‹ Abrégé de théologie dogmatique et moraleChapitre 44 sur 459 · De LA VERSION AU- THENTIQUE DES Saints Livres · texte numérisé non relu

De LA VERSION AU- THENTIQUE DES Saints Livres

Il existe plusieurs traductions du texte sacré. Les plus célèhres sont pour l'ancien Teslaïuenl:

1) la chaldaïque, dite aussi Tar.

gum, 2) la syriaque, 3) la version grecque des Septante, -4) les versions grecques d'Aquila, de Théodotion et de Symmaque, 5) pour les deux Testaments, les 2 versions latines: l'une, appelée ancienne ou itaUque, qui fut en usajiedès les temps apostoliques ; l'autre, plus récente, qui est notre Vuhjate actuelle. Celte dernière se compose en partie de l'ancienne italique, et en partie des traductions de St-Jérôme; elle est en usagedepuis le temps de St Grégoire le Grand. L'Eglise n'a rien défini ni pour ni contre les versions autres que les latines, mais voici le décret qu'a porté le Concile de Trente sur la Vulgate. Le saint Concile statue et. déclare que cette édition ancienne appelée Vulgate, qui a été approuvée dans l'Eglise même par le long usage de tant de siècles, soit regardée comme authentique, dans les leçons, disputes, prédications et exposifioyis publiques, et que personne, sous quelque prétexte qfie ce soil n'use

SA DOCTRINE

la rejeter, fii ne le présume.

(Ses. 4.)

"212. Le mot itiilJieiirKjne, sil'iiilie fuièle; mais àquoi s'élentl celle fidélilé? C'est controversé entre les théologiens. Sans aller contre le Concile de Trente on ne pourrait pas restreindre cette lidélilé uniquement à ce qui touche à la foi et aux mœurs; mais parmi les théologiens catholi- (|ues, les uns disent ((ue la Vulgate est fidèle dans toutes les opinions même historiques, tout en admettant qu'il puisse s'y être glissé (|uelques fautes accidentelles. D'autres soutiennent que la Vulgate est fidèle même dans les plus petits détails. Quoi qu'il en soit^ les savants peuvent recourir en sûreté de conscience aux versions autres que la Vulgate; mais il faut convenir que le décret du Concile de Trente donne à celle dernière une très grande autorité; car ce décret de l'aveu de tous estdogmalicpie, et non disciplinaire.

213. Concernant les traductions de la Bible en langue vulgaire, il faut remarquer qu'elles ne sont pas permises, à moins qu'elles n'aient été approuvées j)ar le Sl-Siège, ou publiées avec des notes tirées des Pères, ou d'auteurs savants et callioli(jues.

Celle mcb^re a été prise avec raison par la S. Congrégation de rjndex. afin d'empêcher divers abus, et en particulier le péril (le l'interprétation privée. G. t.

214. III. Dk l'I.mkuprktation 1H-; LA Sai.nte Ecritcri:. — Dans l'Ecriture, dit St Pierre, il y a des elioses dJf/iclh's à comprendre, que les 'ujnoriiiils cl les esjjrils siius li.rilé déiirarenl.

(H. Pet. m, l(i) La Sainte Ecriture a donc besoin d'être interprétée d'une manière (piien précise le vrai sens. L'art qui trace

les règles de l'interprétation des saints Livres s'appelle Iferméiienlique ; et l'appiication de ces règles en interprétant les saints Livres, se nomme Exêijèse. Or, il y a deux sortes d'interprétation, l'une scientifique que tout théologien peut donner, en suivant les règles voulues; et l'autre authentique, qui se fait par l'Eglise. Disons un mot de l'une et de l'autre.

215. 1" Be l'interprMation seieulifique. — L'élude de la Sle Ecriture est entre toutes la plus nécessaire au prêtre. L'écriture, en effet, a une autorité divine.

Rien de plus utile pour sa propre sanctification et celle des autres que de l'étudier. C'est là qu'o^ puise, comme dans sa source, la doctrine sainte. C'est pourquoi St Jérôme écrivait à Népotien : « Lisez très souvent l'Ecriture ; bien plus, que vos mains ne déposent jamais ce Livre sacré. Apprenez-y ce que vous devez enseigner, puisez-y le langage fidèle qui est selon la vraie doctrine ». Au moins laudrait-il qu'un prêtre ne passai pas lin jour sans lire en la méditant avec foi et respect une page de la Bible (1).

'JKi. Ciîlui (\ai veut «"applifiuei' avec IVuil à celle élude doil savoir: 1) combien la parole de Dieu a de sens dillërents, !2) à l'aide de quels secours on ])eul découvrir le sens véritahle. •>} quelles sont les règles de l'interprétation, 4) ([uel usage on peut faire en théologie de l'Ecriture Sainte?

■\) Des divers sens de l'Ecriture.

