P. IV. Le Pontife romain
est infaillible s'il définit une doctrine dans un concile œcuménique. C'est de foi, ei cela résulte manifestement de tout ce qui précède. Les décrets des conciles œcuméniques ont toujours été regardés comme infaillibles par l'Eglise.
Pour qu'un concile soit œcuménique, il faut : 1) qu'il soit convoqué par le Pape, qui seul a le droit de le convoquer, de le transférer et de le dissoudre. Il est cependant deux cas où saint Liguori enseigne que les Cardinaux et les Evêques peuvent convoquer un concile : le premier est celui où le Pape est douteux, comme il arriva au temps du schisme d'Occident ; le second, c'est celui où un Pape tomberait d'une manière persévérante et notoire dans l'hérésie.
Cette hypothèse est chimérique sans doute. Dans le premier cas, chacun des Papes douteux est tenu d'obéir aux décrets du Concile, car le Siège romain est regardé comme vacant. L. Œ. D.
tom. 2, pag. 165, — Dans le second cas, le Pape serait destitué ipso facto du Pontificat, car il serait en dehors de l'Eglise et ne pourrait par conséquent pas en être le chef, ce que le Concile déclarerait. L. Œ. D. loin. 9, pag. 23:2. Selon l'opinion commune, aucun autre crime ((ue l'hérésie n'entraîne la déchéance du Souverain Pontife. V. sur la simonie le n" 2314.
2) Pour qu'un concile soit œcuménique, il faut que les Evêques soient en nombre suffisant pour représenter l'Eglise enseignante. Pour cela il suffit, dit Hurter, que la convocation soit générale, qu'aucun Evêque ne soit exclu, qu'il en vienne qqelques-uns des régions lointaines, et qu'il y en ait plusieurs des contrées voisines.
LE SOUVERAIN PONTIFE
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3) Il faut que les questions soient traitées d'une manière légitime, c'est-à-dire avec mûre délibération et liberté et que le Pape y préside par lui-mt>ine ou par ses légats.
4) Il faut que le Souverain Pontile confirme les décrets du Concile, d'où il est facile de voir, une fois de plus, la supériorité du Pape sur les conciles.
• 151. Dans le cas où le Pape, après avoir convoqué le Concile, s'en séparerait, il aurait pleine puissance sur le Concile, comme il est évident ^'après ce qui a été dit plus haut, n» 138. Et le Concile sans le Pape ne peut rien définir concernant la foi, dit St Liguori (Œ. D. lom. 2.
pag. 220) ; car il n'est pas œcuménique ; bien que quelquesuns pensent qu'en cas de vacance du Saint-Siège, le Concile puisse définir des questions de loi, surtout si la nécessité l'exigeait.
152. Il semble qu'il faut nier l'hypothèse où le Pape présidant un Concile, la majeure partie des Evêques soutiendrait une doctrine contraire à celle de leur Chef ; « mais si cela arrivait, le Concile ne serait pas œcuménique, dit St Liguori ; ce serait un tronc mutilé ; il ne représenterait pas l'Eglise, car l'Eglise doit avoir une tête. » Et le saint Docteur ajoute: «dans l'Eglise, le pouvoir suprême est un et non double, à moins que vous ne vouliez attribuer à l'Eglise deux têles. » L. Œ. D.
tom. 2. pag. 216.* Il n'y a donc qu'une infaillibilité dans l'Eglise.
Elle réside dans la tète, et elle est communiquée aux Evêques unis à leur Chef, bien que quelques-uns distinguent l'infaillibilité du Pape de celle qu'ils attribuent à la majorité des Evêques, avouant toutefois qu'elles sont
toujours unies et qu'il ne peut pas se faire qu'elles soient en désaccord.
153. Le Pape est donc le juge suprême des controverses qui intéressent la foi, le centre de l'unilé de doctrine. C'est ici .le lieu de s'écrier avec le Psalmiste :
Seigneur, vous avez tout fait nrec sagesse, Ps. CIII, 24, eu donnant à tous, surtout aux pauvres et aux petits, un moyen sûr et facile de connaître ce que vous avez caché aux sages et aux prudents du siècle! Un enfant, en effet, qui ne sait pas lire, peut apprendre de ses parents, de son pasteur, des fidèles et des prêtres voisins, ce qu'enseigne le Pape, ce qu'enseigne l'Eglise, àquiDieu a promis l'assistance jusqu'à la 4in du monde, l'Eglise qui remplit le monde et qui a tant de marques de la divinité de son origine et de l'assistance de Dieu, dont la doctrine est acceptée par tant de fidèles sur toute la surface de la terre, et a été crue par tant de docteurs, de martyrs et de saints qui ont opéré des miracles et pratiqué d'éclatantes vertus. Et ainsi, la foi de cet ignorant devient une soumission raisonnable à l'enseignement divin par un motif de crédibilité, qui est tout à fait à sa portée. Mais que ceux qui instruisent les enfants et les ignorants aient soin de leur apprendre les motifs de crédibilité de la doctrine de l'Eglise romaine, et qu'ils prennent garde que les catholiques ignorants n'aient pas une foi plus solide que les protestants, qui écoutent leurs ministres, sans connaître la pierre fondamentale sur laquelle Jésus- Christ a établi son Eglise. Voir les n»« 1307 et suiv. et 2194 et suiv.