‹ Abrégé des œuvres de ProudhonChapitre 6 sur 170 · XII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XII AVANT-PROPOS

charité et à la fraternité, dans la Constitution, la mutualité et la solidarité sociale.

Il commence ainsi sa déclaration de principes : « Tout pauvre est de ma famille ». Eh bien, oui, il a prouvé pendant toute sa vie qu'il est bien le parent et l'ami des pauvres et des travailleurs II est né pauvre, il a vécu et il est mort pauvre, car, par les moyens honnêtes, déclare t-il, il n'a pas pu arriver à la fortune.

Il faut le suivre dans toute son œuvre, parce qu'il a travaillé longtemps à la critique du système autoritaire et usuraire de son époque, avant de formuler ses conceptions égalitaires et socialistes. Si on ne le possédait entièrement, on pourrait laisser dire à tort qu'il s'est souvent contredit, qu'il a varié dans sa doctrine, tandis qu'il a toujours développé la môme thèse : la liberté et la justice.

Il a d'abord fait la critique de la propriété, puis la critique de la politique et de l'économie politique actuelles, et ensuite il a donné une doctrine, une règle exacte pour établir enfin une Constitution politique et socialiste.

Il a aussi traité avec un génie supérieur différentes questions de politique étrangère : la guerre de Crimée, la restauration d'une Pologne aristocratique, l'unité de l'Allemagne, qu'il considérait comme un malheur universel, et enfin la question italienne; contre tous les démocrates, il combattait l'unité de l'Italie, qu'il regardait aussi comme un malheur pour

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