QUESTION ITALIENNE
Dès le commencement, j'ai refusé de me rallier à l'idée d'une intervention de la France en Italie, parce que je ne croyais pas que la liberté pût venir aux Italiens d'une main impériale, et parce que je voyais que le premier acte de cette puissance serait antagoniste de son alliée. Ceci n'était pas en moi l'effet d'une divination ; c'est tout simplement de la logique, de la psychologie
LA FÉDÉRATION ET l'uNITÉ DE l'iTALIE 125
internationale. L'Angleterre a soutenu la dernière entreprise de Garibaldi, et on peut prévoir que Yictor-Emmanuel, toujours sur les instances de l'Angleterre, saisira une occasion favorable de reprendre pour son compte Tœuvre de Garibaldi.
Je ne vois à cela qu'un remède également indiqué par les circonstances ; c'est que le parti fédéraliste, dont les éléments sont si nombreux en Italie, et qui représente véritablement la liberté, la république, le droit, le progrès, rompant hardiment avec l'utopie de Cavour, Mazzini et Garibaldi, reprenne l'œuvre de la confédération italienne, en s'appuyant sur les fédérations de l'Europe, directement intéressées au succès de cette évolution nouvelle, et auxquelles ne peut manquer de se joindre tôt ou tard tout ce qui reste, dans les grands Etats, de républicains, de démocrates et de socialistes, dont les tendances doivent être dans le sens fédératif. En suivant cette voie, le parti de la Révolution devient, par la seule vertu de l'idée, arbitre de la politique européenne.