‹ Abrégé de théologie dogmatique et moraleChapitre 64 sur 459 · LA TRINITE · texte numérisé non relu

LA TRINITE

qui est parfaite, parce que le terme qui procède ne fait qu'un avec la substance (Je son principe : et telles sont les processions divines.

364. P . Le Père ne -procède de personne. C'esî de foi, d'après le symbole de St Athanase :

« Le Père n'a élé fait, ni créé, ni eni,^endré par personne. » V.

n. 355. C'est pour cela qu'on l'appelle innascible et piincipe sans principe.

;i()o. Le principe est ce dont une chose lire son origine. Les théologiens distinguent le principe qiiod, c'est-àdire la personne de laquelle quelque chose procède, et le principe quo. Dans les choses créées, le principe quo se divise en éloigné et en prochain. Le principe quo éloigné, c'est la nature du suppôt, ou de la personne; le prochain, c'est la faculté par laquelle la personne opère. Quand l'homme comprend, la personne est le principe qaod; la nature «aisonnable, le principe quo éloigné, et l'intelligence, le principe quo prochain. Dans les processions divines, il est certain que la personne est le principe quod, et que la nature, ou l'essence, est le principe quo éloigné. Mais y a-t-il outre l'essence un principe gHOprochain? Lesunsle nient; les autres l'affirment, et ces derniers disent que la nature considérée comme intelligence et volonté est le principe quo prochain. Mais ils ne prennent pas l'intelligence et la volonté d'une manière absolue, mais en tant que l'intelligence est attribuée au Père, et la volonté au Père et au Fils. Il ne s'agit d'ailleurs ici qiîe du principe quod.

366. Comme le Père n'a pas de principe, il s'ensuit qu'il y a deux processions, et qu'il n'y en a que deux. C'est une vérité de foi qu'il y a deux processions, comme il est clair d'après les divers symboles ; et ces processions sont nécessaires, éternelles, substantielles, et sans changement du principe et de ce qui procède du principe. En sorte que le principe n'a qu'une priorité logique à raison de l'origine seulement, et non une priorité de temps, ni une supériorité de nature, comme il ari'ive dans les choses créées. Kn sorte que le Père s'appelle la première Personne par rapport aux autres, seulement à raison de l'origine, sans qu'il ait existé avant elles, et sans qu'il leur soit supérieur; et le Fils, dans le même sens, s'appelle la seconde Personne par rapport au St-Fsprit. Nous devons dire un mot : 1 de la procession 'lu Fils et II de celle du Saint-Esprit.

367. I. De la Procession du Fils el 1^ de la procession ellemême.

10 P. Le Fils procède du Père.

C'est de foi ; le Symbole de St Alhanase dit : « Le Fils \ient du seul Père ». Pr. Je procède de Dieu. (Jean VIFI, 4^2).

368. '^1'' De la manière dont il procède. — Il peut y avoir plusieurs manières de procéder en Dieu, comme dans les créatures.

Une de ces manières a lieu par la génération. Or, la génération, dans les choses créées, c'est l'origine qu'un être vivant lire d'un principe vivant, qui lui est uni, et auquel il ressemble par la même nature.

P. Le Fils procède du Père par une vraie génération. C'est de foi, d'après le Symbole de St Alhanase : « Le Fils n'est pas lait, ni créé, mais engendré. »

Pr. 1) Vous êtes mon Fils, el je vous ai engendré aujourd'hui.

(Heb. I, 5) ; 2) par la raison théologique. Le Père qui est la vie souveraine, conçoit une idée substantielle de lui-même, oi: le Verbe, qui, d'après la nature des opérations intellectuelles, quand elles s'exercent comme il convient, est parfaitement conforme à l'objet connu, c'est-àdire consubstanliel, intini, etc., ayant par conséquent tout ce qu'il faut pour une vraie génération.

369. II. De la Procession du Saint-Esprit, et 1° du principe de cette procession.

P. I. L'Esprit -Saint procède du Père ; c'est de foi, contre les Eunomiens, d'après le Symbole de St Athanase: « L'Esprit-Saint. ..

procédant du Père. » Pr. L'Esprit de vérité qui procède du Père. (Jean XV, 26).

