‹ Abrégé de théologie dogmatique et moraleChapitre 312 sur 459 · DU CINQUIÈME PRÉCEPTE · texte numérisé non relu

DU CINQUIÈME PRÉCEPTE

2421. Ayant exposé les devoirs de l'homme envers Dieu et envers ceux qui participent, en quelque manière, à l'autorité divine, il ne nous reste plus qu'à traiter de nos devoirs envers nos égaux et envers nousmêmes. Le décalogue ne parle pas d'une manière explicite de nos devoirs à l'égard de nous-mêmes, car à cet égard la loi naturelle n'était pas altérée ; mais en nous ordonnant d'aimer le prochain comme nous-mêmes, la loi de Dieu, du moment qu'elle nous trace ce que nous devons aux autres, nous rappelle en même temps ce que nous nous devons à nous-mêmes.

Tous les devoirs de l'homme à l'égard de ses semblables se rapportent à deux vertus, la charité et la justice. Nous traiterons donc dans les deux articles suivants: I De la charité envers le prochain, et II de la justice, en ce qu'elle nous prescrit par ce cinquième précepte.

Article I. — De la charité envers le prochain.

2422. La charité envers le prochain est une vertu par «laquelle nous aimons le prochain cà cause de Dieu aimé souverainement comme notre fin surnaturelle, et non point à cause de notre ressemblance naturelle avec le prochain. C'est donc une seule et même vertu que la charité envers Dieu. Nous parlerons de ses actes et des vices qui lui sont opposés.

2423. 1 1. Des actes de charité, et I de ces actes eux-mêmes, et II de l'ordre qu'il y faut garder. I Des actes eux-mêmes :

1° intérieurs. Il est certain que nous sommes tenus à faire des actes intérieurs d'amour pour tous les hommes, même pour nos ennemis ; car chez tous se trouve une certaine participation à la bonté de Dieu, pour laquelle nous les aimons. Aimez vos ennemis, a dit N.-S. Mat. V. 4'j. Il faut excepter toutefois de cette règle ceux qui sont incapables de l'amitié de Dieu, c'est-à-dire les damnés. Donc nous devons nous aimer nous-mêmes à cause de Dieu. Ce précepte oblige de la môme manière que la charité envers Dieu ; mais on l'accomplit suffisammenten disant comme il faut le Pater.

2424. 2p Des actes extérieurs.

N'aimez pas de bouche et avec la langue^ mais en œuvres et en vérité. I Jean III. 18. Faites du bien à ceux qui vous haïssent. Mat. V. 44. Ce précepte est incontestable. Nous devons donc à nos ennemis les signes de bienveillance, que nous donnons aux autres personnes de la même condition, à moins qu'il ne soit bon de les leur refuser, pendant quelque temps, afin d'éviter une dispute, ou pour les corriger.

Mais on ne leur doit pas des signes extraordinaires, comme par exemple de les visiter, à moins qu'en ne les leur donnant pas, on n'ait lieu de crïiindre un scandale, ou à moins qu'en les donnant, si on le peut facilement, on n'ait l'espoir de procurer le salut d'une âme. Ce n'est un signe extraordinaire de bienveillance de saluer quelqu'un, que dans les pays où tout le monde se salue ; mais c'est un signe ordinaire de rendre le salut. Celui quia ofïensé le premier son pro-

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