‹ Abrégé des œuvres de ProudhonChapitre 164 sur 170 · DÉMOCRATIQUE · texte numérisé non relu

DÉMOCRATIQUE

L'instruction du peuple, telle qu'il a droit de l'obtenir, est incompatible avec la centralisation. Ni cléricaux, ni libéraux, car les vrais principes sont méconnus par tout le monde, soit par le pouvoir, soit par Topposilion : un gouvernement centralisé ne veut laisser rien faire en dehors de son initiative. Ce que ne faisait pas l'Empire, la République fait payer patente aux instituteurs libres au lieu de les indemniser, les encourager. Quelle est, et quelle sera donc la condition de l'enseignement mutuellisle et libre? C'est une éducation sérieusement libérale, à la hauteur du suflrage universel, et qui concoure à entretenir un certain niveau entre les capacités, les conditions et les fortunes. Hors de là, l'enfant envoyé aux écoles ne sera toujours qu'un jeune serf dressé pour la servitude, au mieux des intentions et de la sécurité des classes riches. L'enfant ne connaît pas un mot d'histoire contemporaine : son instruction morale et civique est absolument fausse. Or, nous voulons des travailleurs civilisés et libres. Pour l'instruction des enfants pauvres, il faudrait un budget de 1,500 millions; cela est impossible ; le maître a souvent quatre-vingts ou cent élèves dans une classe ; mais avec un système mutuelliste cela devient facile; ce qui se faisait se fera mieux, avec plus d'ensemble et d'intelligence, et à moins de frais. Jusqu'à 7 ans, le père de famille doit subvenir aux frais d'éducation ; cette faculté lui est garantie par la réforme économique. A partir de l'âge de 7 ans jusqu'à 18, la plus grande liberté est laissée aux parents et aux communes, l'Etat n'intervenant qu'à titre auxiliaire, là où la famille et la commune ne pourraient atteindre le but. En joignant l'apprentissage à l'instruction, le produit du travail de la jeunesse compenserait les frais d'instruction qui, à partir de 15 ans, ne coûteraient ni à la famille, ni à la commune, ni à

l'Etat. La garantie du travail et de l'échange est incompatible avec le système unitaire ; la centralisation politique et la féodalité capitaliste sont alliées contre l'émancipation des travailleurs et le progrès de la classe moyenne, surtout pour l'organisation de l'instruction libre.

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