SANCTIFICATION DU DIMANCHE
fois que l'audition de la messe.
Il n'y a rien autre qui soit prescrit en soi le dimanche, ni sous peine de faute grave, ni même sous peine de faute légère. Ainsi celui qui ne peut pas entendre la messe, n'est pas tenu à réciter, chez lui, des prières, bien que ce soit très utile. Mais par accident , l'assistance aux catéchismes, ou aux sermons, peut être d'obligation, pour celui qui ignore les vérités de la foi, et qui n'a pas d'autre moyen de les apprendre, et pour celui qui, s'il n'entend pas la parole de Dieu, ne pourra sortir du péché.
En pratique il faut exhorter fortement les fidèles à assister à l'office des vêpres, et à la pratique des bonnes oeuvres qui sont la fin de la loi, bien que la fin du précepte ne tombe pas sur le précepte. La désertion de l'office du soir prépare celle de la messe; et sans les œuvres de piété le dimanche devient pour un grand nombre, une occasion de perdition, comme le démon- Ire une triste expérience. Cela posé, parlons des conditions qu'il faut apporter à l'assistance à la messe et des raisons qui dispensent de l'entendre.
237:2. § I. Des conditions de l'assistance a la messe. Pour entendre la messe, il f;iut être présent de corps dans le lieu voulu et avoir l'esprit attentif.
I. De la présence de corps dans le lieu voulu. 1'"' Il faul êlre pressent de telle sorte, qu'on ne soit pas loin des autres, qui entendent la messe; si on en était lro|) loin, on n'entendrait pas la messe, lors même qu'on verrait le célébrant. Mais il est probable qu'une distance de trente pas n'ei!q>èclie point d'entendre la messe : car la présence requise est une présence : I) morale ; il suffit donc d'être à la porte, ou aux l'enélres de l'église, quand même on ne voit pas l'autel ; et même plus probablement il suffit de voir d'une maison voisine les assistants et de distinguer les principales parties de la messe.
2) Celle présence doit être continue, c'est-à-dire qu'elle doit durer pendant toute la messe. Celui qui omet une partie notable, soit à raison de la durée, soit à raison de l'importance, pèche gravement. Or, on regarde comme partie notable, (a) les prières, qui se récitent depuis le commencecemenl de la messe, jusqu'à l'olTerloire inclusivement, ou (b) depuis le canon jusqu'à la consécration, (c) une seule consécration plus probablement , quelques auteurs cependant estiment i^uc, si on manque à une seule consécration, l'union morale n'est pas rompue, et qu'on entend suffisamment la messe ; id) la seule communion du prêtre, (e) les prières qui se disent depuis la consécration jusqu'au Palerjf) celles qui précèdent l'évangile jointes à celles qui suivent la communion, si on les manque toutes dans la messe. V. M. no 67!2.
Celui qui entend en même temps deux moitiés de messes, dont l'une commence, pendant que l'autre s'achève, n'entend pas la messe. Celui qui, ayant entendu la moitié d'une messe, entend la moitié d'une autre messe, qui se dit après, satisfait plus probablement, pourvu que la consécration et la communion se trouvent toutes deux dans une de ces messes entendues en partie ; autrement il est plus probable qu'il ne satisfait pas. Celui qui n'arrive qu'après la consécration à la dernière messe, est-il tenu d'entendre le reste de la messe ? I,es uns probablement l'affirment ; les autres probablement le nient. Celui qui n'a manqué qu'une partie peu notable de la messe est tenu d'y suppléer, s'il le peut commodément: autrement il n'y est pas tenu.
2373. 2° 11 faut être présent dans le lieu voulu. Il n'est pas nécessaire d'entendre la messe dans sa paroisse, bien que ce soit à conseiller pour l'édification. C'est certain. Il n'y a pas non plus d'obligation per se d'entendre la messe du prône. Y. no 2371. On peut entendre la messe dans tout oratoire public, ayant une porte ouverte sur la voie publique, qu'il appartienne à une communauté, ou à un hospice, etc. Dans les oratoires privés des maisons particulières, oii le l'ape peut .seul permettre de célébrer, n'entendent la messe que ceux qui sont privilégiés, .savoir ; le maître de maison, ses enfants et ses familiers, c'est-à-dire ses parents, .ses alliés qui vivent avec lui, les serviteurs qui sont actuellement et nécessairement à son service et ses nobles botes. Les autres personnes ne peuvent pas entendre la messe dans ces oratoires ; le servant de messe, ne le peut même pas, à moins qu'on ne
Le dégalogue, iii™« précepte
puisse pas en trouver d'aulre pour le remplacer. On ne peul dire qu'une seule messe dans ces oratoires, et encore faut-il que ce soit en présence de celui qui est principalement privilégié. Et quand l'induit n'a pas été accordé à cause d'infirmité, il n'est pas permis d'y dire la messe les jours de Pâques, de la Pentecôte, de Noél. de l'Epiphanie, du .leudi-Sainl, de l'Annonciation, de l'Ascension, de l'Assomption, de la fêle de saint Pierre, de tous les Saints et du Titulaire de l'église du lieu. Mais il n'est défendu d'y dire la messe, qu'aux jours de ces fêles, mais non aux jours oii elles sont renvoyées. V. n» 906. Celui qui ne peut entendre la messe ailleurs peul et doit l'cnlendre dans un oratoire privé; et le privilégié -lui-même est tenu, comme ses familiers, s'il ne peut aller à l'église, d'entendre la messe chez lui, pourvu qu'il puisse avoir sans frais, un prêtre qui la lui dise. Ce privilège est régulièrement ])cr:ionnel, il expire donc à la mort de celui à qui il est accordé ; il a aussi quelque chose de local, car il expire par un changement de lieu. -M. 1617. Y. n" 990.
