‹ Abrégé de théologie dogmatique et moraleChapitre 93 sur 459 · LES CORPS · texte numérisé non relu

LES CORPS

le boi*, ou que la pierre dont on le lire, (ielle génération (|ui est opposée à la création n'est donc pas la génération proprenienl dilc, par la(|uello un ('^rc vivant tire S(in oris^ine d'un principe vivant; mais l'une et 1 autre ne peuvent avoir lieu ipie dans les siilislam-es composées, qui en produisent d'autres par la corruption.

i()i). l'iiFXVKS nu SVSTKMF. DIÎS Scor.AS-

TiyLT.s. La nature des corps nous est connue par leurs opérations. Or, pour rendre compte de toutes les opérations des corps, deux principes sont nécessaires et suflisanls, savoir, la matière et la l'orme.

l) Ib sont nécessaires : car dans les corps il y a l'unité, il y a l'action pai' la(|uelle ils engendrent et produisent des etVets sous nos yeux, etc. Il y a de plus la divisibilité, ia passivité, la privation de mouvement ; dune, à moins d'admettre à la fois dans le même [irincipe des choses contradictoires, c'est-à-dire, l'unité et la divisibilité, l'action et la passion, l'activité et la privation du mouvement, vous devez foicément admettre deux principes distincls^ l'un passif ou la matière, l'autre actif ou la forme.

:2) Ces deux principes suffisent.

car ils rendent raison des puissances passives des corps et de leurs puissan-ces actives. Ajoutez que les corps, comme tels, sont semblables aux animaux; or il est certain (pie les .animaux .sont constitués jiar la matière et par la forme ; donc les corps inanimés ont les mêmes piincipes.

470. Hemarquons en outre (|ue c'est une vérité de foi catholique que les accidents dans l'Eucliaiistie sont séparés de leur substance: donc le système des atomes, qui enseigne que l'essence des corps c'est l'étendue, est faux. Si l'étendue était de l'essence du pain. Dieu lui-même ne pourrait pas l'en séparer.

47-1. Le système dynamique, qui, niant la réalité objective de l'élenaue, enseigne iju'ellc n'est (lu'apiiarciite, enseigne pai' là-même que l'éiendue du pain n'est pas réellement dans l'Eucharistie, mais seulement dans nos yeux.

Ce qui semble aussi faux philosophiquement ; et c'est contraire au sentiment commun des Tères et des fidèles qui croient l'enseignement du catéchisme romain dont voici les paroles :

« Les accidents du pain et du vin méritent vraiment et absolument qu'on les nomme ainsi... Il est permis de voie, (dans l'Eucharistie) tous les accidents du pain et du vin. (pii. bien que n'adhérant à aucune substance, se soutiennent par eux-mêmes par la toute-puissance de Dieu. » 11 est donc

clair que l'étendue n'est pas l'essence des corps, mais un accident de la substance corporelle, et /igliara appelle cette conclusion très vraie.

il'i. ('.C|)endant, tous les [ibilosophes avouent (|ue l'aptitude à l'étendue, ou plutôt l'exigence de l'éleiiduc, appaitienl à l'essence des corps, qui, en cela, se distinguent des substances* simples. Celles-ci, en effet, loin d'exiger l'étendue, l'excluent au cimtraire.

Tout corps se compose, nous l'avons dit, de matière et de forme, et la matière est naturellement apteà l'étendue.

Articli: n. Des propriétés des corps.

4Tô. Les unes sont principales; telles sont rétendue, la divisibilité, la ligure, l'impénétrabilité, l'activité et l'unité ; les autres, secondaires, comme les couleurs, les odeurs, les saveurs, les sons, et la tactilité. ^'uus ne dirons rien de ces dernières, sinon qu'elles sont plutôt dans nos sens, que dans les substances corporelles. Les corps cependant ont en eux (|uelque chose qui agit sur nos sens pour produire en nous les sensations des couleurs, etc.

Quant aux premières, nous n'en dirons que ce qui a ([uelque rapport aux mystères de la foi. ,

474. L'étendue, ou la quanîilé continue, est cette propriété en vertu de laifuelle les corps ont des parties en deiiors des parties, toutes unies ensemble par un lien commun, qui est la lorme. Or, si on considère les parties dans l'ordre qu'elles ont entre elles, par exeiii|)le, si ou considère le cou audessus (lu corps de l'homme, et la tête au-dessus du cou, en faisant abstraction du lieu dans lequel se trouve le corps, on a l'étendue interne des dimensions du corps. Si on considère ces pai lies par rapport au lieu qu'elles occupent, on a l'étendue externe des dimensions, ou l'étendue par rap[iort au lieu. L'une et l'autre peuvent être en réalité séparées du ciu'ps par la puissance de Dieu. Les accidents, en elVet, d'après les philosophes, se distinguent réellement de la substance : et bien qu'ils aient une aptitude naturelle à adhérer à une substance qui les porte (voir n» 401), l'adhésion actuelle à cette substance n'est pas de leur essence : et Dieu peut séparer quelques-uns d'entre eux de leur substance. Et sa toute-puissance est plus capable de les soutenir, que la subs- ' tance elle-même, qui est leur sujet ordinaire. H en faut dire autant de la divisilnlitr, de Vimpènétralnlité, dd VacUvilè, de la /iijnrc. i|ui n'est autre chose que ce (pii toruiine l'étendue, ou la quantité.

