DU QUATRIÈME PRÉCEPTE
2390. Après avoir tracé tous nos devoirs envers Dieu, dans la première table, le décalogue nous marque, dans la seconde, tous nos devoirs envers les autres hommes, et d'abord envers ceux qui participent à la paternité et au gouvernement divins, c'esi-àdire envers les parents et les supérieurs. Mais par là-même qu'elle prescrit directement des devoirs aux inférieurs à l'égard des parents et des supérieurs, parce que les parents et les supérieurs ont quelque chose de l'autorité divine, il s'ensuit qu'indirectement elle impose aux pa rents et aux supérieurs Tobligalion de se conduire comme tenant la place de la Providence, à l'égard de ceux, dont ils ont la charge. Nous avons donc à traiter des devoirs des enfants et des inférieurs, et ensuite des devoirs des parents et des supérieurs.
Article 1. Des devoirs des enfants et des inférieurs.
2391. I I. Les enfants doivent PRATIQUER ENVERS LEURS
PARENTS LA PIÉTÉ. La piété, c'est une vertu, qui nous porte à rendre le culte qui est dû à nos parents et à la patrie, en tant qu'ils sont les principes de notre existence. Elle diffère donc de la charité qui nous porte à faire le bien à notre prochain et à nos parents à cause de Dieu. Sur la patrie, v. le n. 2420. L'objet matériel de la piété, c'est le culte, qui comprend l'amour filial, l'observance ou le respect, et l'obéissance. Toutes ces vertus sont des branches de la juslice, de la(|Melle elles se distin-
Le décalogue, iv'"« précepte
guent cependant; car en les pratiquant, nous ne rendons pas siriclement à nos parents tout ce que nous avons reçu d'eux.
:2o92. I. De l'amour des parents. Cet amour est commandé par la loi naturelle et par la loi divine positive : Souvenez-'ous que sans eux, vous ne seriez pas nés; et rendez-le-leur. Eccl. VII, 30. L'amour filial est distinct de l'amour de charité. Ils pèchent donc à la fois contre la piélé et la charité, et cela en soi gravement les enfants qui, 1° intérieurement haïssent leurs parents et leur souhaitent du mal grave; 2° extérieurement, ceux qui leur causent une grande tristesse, qui les font pleurer, qui les regardent en paroles et en gestes comme des ennemis, qui les traitent durement, les calomnient, les empêchent injustement de faire leur testament, négligent d'exécuter leurs dernières volontés, après avoir hérité d'eux. Ils pèchent au moins contre la piété ceux qui ne les visitent pas, ou ne les soignent pas dans leurs infirmités ou leur vieillesse, qui leur refusent les aliments et les choses nécessaires à la vie, selon leur condition, qui n'ont pas soin, dans une maladie grave, de leur faire recevoir à temps les sacrements, qui ne leur /ont pas faire des funérailles selon leur cor.dition, qui ne prient pas pour eux après leur mort, et ne lont dire aucune messe pour le repos de leur âme.
2393. II. De V observance.
C'est une vertu morale, qui nous porte à rendre un culte aux personnes constituées en dignité, telles que les parents et les supérieurs, entantqu'ils nousgouveriient. Elle dilTère donc de la piélé, qui considère les parents comme étant le principe de no-
tre naissance. L'observance nous commande à l'égard des parents le respect par lequel nous reconnaissons leur dignité, et Vhonneur qui fait que nous manifestons par paroles et par signes leur supériorité sur nous. Il pèche donc celui qui méprise intérieurement ses parents, il pèche aussi et gravement celui qui leur refuse les signes ordinaires d'honneur, selon l'usage des lieux, qui rougit d'eux par mépris et refuse de les reconnaître.
Il ne pécherait cependant pas, dans ce cas, celui qui aurait une raison de ne pas reconnaître, ou de fuir ses parents, à cause de leur vie criminelle et du dommage qu'elle peut lui occasionner. Il pèche gravement celui, qui les centriste gravement, ou les fait mettre en colère, par des malédictions, des injures, des signes de mépris. S'il leur fait à leur insu, des signes de mépris, sans mauvais esprit, le péché n'est pas grave. Il pèche aussi gravement celui qui lève contre eux la main, ou un bâton, ou qui les frappe. On ne peut excuser ceux qui par mépris, ou par malice, frappent leurs parents ivres ou privés de raison ; il en serait autrement, si des traitements un peu rudes étaient nécessaires pour les contenir. Il pèche aussi gravement celui qui accuse ses parents d'un crime même vrai; il faut excepter toutefois les cas d'hérésie et de conjuration contre le prince.
2394. m. De l'obéissance.
C'est une vertu morale, qui incline à garder les préceptes, en tant fju'ils sont ordonnés par une personne supérieure. Son objet c'est ce que veut le supérieur. L'obéissance est une vertu très excellente parce que, par elle, riionune renonce au plus urand de ses biens, c'est-à-dire