LA CHARITÉ ENVERS LE PROCHAIN
fants spirituels, puis à ses parents, puis à ses frères, etc. Il est probable cependant que, même dans les choses spirituelles, les parents doivent passer avant tous les autres.
-2iW. Du reste ces règles sont sujettes à varier selon le degré de nécessité et les circonstances. On est tenu, par exemple, de secourir un étranger, qui est dans une nécessité spirituelle extrême, plutôt qu'un parent qui est dans une nécessité corporelle. On peut préférer un ami qui nous a donné la vie, à un frère qui voulait nous l'ôter. On peut préférer une bonne mère à un père ivrogne et impie, etc. M. i8i.
2447. I II. Des vices uitosés A LA CHARITÉ. Les U11S soiU intérieurs, les autres extérieurs.
I. Les intérieurs sont la liame et la discorde, l'^ La haine est de deux sortes. 1) La haine d'inimitié par laquelle on a en aversion la personne du prochain, et on lui souhaite du mal, en tant que ce mal lui est nuisible, est un péché grave de son genre. Bien plus d'après saint Thomas la haine est le plus grave des péchés que l'on puisse commettre envers le prochain, non qu'elle lui nuise plus que tout autre péché ; mais parce qu'elle est un plus grand désordre de la volonté à son égard. :2.!2, q. 3-i, a. -4. Ils pèchent donc gravement ceux qui souhaitent du mal grave au prochain, soit intérieurement, soit par des imprécations proférées extérieurement, à moins que ces imprécations ne partent pas du cœur. T. 2, 2, q. 34, a. 4.
"244s. Il est cependant permis de souhaiter qu'il arrive du mal à un autre, en vue de le corriger, uu de procurer le bien commun, ou de procurer a un homme innocent un bien d'un ordre supérieur au mal qu'on désire à un autre; si dans ce dernier cas, le bien qu'on veut procurer était d'un ordre inférieur, on pécherait en souhaitant du mal. Celui qui désire toute espèce de mal à un aune, d'une manière générale, n'est pas tenu de dire en confession quel mal il a désiré ; mais s'il lui a souliaité, ou a voulu lui faire un mal déterminé, il est tenu de l'expliquer.
Celui qui l'ait punir son ennemi dans une pensée de vengeance, pèche ; mais
il ne serait pas coupable, s'il le faisait châtier par amour de la justice, ou pour exiger la réparation d'un dommage.
Toutefois il faut prendre garde, dans des cas semblables, de se faire illusion à soi-même. On pèche aussi en excluant ses ennemis de ses prières, et en refusant de leur donner des signes ordinaires de bienveillance, et de parler avec eux.
2440. De là, il faut conclure qu'il n'est pas permis de se souhaiter la mort à soi-même, à moins qu'on ne le fasse dans le désir d'aller au ciel. Le faire par dégoût de la vie, c'est une faute légère ; mais désirer de se donner la mort, ou de se faire un mal grave, c'est une faute grave.
2450. A la haine se rattache le mépris inlérieur du prochain, ou un sentiment de dédain pour sa personne; s'il est fondé sur un jugement téméraire, il est en même temps contre la justice.
L'àme du prochain étant l'image de Dieu mérite le respect : Onines honorale. Honorez lonl le monde.
1 Pet. II, 17. Si le mépris se manifeste extérieurement , il blesse l'honneur. V. n» 2960.
2'i51. 2) La haine d'abomination, par laquelle on déteste, non la personne du prochain, mais ses qualités est par elle-même indiliérente. Elle est bonne si on déleste ses défauts ; elle est mauvaise si on déteste des qualités bonnes ; et dans ce derniers cas, elle est un péché comme l'envie.