II. De l'Ame de l'Eglise
— L'âme de l'Eglise, c'est un esprit intérieur, ou une influence du Christ qui vivifie les âmes par la grâce. Cette vivification a divers degrés, le premier, c'est la loi; le deuxième, c'est l'espérance; le troisième et le plus élevé, qui est la plénitude de la vie chrétienne, c'est la grâce sanctifiante qu'accompagne nécessairement la charité. De telle sorte qu'ils appartiennent prin-
cipalement à l'âme de l'Eglise le» justes, qui vivent de la grâce sanctifiante et de la vie de J.-C. ; puis secondairement appartiennent à l'âme de l'Eglise ceux qui participent de quelque manière à cette vie surnaturelle, par l'espérance, ou au moins par la foi, qui sont comme le commencement de cette vie.
205. En dehors du corps de l'Eglise, soit les infidèles éclairés de la grâce intérieure de la foi, soit les hérétiques qui ignorent invinciblement la vraie Eglise de J.-C. peuvent se sauver, pourvu qu'ils purifient leurs âmes par la charité parfaite, car ils appartiennent à l'âme de l'Eglise, et c'est l'Espril qui rivifie. Mais en dehors de l'âme de l'Eglise, il n'y a point de salut ; c'est de fol, car le IY'"« Concile de Latran a porté cette définition : Il n'i/ a qu'une Eglise unirerselle pour tous les fidèles, en dehors de laquelle il nij a point de salut. Malheur donc à ceux qui négligent de la découvrir, ou qui, la connaissant, ne l'embrassent pas, ou la méprisent ! C'est l'arche de Noé en dehors de laquelle tous sont submergés par le déluge. Prions donc le Père, sans le secours duquel personne ne vient à son Fils, de faire luire sa lumière sur cei\x qui sont assis dans les ténèbres et à l'ombre de la mort, et afin que ceux qui sont appelés au festin du père de famille se revêtent de la robe nuptiale de la grâce sanctifiante, sans laquelle ils seront rejelés dans les ténèbres extérieures. — Nous avons parlé des propriétés de l'Eglise et de sa constitution; il nous reste à traiter de sa doctrine qui est la règle do la foi.
Ar.TK.LK m. — De la doctrine de l'Eglise.
2UG. Comme son divin (onda-
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leur, l'Eglise peut dire : 3Ia doctrine ne^^t pas la mienne, mais celle de celui qui m'a envoyé.
(Jean, VII, 10.) L'Eglise, en effet, bien qu'elle soilinraillible,nefait pas la vérité, elle la conserve :
Gardez le défiât, dit Saint-Paul.
(Tim. VI, 20). Sa doctrine, c'est la parole de Dieu, qui est transmise aux liommes par une double voie, par l'Ecriture et par la Tradition, dont nous allons parler dans cet article. Ce sujet est appelé par les uns la rètjlc de la foi, et par les autres, les Lieux lliéologiques.