2.'-!T4. Sans permission de l'Evêque, on ne peut administrer dans un oratoire privé, ni la communion, ni le baptême, ni la pénitence, ni le mariage.
^l'S'iei. Au-dessus d'un oratoire ou d'une église, il ne doit point avoir d'appartements alfeclés à des usages profanes, comme des chambres à coucher, par exemple ; il est cependant des auteurs qui le permettent ; mais on peut avoir des caves au-dessous.
i'i'.lb. U. Il finit entendre la messe arec un esprit attentif. Il y a l'attention ertérieare, qui exclut toute action extérieure, qui empêcherait l'application de l'esprit ; et cette attentiim est tout à fait nécessaire. Ils n'entendent donc pas la messe ceux qui. pendant qu'elle se dit, font des peintures, causent longtemps, ou même, d'après un grand nombre de lliéologiens. confessent leurs péchés. Quelques-uns cependant sont, dans ce dernier cas, d'un avis contraire ; et on peut sûrement permettre à un serviteur de se confesser pendant la messe, s'il devait sans cela rester longtemps en péché mortel, car il est dispensé pour lors de l'entendre.
:2oT7. Il y a l'attention intérieure, qui comprend d'abord la volonté d'entendre la messe, et cette volonté est tout à fait nécessaire pour que l'acte soit humain, et ensuite l'application de l'esprit, ou aux paroles, ou aux fonctions du prêtre, ou aux sens des mystères, ou à Dieu par de pieuses priè-
res. Si on l'applique à une de ces choses, il est certain que cela suffit; mais est-ce nécessaire? L'opinion la plus commune et la plus probable le soutient; mais une autre opinion probable le nie. Cependant tous demandent, outre l'intention d'assister à la messe, un mouvement pieux de l'àme et une attention telle, que celui qui entend la messe, puisse se rendre compte qu'il y assiste. En pratique, il ne faut donc pas présumer facilement que les pénitents ont péché gravement, à moins que pendant la plus grande partie de la messe, ils n'aient lu des histoires, ou regardé des vanités, ou des peintures, ou dormi de manière à ne faire attention à rien. Celui qui dort, ou ne fait attention à rien, mais involontairement ne pèche pas. Celui qui, en commençant, a voulu être attentif, et qui ensuite est tout à fait distrait, satisfait à la rigueur au précepte, s'il ne remarque pas qu'il est distrait de la messe, lors n)ême que sa distraction serait volontaire. Le sacristain qui recueille les otl'randes, ou distribue le pain bénit, ou sonne les cloches, etc., satisfait aussi, pourvu qu'il fasse attention aux parties principales de la messe. S'il remarque que ses fonctions ne lui laissent pas même cette attention, qu'il entende une autre messe, s'il le peul commodément.
Il faut toutefois exhorter les fidèles à s'appliquer le mieux qu'ils pourront aux saints mystères ; et bien qu'aucune lecture, ni aucune prière particulière, ne soient prescrites, il faut leur recommander de lire, ou de prier.
Tous s'accordent à dire que, pendant la messe, on peut examiner sa conscience, réciter son office, accomplir sa pénitence.
2378. 1 II. Des causes qui excusent DE l'assistance A LA MESSE. — Toute raison iiiéiliocreinent grave excuse. Ainsi l'eiilenil la couluiue, qui esl le meilleur interprèteiies lois. Par conséquent : 1° l'impuissanci' physique excuse, même les convalescents; :2o Vimpuissance morale excuse les mères, qui ont de petits enfants à garder, les filles enceintes, les soldats qui ne peuvent entendre la messe, sans s'exposer aux moqueries de leurs chefs ou de leurs camarades, ceux qui perdraient un gain notable en entendant la messe,