DIKU CKEATEUR

'»7o. Toutefois, un sujet de Viinpéiiétrabilité. nous avons (luelques rcmai- «lucs à' faire. Tout corps occupe un espace. L'espace, c'est, dans le , sens ordinaire, la distance qu'il y a entre un corps cl un autr'c, ou l'étendue qu'il y a entre une partie d'un corps et une autre partie. L'espace suit donc l'clen- * due des dilVércnts corps, et il n'est autre chose (|ue la l'elation t]ue les diverses parties des corps ont entre elles, ou que des corps divers ont en- Ire' eux. La relation n'est qu'un accident. V. n"oi8. L'espace ne peut donc exister sans l'étendue ; et l'étendue n'existe pas sans le corps. L'espace donc que nous nous représentons avoir existé avant le monde, ou exister encore hors du monde est purement imaginaire ; ce n'est qu'un rien spacieux, comme rap|)ellc St Augustin.

47(1. Le lieu est aussi un accident des dimensions des corps. Si vous considérez la sui'face des dimensions des corps en elles-mêmes, abstraction faite des corps ambiants, vous avez le lieu interne ; si vous considérez les dimensions des corps qui en environnent un autre, et Je circonscrivent de toutes parts immédiatement, vous avez le lieu extérieur. Le lieu circonscriptil; qui environne un corps de telle sorte qu'une partie du corps soit dans une partie du lieu, et une autre partie du corps dans une autre partie du lieu, ne peut se concevoir sans l'étendue externe, puisqu'il n'est qu'un accident des dimensions externes. Mais on dit qu'un être est dans un lieu, quand il est dans les choses d'une manière quelconque, par exemple, en y agissant, ou en y existant, bien qu'il n'ait aucune dimension extérieure; et c'est alors ce que les scolastiques appellent le lieu définitif \ parce que, dans ce cas, l'être est tellement défini et fixé dans ce lieu, qu'il n'est pas dans un autre. Ainsi en est-il de l'ange, ou de l'àme humaine.

Toutefois un esprit conlienl plutôt le lieu (Ju'il n'est contenu jiarlui.

477. Les philosophes, outre le lieu circonscriptif ou définitif, distinguent encore le lieu improprement dit, viiVnhi sacramentel, propre à la Sainte Eucharistie. Le corps de J.-C. n'est pas dans le sacrement d'une manière définitive, puisqu'il dsl partout, oii il y a des hosties consacrées, et en même temps dans le ciel. A plus forte raison, il n'y est pas d'une manière circonscriptive, puisqu'il n'y a point d'étendue externe, ou par rapport au lieu. Il n'est ilonc pas dans l'Eucharistie comme dans un lieu ; et le lieu de l'Eucharistie est rempli des accidents du pain et du vin, qui occupent tout l'espace.

D'après ce que nous avons dit* au no 474, l'étendue extérieure, qui a rapport au lieu, bien qu'elle soit naturelle aa corps qui a l'étendue interne, peut être empêchée par Dieu, puisque l'essence d'un corps n'est pas dans l'étendue, surtout extérieure.

478. Par les paroles sacramentelles, la substance du pain se change en celle du corps de J.-Cl. Il n'y a donc dans ■l'Eucharistie, en vertu de ces paroles, que la substance du corps du Sauveur, mais cette substance doit être accompagnée de l'étendue interne et des autres accidents qui lui sont naturels, et qui n'ont pas de rapport au lieu, non plus en vertu des ])aroles sacramentelles, mais par la force des choses.

Quand je vois du lait dans une coupe, mes. yeux n'aperçoivent que la blancheur, mais je sais que la douceur du lait accompagne toujours sa blancheur. Les paroles sacramentelles ne me parlent que de la substance du corps de J.-C; mais je sais que cette substance ne va pas sans ses accidents naturels, qui n'ont pas de rapport à un lieu ; mais ces accidents ne sont dans l'Eucharistie, que de la manière dont la substance s'y trouve ; et la substance se trouve dans l'Eucharistie tout entière, dans une petite parcelle, comme dans une grande, comme la substance humaine est aussi entière dans un enfant, que dans un homme de haute taiUe. Il en est de même des accidents du corps de N.-S., et en particulier de l'étendue interne. Du reste, avant la Iransubslantiation, la substance du pain et du vin se trinivait aussi entière dans chaijue parcelle; mais comme nous l'avuns remarqué, ni le corps de N.-S. ni sa quantité interne, ne peuvent dans l'Eucharistie, être mesurés par le lieu : et c'est pour cela que N.-S., dans l'Eucharistie peut exercer les opérations de l'intelligence et de la volonté, mais non les opérations de la vie sensilive, qui exigent Kélendue externe:

ainsi N.-S. ne peut se mouvoir qu'autant qu'on change de place les accidents; el ainsi il ne peut rien smitTiir des agents externes, ni être divisé.

T. 3: q. 7(j ; a. 4. L. (JE. D. t. u. p.i20'f. 4)

N.-S., pour la même raison, ne peut être vu par les yeux du corps, ni par l'intelligence d'un'homme vivant, mais il peut être vu par l'intelligence d'un ange du ciel, ou d'un bienheureux.

Quand on lit dans l'histoire que l'on a vu dans l'Eucharistie N.-S. sous la forme d'un enfant, cette présence était miraculeu.se, mais n'était pas la. présence sacramentelle qui ne tombe pas sous les sens.

479. Puisque J.-C. est tout entier dans l'Eucharistie avec ses dimensions

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