‹ Abrégé des œuvres de ProudhonChapitre 117 sur 170 · FORMES DE LA SPÉCULATION · texte numérisé non relu

FORMES DE LA SPÉCULATION

L'établissement légal de la Bourse est de septembre 1724; elle se tenait à l'hôtel de Nevers. Ce sont les juifs qui ont été les créateurs des Bourses chez les nations modernes. Les transactions honnêtes ont dû céder la place à l'agiotage parasite. Le jeu, qui était l'exception, est devenu la règle. Quoi qu'il en soit, la création des Bourses a répondu dans le principe à un besoin impérieux du commerce.

La Convention nationale avait supprimé la Bourse. Le 6 floréal, an III, un décret de la même assemblée ordonna de la rouvrir. Aux termes de l'article 28 de l'arrêté du 24 septembre 1724, les particuliers qui voulaient acheter des effets publics devaient remettre l'argent aux agents de change.

La loi du 13 fructidor an III (30 août 1795) se montra plus explicite encore; défendit sous des peines très sévères (deux ans de détention et confiscation des biens du condamné) de vendre des marchandises ou effets dont on ne serait pas propriétaire au moment de la transaction.

Mais la légalité, dans la lutte contre l'agiotage, a toujours eu le dessous. L'inspecUon du gouvernement sur la

Bourse est impuissante. L'agiotage est inséparable de la spéculation sérieuse. Actuellement, sur les transactions de la Bourse, il n'y en a pas une sur dix mille de sérieuse.

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