III. De la conscience
Il ne faut pas confondre la conscience psychologique avec la conscience morale, par laquelle nous jugeons nos actions bonnes ou mauvaises. La conscience psychologique est un acte, par lequel l'intelligence connaît ses
opérations, comme vouloir, comprendre, ainsi que sa propre existence. Elle diffère donc du sens commun, par lequel nous ne connaissons que les sensations. Or, la conscience est un critérium assuré de certitude. Il est impossible de le nier. Celui qui dit : Je nie, je me trompe.
assure par le fait même qu'il connaît qu'il existe, qu'il nie, qu'il se trompe. Si la conscience nous trompait, il nous faudrait descendre jusqu'aux plus profonds abîmes du scepticisme universel.
18. Il est à remarquer que la conscience n'est pas une autre faculté que l'intelligence ; comme elle, en effet, elle a pour objet, non des choses sensibles, mais des choses intelligibles, car l'acte de l'intellect et de la volonté, et l'intellect lui-même sont intelligibles et au-dessus des sens, comme nous le verrons plus clairement par la suite.