‹ Abrégé de théologie dogmatique et moraleChapitre 304 sur 459 · DU DEUXIÈME PRÉCEPTE · texte numérisé non relu

DU DEUXIÈME PRÉCEPTE

2319. Le premier précepte commande la fidélité à Dieu et défend de rendre à un autre que lui, les honneurs divins. Le second ordonne le respect envers son Nom saint et terrible. Vous ne prendrez pas le nom de votre Dieu en vain. On peut se servir du Nom de Dieu, d'après saint Thomas, ou pour le louer, ou pour déterminer les autres à faire quelque chose, ou pour s'obliger soi-même à quelque chose.

Nous devons donc parler de la louange de Dieu, de l'adjuration etdu serment avec lequel le droit met le vœu en parallèle, bien que le vœu ait sa place dans le premier précepte. V. n" 2275.

De là les quatre articles suivants :

Art. I. — De la louange de Dieu.

2320. § I. Le second commandement en tant qu'affirmatif ordonne de louer Dieu. L'invocation du Nom du Seigneur par la louange doit être faite de bouche, non afin que Dieu l'entende ; mais afin qu'ainsi et celui qui le loue et ceux qui l'entendent, soient excités à glorifier Dieu. C'est avec raison et avec grand profit qu'a été établi Iç chant des louanges de Dieu,

afin d'exciler par là dans les cœurs des senliments de dévotion. Les pasteurs des âmes et les missionnaires doivent donc avoir soin, de rendre agréable aux fidèles l'assistance aux saints offices, par des chants qui soient à la portée du peuple. Il faut que les cantiques en langue vulgaire soient faciles , afin que tous soient à même de retenir et de répéter au moins les refrains.

Rien n'est plus utile.

2321. § II. En tant que négatif ce précepte défend de prendre en vain le nom de Dieu et de le blasphémer.

I. Prendre le nom de Dieu en vain, en conversation, par colère, admiration, ou habitude, c'est en soi une faute, mais légère seulement ; souvent même il n'y a pas de faute parce que l'advertance fait défaut, parce que dans certaines circonstances il n'y a point là d'irrévérence envers Dieu ; si même on le lait par manière d'invocation, c'est un acie de piété. Il en est de même du nom des saints. Prononcer le nom du démon c'est seulement inconvenant.

2322. II. Le blasphème , c'est une parole, ou un signe injurieux à Dieu. C'est un blasphème que de grincer des dents, ou de cracher contre le ciel : bien plus une parole intérieure peut constituer un blasphème. Il y a le blasphème direct par lequel on a l'intention d'outrager Dieu. Il y'a le blasphème indirect, dans lequel on n'a pas cette intention; mais on se sert néanmoins de paroles, qui sont en elles-mêmes injurieuses à Dieu, tout en en remarquant le sens . On juge que des paroles sont injurieuses d'après l'usage et l'habitude des lieux, et d'après la manière moqueuse, ou colère, dont elles sont dites.

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