DROIT AU TRAVAIL ET A LA PROPRIÉTÉ
De tous les droits de l'homme et du citoyen, celui auquel les classes ouvrières tiennent le plus, et avec raison, parce que de lui dépendent leur subsistance et la liberté, est le droit au travail, ou la garantie du travail et de la propriété ; mais un gouvernement unitaire, anti-mutuelliste, est incapable de le faire. Il faudrait pour celadiminuerles frais d'Etat ou impôts, frais de banque, de change, de commission, de circulation, de crédit. Au lieu de cela, nous avons l'augmentation de l'impôt et des loyers, c'està-dire de la main-d'œuvre qui paye l'impôt et du taux d'escompte ; augmentation du traitement des fonctionnaires, etc. Dans quelles conditions un pays peut-il nourrir le plus grand nombre d'habitants, en ménageant à tous la plus grande somme de bien-être possible? C'est quand tout le monde est propriétaire, que les fortunes sont le plus égales, et que chacun travaille.
La France actuelle compte cinquante-quatre millions d'hectares de superficie toute productive. Une famille de cinq personnes peut vivre avec quatre ou cinq hectares environ ; dix millions de familles ou quarante millions d'habitants à la campagne pour un tiers de population industrielle, fonctionnaires et armée. Ce qui ferait cinquante à cinquante-cinq millions de personnes pour la France entière. Pourquoi la France ne compte-t-elle que trente-huit millions d'habitants? Pourquoi ce déficit? — Parce que les propriétaires sont en minorité, que les ^ fortunes sont trop inégales et que trop de gens ne tra- J vaillent pas ou se livrent à un travail improductif. La
grande propriété, en un mot la féodalité capitaliste, en est cause.
Une famille de cultivateurs peut vivre avec un hectare de terre par personne et payer l'impôt, mais une famille vivant de ses fermages ne peut vivre avec cette superficie sans travailler; il lui en faut dix fois plus. Donc il faut généraliser la propriété pour que le travail soit garanti.
C'est par l'organisation mutuelle du crédit que le cultivateur pourra se procurer la terre et en donnant à chacun, à sa majorité, la facilité par le crédit de se procurer l'hectare de terre, soit 6,000 francs par personne environ, qui lui est nécessaire pour vivre ou se libérer de l'hypothèque actuelle qui le ruine. Ce sera le patrimoine insaisissable pour tous et la dot pour la jeune fille.
Pour l'ouvrier de Tindustrie cette somme servira à l'acquisition des outils, ou pourra lui servir de cautionnement dans Tassociation.
Ce prêt serait augmenté de la même somme pour chaque enfant à élever. Cette avance de crédit se fera à titre de cautionnement.