus excellente est le faîte de l'édifice spirituel, dont la foi est le fondement et l'espérance la colonne . Sans la charité il n'y a pas de vertu véritable. On appelle en effet vertu véritable, celle qui peut conduire au salut éternel ; et bien que la foi et l'espérance survivent dans l'âme à la ruine de la charité, elles sont