‹ Abrégé des œuvres de ProudhonChapitre 78 sur 170 · QUATRIÈME MÉMOIRE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME MÉMOIRE

« J'ai promis en 1840, j'ai renouvelé ma promesse en 1846, de donner une solution du problème de propriété, je tiens parole aujourd'hui ». Ainsi parle Proudhon dans la préface de sa théorie de la propriété.

A mon tour de la défendre, cette propriété, non contre les phalanstériens, les communistes qui ne sont plus ; mais contre ceux qui prétendent l'avoir sauvée en décembre 1851, qui la perdent depuis.

Le communisme n'a jamais été accepté en France ; ni en 1848, ni en 1789, ni en 1793. Il n'y a qu'une poignée de sectaires (conduits aujourd'hui par des étrangers, ennemis de la France, de la liberté et de la révolution.)

Quand j'ai dit : « La propriété, c'est le vol », j'avais bien soin de protester contre toute conclusion communiste. J'ai aussi ajouté : « La propriété, c'est la liberté ».

Gomment la société peut-elle aider les travailleurs agricoles? En organisant le Crédit foncier gratuit, en réorganisant le monopole de la Banque de France et le crédit gratuit pour tous. Exemple : Un paysan a 5,000 francs, il achète un immeuble de 15,000; le Crédit foncier lu prête la différence sans intérêts, c'est-à-dire à 1 pour 100 pour frais généraux, ou autrement dit au prix de revient.

D'un autre côté, la plus-value crée ceci ; je loue 1,000 francs un terrain de 20,000, j'augmente la valeur de 3,000 francs; le propriétaire, au lieu de me récompenser, augmente mon loyer de 500 francs par an ; est-ce juste ?

Au moyen âge, l'Eglise a condamné le prêt à intérêt avec saint Ambroise et les conciles; elle devait aussi condamner l'intérêt de la terre ; c'eût été de toute justice ; mais la plus grande partie était possédée par la noblesse et le clergé.

Il faut faire cesser la distinction de bourgeois et de plèbe, de capitalistes et de salariés, d'ouvriers et de maîtres, en décrétant le crédit obligatoire dans le contrat social ou la Constitution de 4° Etat.

Rien ne doit entraver, limiter, restreindre, conditionner Taction et la jouissance du propriétaire, sans cela il n'y a pas propriété, pourvu qu'on ne fasse pas un usage prohibé par la loi et les règlements (art. 544, Code civil); mais la loi doit interdire l'aubaine ou le loyer.

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