‹ Abrégé des œuvres de ProudhonChapitre 2 sur 170 · AVANT-PROPOS VII · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS VII

qualre-vingts sections rendues autonomes ; il redeviendra le centre intellectuel du monde, le foyer de la liberté des peuples.

La France non plus ne vit pas, mais elle n'est pas morte, elle est chloroformisée parla centralisation : réveillons la par la fédération des cités autonomes ; elle sera forte et pourra de nouveau rayonner sur le monde. Pour faire une France républicaine, il faut faire des citoyens et des cités libres.

Je suis bon Français, nationaliste comme on disait en i848, chauvin si vous voulez, parce que j'aime le soleil de la liberté qui s'est levé dans mon pays ; mais je suis humanitaire comme Proudhon, et je demande avec lui la confédération des peuples, afin de pouvoir supprimer les armées permanentes, et arriver à la paix universelle.

Je ne suis pas un diplomate ni un soldat; cependant j'admire ceux de 1792, qui ne traitaient pas avec l'ennemi occupant le territoire ; et je voudrais voir organiser la victoire, avec les 362 corps d'armée des arrondissements français, commandés par des généraux choisis comme ceux de la première République, en attendant le désarmement général.

Je suis fils d'agriculteur, je m'en vante, et je soutiens les paysans, qui nous font vivre, qui nous donnent la santé, la moralité et la force.

Je ne suis pas communiste, parce que je déteste le despotisme sous toutes ses formes, môme fraternitaire. Je suis socialiste, car je veux des comptes

VIH AVANT-PROPOS

exacts, même avec l'étranger. Je demande que le travail ait son compte, c'est-à-dire tout le revenu, et que la propriété individuelle soit sacrée; mais qu'elle ne puisse se créer et stî renouveler que par le travail ; ainsi réduite, elle aura encore la meilleure part, mais elle sera généralisée. J'aime le peuple, mais plus encore je déteste les lâches, les traîtres et les voleurs.

Voilà ma réponse, et ma profession de foi 1 En 1789, au moment de la Révolution, le Tiers- État savait ce qu'il voulait ; il avait depuis longtemps tracé le plan de la réforme qu'il méditait ; en un mot, il avait établi ses cahiers électoraux pour les États- Généraux à venir, tandis que le peuple aujourd'hui n'a rien de prépare.

Il ne sait oij aller. Il ne peut plus suivre avec confiance les radicaux qui l'ont mille fois trompé, qui l'ont trahi d'une manière cynique au profit des opportunistes et même des royalistes. Il ne veut pas et ne peut pas non plus s'égarer dans les chemins allemands qui le mèneraient à la dictature du collectivisme et du communisme réactionnaire. Et, si, dans une lutte suprême, qui peut être même provoquée par la réaction, le pouvoir lui incombait, n'ayant aucune organisation pour la rédaction de son Contrat social, de sa Constitution future, il serait fatalement obligé de tomber encore une fois dans les bras d'un sauveur, d'un dictateur. La Révolution, comme celle de 1848, pourrait s'appeler la Révolu-

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