(x) Il y a d'abord le sens des mots seulement, qu'on appelle grammatical; il l'ait connaître \yiv quel mot d'une au-

(l) Nous nvoiis extrait de la Bible les textes les plus forts, les |iliis clairs, et les plus usilés ; et nous les avons publics, en les classant par ui-dru apliabctique sons divers litres iiratiqucs, surtout en vue de la prédication. tJu'il sor.ùl à désirer que les jeunes ))rètrcs, et les élèves des séniuiaircs, ap(piMsseut par co3ur ce pelil li'i.ueil, iiililulé SmiciUix et exempla biblica.

l'église catholique romaine

tre langue, il faut traduire un mot de la Bible. dO II y a le sens accomniodatice, qui n'est pas dans le texte sacré, il est seulement dans l'esprit de celui (jui accommode un texte de l'Ecriture à ce (|u'il pense. Le Concile de Trente blâme ceux qui font servir les textes de la Bible à des boufîbnneries, à des flatteries et autres choses semblables ; mais employer, d'une manière pieuse, naturelle et conforme à la vérité, les paroles de l'Ecriture, pour exprimer ses proiires pensées, non seulement c'est permis, mais même c'est utile et conforme à la pratique de l'Eglise (jui applique à tous les confesseurs ces mots : Il ne s'en est point trourî'de semblable à lui. et à l'usage de tous les prédicateurs qui louent les Saints, en leur appliquant des textes de l'Ecrituie. Nous n'avons rien-autre à dire sur les deux sens précédents, car l'Esprit Saint ne les a point eus en ■^ue. (c) Le sens ou la pensée que le St Esprit a eu en vue, se divise en sens littéral et en sens spirituel ou mystique. •

(a ) Le sens littéral est la pensée que le St Esprit a eue en vue, et que les paroles expriment d'une manière prochaine et immédiate. Le sens littéral s'appelle propre, s'il est signiiié par des mots qui ne sont pas pris dans un sens figuré: et il s'appelle /«eia/j/iOrique.^ si les mots sont pris dans un .sens (iguré. Les théologiens .se demandent si les mêmes mots de la Sainte Ecriture peuvent avoir plusieurs sens littéraux. Et sur celte question, il y a trois opinions différentes. Les uns affirment, les autres nient, d'autres enfin affirment pour les prophéties, et nient pour les textes dogmatiques et les faits historiques.

217. (b) Le sens mustique. c'est-àdire secret ou caché, est celui que l'auteur sacré a eu en vue, mais qui n'est pas signifié par les paroles d'une manière prochaine et immédiate, mais bien par les choses que les paroles signifient. On l'appelle aussi spirituel ou tijpique. Si ce qui est exprimé par les paroles indiiiue quelque chose, qui se rapporte à J.-C. ou à l'Eglise militante, le sens mystique s'appelle allé- (jorique. Si cela se rapporte à l'Eglise triomphante, on le nomme anagogique.

Si cela se rapporte aux mœurs ou aux vertus chrétiennes, on le désigne sous le nom de tropologiqne ou de moral.

Le St Esprit lui-même indique en un grand nombre de passages le sens mystique, et tous les Pères, tous les commentateurs l'ont exposé. Le mot de .lérusalem embrasse ces divers sens.

Pris dans le sens littéral, il signifie une ville de Palestine ; dans le sens allégo-

rique, l'Egli.se; dans le sens anagogique, le Ciel; dans le sens moral, l'àme fidèle.

218. 2) Quels sont les secours au moiien desquels on peut découvrir te vrai sens des Ecritures ? L'interprétation scientifique a. besoin du concours d'une multitude de sciences et d'arts, en particulier de la linguistique, de la critique, de la poésie, de l'histoire du peuple de Dieu, de l'histoire ancienne, de la géographie, de la chronologie, de l'archéologie, surtout en ce qui regarde les poids et les mesures, de la philosophie, de la théologie, de la connaissance des diverses traductions de la Bible et dès commentateurs anciens et modernes. Mais tout cela n'est pas nécessaire pour le grand nombre des prêtres. Il suffit pour étudier avec grand fruit l'Ecriture Sainte, d'avoir entre les mains, sur chaque Livre, un des commentateui's les plus juslenient estimés, tels que Corneille de la Pierre, Tirin et Ménochius.

219. ?>) Quelles sont les règles d'interprétation ? Nous ne donnons ici que les règles générales de l'interprétation scientifique seule ; car nous donnerons au no 223 celle de l'interprétation dogmatique. Toutes ces règles se réduisent à trois {a) Règle philologique. Il faut faire attention à la force, à la valeur des mots, d'après les lois de la grammaire et de la rhétorique.

{b) Règle logique. Le vrai sens doit se découvrir par le contexte, le but de l'auteur, les antécédents, les conséquents, les passages parallèles qui expriment la même idée avec des mots ditiférents, et par les préceptes de la logique. En voici un des plus pratiques : Les paroles doivent être prises dans leur sens propre, et non dans un sens figuré, toutes les fois que l'usage, ou les circonstairces, nu une certaine répugnance n'indiquent pas le contraire, (c) Règle historique. Il faut en cherchant le sens véritable, tenir compte de la tradition des Pères, de la fui chrétienne, des mœurs et des usages, de l'histoire sainte, de la chronologie.

220. 4) Quel usage peut-on faire en théologie de l'Ecriture Sainte ?

((f) Le sens littéral que le St-Esprit a eu d'abord en vue, peut être employé à prouver la vérité. C'est évident. Le sens mgsliqne ne peut régulièrement servir de preuve, car il est plus difficile d'acquérir la certitude que le St- Esprit l'a eu en vue ; mais s'il est prouvé par l'Ecriture elle-même, ou par la Tradition, que le St-Esprit a eu en vue ce sens, on peut dès lors en tirer un argument certain.

Page 1