‹ Abrégé de théologie dogmatique et moraleChapitre 359 sur 459 · LA. VOCATION · texte numérisé non relu

LA. VOCATION

c. 8, a. 5. Dans ce cas, conlinue Suarez, celui qui donne un conseil doit dire librement la vérité à celui qui le demande. Celui que l'Esprit-Saint commence à mouvoir, doit être aidé. (Ibid.

no •10.)

3314. Quoique le confesseur puisse quelquefois, pour voir si le désir de la vie religieuse est bien aH'ermi, en différer l'exécution ; cependant, d'après Lessius, on ne peut donner un conseil plus pernicieux que celui Se demeurer longtemps dans le siècle, pour éprouver une vocation, qu'on peut éprouver du reste mieux et plus sûrement dans le noviciat. (Fbid. q. 7, n» 81).

3315. Ils n'ont pas sans doute une vraie vocation à la vie religieuse ceux qui la désirent principalement pour fuir la pauvreté, etc, parce qu'une intention droite est requise pour tout acte bon; et celui qui entrerait en religion sans cette intention droite, se tromperait; mais souvent la vraie vocation naît à l'occasion de déceptions et de maux temporels ; et sans préjudice pour la vocation divine, on peut avoir secondairement en vue le bien temporel qu'offre la vie religieuse, pourvu qu'on ne l'ait pas principalement en vue.

33t(i. La constance du désir d'entrer en religion, bien qu'elle se refroidisse, ne ruine pas lu vocation; bien plus, si un tel désir est sincère dans un temps de ferveur^ et s'il se refroidit lorsqu'on est infidèle dans le service de Dieu, c'est une preuve qu'il vient de Dieu.

3317. Si celui qui ne se sent pas appelé par Dieu à tel ou tel état, ne pense pas même à l'état religieux, que faut-il faire? Nous supposons qu'il n'est pas obligé par une raison spéciale, à choisir tel état plutôt qu'un autre, qu'il n'a aucun empêchement pour aucun état en particulier; et qu'il a loules les aptitudes requises pour un état quelconque. Il peut alors, selon son gré, choisir l'état qu'il veut, pourvu ([u'il ait une intention droite, qui, d'ailleurs est toujours requise pour faire un acte bon ; et son choix sera méritoire, s'il a soin de le rapporter à Dieu par un motif surnaturel, surtout par un motif de charité. S'il se marie, il fait bien, puisqu'il n'est pas obligé à un autre état ; s'il ne se marie pas, il fait encore mieux, puisque, d'après l'hypothèse, il n'est pas obligé au mariage, et que la virginité est meilleure; s'il embrasse la religion, il fait encore mieux, car cet état est plus agréable à Dieu et plus utile à l'homme, et dans l'hypothèse, il n'a pour cei état aucun empêchement. Personne môme ne peut lui enlever la liberté de ce choix; mais s'il demande conseil, le confes-

seur peut et doit lui répondre que le mariage est bon, la virginité meilleure, et la vie religieuse plus excellente et plus sûre pour le salut. Ce sont là en effet des vérités certaines. Voir ce que nous avons dit au n» 1331 et ce que nous dirons au n" 3339 et suiv.

3318. Que le confesseur l'exhorte à s'élever au-dessus de tout désir terrestre, et à choisir ce qui sera le plus agréable à Dieu, quand même ce serait plus difficile, et à embrasser le parti qu'il voudrait avoir choisi au moment de la mort et du jugement, ou qu'il conseillerait à un autre dont il désirerait vivement le salut.

3319. Le confesseur en celte matière, doit se rappeler les principes suivants : 1) Qu'il faut de plus grandes raisons pour croire quelqu'un appelé à un état, dans lequel il suffit d'observer les préceptes, que dans celui oti on doit suivre les conseils; car J.-C. a exhorté aux conseils d'une manière manifeste. Au reste^ comme le remarque le savant Ilurter, le mot vocation indique un appel de Dieu à un état plus parfait, et non pas à l'état commun. Que si quelques-uns donnent le nom de vocation à telle ou telle carrière, faisant partie de l'état commun, il semble qu'ils ne veulent par Icà indiquer autre chose, que ce que dicte la prudence chrétienne; du moins tous n'ont-ils pas pour cela une vocation proprement dite. 2) Il esttrèsbon,à part quelques circonstances, d'exhorter à la virginité età tout autre perfection évangélique, quiconque en est probablement capable avec le secours de la grâce de Dieu. Ces deux principes sont formulés par St Ignace dans le livre de ses Exercices; 3) « Chacun doit « estimer ^ue l'état religieux « lui convient, à moins qu'il « ne soit certain du contraire « par une conjecture (ondée, « ou par une expérience. »

Suarez; 1. 5. c. 8, 2. C'est le sentiment de Cajetan qui, d'après

DEVOIRS DBS DIVERS ETATS

Suarez lui-même, mérite d'être remarqué.

33!20. V. Que faut il faire, quand on a choisi un état, d'après les règles que nous avons tracées ? Si quelqu'un veut rester dans le siècle, il doit, d'après ces même règles, et de la même manière, déterminer quel état séculier il choisira, pour la gloire de Dieu et pour son salut. S'il a choisi l'état religieux, il devra déterminer dans quel ordre il est plus opportun d'entrer. A ce sujet, il y a à faire plusieurs remarques de la plus haute importance.

3321. 1) Avant toutes choses, que personne n'entre dans un ordre relâché ; c'est le conseil que donne St Liguori; parmi les ordres fervents, on doit choisir celui qui contribue le plus à procurer la gloire de Dieu et la sanctification de celui qui les embrasse et qui répond le mieux à ses aptitudes. Les ordres cloîtrés sont plus sûrs, parce qu'ils éloignent mieux les dangers du siècle. En dehors du cas de nécessité, ceux qui vaquent à la contemplation sont plus parfaits que ceux qui s'occupent aux œuvres extérieures et aux soins du corps. Mais les plus parfaits de tous sont les ordres mixtes, qui s'occupent, soit à la contemplation, soit à l'enseignement et à la prédication. Ainsi parle saint Thomas, 2, 2, q. 188, a. G. V.

n» 3448 et suiv.

3322. 2) Quand on a choisi un état, d'après les principes exposés ci-dessus, il faut se défier de l'inconstance. « Se désister d'une chose meilleure, appartient à l'imprudence, » dit saint Thomas. Ceci arrive par le défaut de la raison, qui se trompe, en rejetant ce que, tout d'abord, elle avait prudemment accepté.

Il faut donc bien se garder de

différer, comme nous l'avons dit déjà. Que si des empêchements temporaires et graves mettent obstacles à la vocation, on doit, d'après St Liguori, conserver cette vocation comme un trésor, par la prière, la discrétion et le recueillement. En bonne règle, il ne faut parler de sa vocation religieuse qu'au seul directeur de sa conscience ; si on la fait connaître à d'autres, les parents le sauront bientôt, et se changeront en ennemis.

3323., VI. Qu'y a-t-il à faire pour celui qiii a mal choisi un état de vie ? Qu'il se repente, et il obtiendra certainement miséricorde ; qu'il reprenne, s'il le peut, sa première voie ; autrement, qu'il se rende appelé en acccmplisant tous les devoirs de son état, et il méritera le ciel. Sur ces questions que nous avons traitées ici brièvement, et qui, dans la pratique, sont de la plus grande importance, on lira avec fruit le livre que nous avons fait imprimer à Rome, après examen de la censure pontificale, et qui est intitulé : Des Etats de rie chiétienne et de la vocation, d'après les Docteurs de l'Eglise et les Théologiens, Ces choses étant posées, parlons des Etals.

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