‹ Abrégé des œuvres de ProudhonChapitre 121 sur 170 · ASSURANCE · texte numérisé non relu

ASSURANCE

Une société d'assurance n'a pas besoin de capital ; il n'y a là ni travail à faire, ni marchandise à acheter, ni main-d'œuvre à payer. Des propriétaires, en nombre aussi grand qu'on voudra, le plus sera le mieux, prennent l'engagement les uns envers les autres, chacun au prorata des valeurs qu'il veut faire assurer, de se couvrir réciproquement des pertes qu'ils auront faites par force majeure ou cas fortuit : c'est ce qu'on nomme assurance mutuelle. Dans ce système, la prime à payer par chaque associé ne se calcule qu'à la fin de l'année. Elle est variable et ne produit de bénéfice pour personne.

Ou bien des capitalistes se réunissent et oflYent aux particuliers de leur rembourser, moyennant une somme annuelle de tant pour 100, le montant des dégâts causés par l'incendie, la grêle, les naufrages, l'épizoolie, etc. C'est ce qu'on appelle assurance à prime fixe. Celle-ci souvent paye 50 pour 100 ou 150 pour 100 de dividende aux actionnaires. -

Aussi, tandis que la compagnie mutuelle pour l'assurance des bâtiments se contente de 0 fr. 15 c. par i,000, les compagnies à prime fixe ne prennent pas moins de 0 fc. 40 c. Lorsque l'esprit d'initiative aura pris son essor, l'assurance mutuelle se généralisera. Elle se fera par les cités, ou par l'Etat. Jusqu'alors il n'a rien fait, il n'en parle même pas, ce qui prouve que la démocratie jacobine n'est pas capable de mettre à exécution une réforme dans l'intérêt général du peuple. (Nous l'avons dit et nous le répétons, la mutualité doit être sociale, sans cela l'égoïsme et la crainte d'une mauvaise administration l'empêcheront de se développer.

Il n'est pas nécessaire pour notre ouvrage de donner la description des Compagnies d'assurance, qui du reste ont varié depuis la publication du Manuel, en 1857.)

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