370. P. 11. L'Esprit-Saint procède du Fils ; c'est de foi contre les Grecs qui.avecPhotius, nient

DIEU

la procession du Fils, qu'ils ont cependant admise dans plusieurs conciles. Le Symbole de Nicée dit du Saint-Esprit qu'il procède du Père et du Fils. Le mot F'dioque (et du Fils) a été ajouté à ce Symbole au neuvième siècle, et a été accepté par les Grecs au second concile de Lyon en 1274. Pr. Je vous enrerrai de la part de mon Père l'E!<prit de virile. (Jean XV, 25). Une Personne ne peut être envoyée par une autre, qu'aulant qu'elle en procède.

371. P. m. Le St- Esprit procède du Père et du Fih comme d'un seul principe cl par une seule spiration. C'est de foi, d'après le second concile de Lyon :

€ Nous confessons... que le St- Esprit procède du Père et du Fils, non comme de deux principes, mais comme d'un seul, non par deux spirations, mais par une seule. » Pr, Tout ce que mon Père a m'appartient, c'est pour cela que fai dit que le Sl- Espril recevra du mien. (Jean XYI, 15). La spiration duSt-Esprit appartient donc au Fils, comme au Père.

372. 2" Bu mode de procession du St-Esprit. — Le St-Esprit ne procède pas par mode de génération ; c'est de foi, d'après le symbole de St Athanase :

.( Le St-Esprit n'est ni fait, ni créé, ni engendré. » Pr. Le propre des opérations intellectuelles, c'est que l'idée soit conforme à la chose connue; mais il n'en est pas de même des opérations de la volonté. Celui qui est aimé ne ressemble pas nécessairement à celui qui aime. Sans doute le St- Esprit est semblable et même consubstantiel au Père et au Fils, comme nous l'avons dit no^ 305 et 358 ; mais ce n'est pas en vertu de la manière dont il en procède.

373. I II. Des Missions. — Donner une mission, cela suppose chez les créatures un commandement, ou un conseil; il n'en est pas ainsi en Dieu ; car aucune des Personnes n'est supérieure à l'autre. On dit cependant que le soleil envoie ses rayons, et c'est là une image des missions divines ; car elles ne sont autre chose que la procession ad intra avec une certaine manière d'exister ad extra. T. I q. 4-3, a. 1.

37-4. I. Quelle personne divine PEUT être envoyée? Le Père peut venir, mais il ne peut pas être envoyé, puisqu'une procède d'aucun autre ; le Fils peut être envoyé par le Père seul, et le St-Esprit peut être envoyé par le Père et le Fils à là fois; le St-Esprit ne peut pas envoyer.

La mission considérée ad intra est propre dans le sens actif à la personne qui envoie; dans le sens passif elle est propre à la personne qui est envoyée.

Si on considère la mission ad extra, elle a pour cause efficiente la Trinité tout entière ; comme toute œuvre ad extra. V. n" 361. Ainsi ce sont les trois Personnes, qui ont uni la nature humaine à la Personne du Verbe ; ce sont elles qui ont formé la colombe et les langues de feu, qui ont signifié la descente du St-Esprit sur N.-S. d'abord, et ensuite sur l'Eglise, mais dans ces missions la personne envoyée a eu cela de propre, qu'Elle, qui était dès le commencement dans le molide par son essence, a commencé, comme parle St Thomas, à y être d'une nouvelle manière. Ainsi avant l'incarnation, le Verbe était dans le monde in mundo erat, mais selon sa divinité. Par l'incarnation il a commencé à y être comme homme : et c'est le Verbe qui s'est fait homme et non le Père ni le St-Espril.

Et par les signes sensibles qui ont été produits par la Trinité tout entière, au jour de la Pentecôte, c'est le St-Esprit qui a été désigné et montré. Une Personne divine peut, en ellet, être désignée non seulement par un nom, mais par un signe extérieur. (V. T. 1, q. 43, a. 1 et 1).

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