ASSURANCES
Prenons comme exemple les compagnies mutuelles d'assurances. Elles devraient être organisées par la commune, par la cité ou par l'Etat, car les sociétés d'assurances actuelles exploitent les assurés en leur faisant payer des primes trois fois trop élevées. L'assurance doit devenir un contrat entre les citoyens et doit recevoir immédiatement sa pleine et entière application. Voilà ce que la conscience du peuple demande, et ce que rejette la bourgeoisie.
LA LOI DE l'offre ET DE LA DEMANDE — CORRECTION DE CETTE LOI PAR LE PRINCIPE DE MUTUALITÉ
La loi de l'offre et de la demande est la lutte inégale du capital qui peut attendre, contre le salarié qui ne peut attendre; loi menteuse, loi immorale propre à donner la victoire au fort contre le faible, à celui qui a, contre celui qui n'a pas. Nous possédons le droit de propriété, le droit d'entreprise, le droit de concurrence ; nous avons même depuis peu le droit de coalition et de grève; nous demandons des lois de maximum (pour établir une moyenne) qui sont essentiellement révolutionnaires; l'instinct du peuple le veut ainsi, et cet instinct est éminemment juridiqueet judicieux. — Combien d'heures doivent travailler les ouvriers et combien doivent-ils gagner? Combien doivent coûter le crédit et le loyer? L'ofïre et la demande, répond Malthus. Mais nous voulons des extrêmes et une moyenne. Pas plus que le froid et le chaud, nous ne trouverons la justice complète; mais la moyenne est le point où se rapproche le plus grand nombre. C'est donc la moyenne que la classe ouvrière devra indiquer pour faire la loi quand on voudra vraiment établir le prix de revient. La qualité de la marchandise doit être déclarée par le vendeur.
Surveillez sévèrement l'offre, créez des laboratoires,
VOUS ferez de la mutualité ; voilà la loi de justice. Combien de marchandises donneraient lieu à réclamations, si cette règle mutuelliste leur était appliquée? Peut-être les trois quarts. Les pertes supportées par le public, du fait de cette tromperie, sont incalculables; elles ne cesseront que devant une puissance réformatrice.