DE L'UTILITE DE LA CÉLÉBRATION DU DIMANCHE
CONSIDÉRÉE SOUS LES RAPPORTS DE l'hYGIÈNE PUBLIQUE^ DE LA MORALE, DES RELATIONS DE FAMILLE ET DE CITÉ
Cette petite brochure, publiée par Proudhon en 1839 pour le concours de l'Académie de Besançon, est très instructive au point de vue de la loi de Moïse sur le sabbat, et de l'organisation du gouvernement des Hébreux.
La religion chrétienne n'a rien changé à la loi de Moïse pour le repos, si ce n'est le jour : au lieu de fêter le samedi, on reporte la fête du repos au dimanche afin de séparer les deux religions et d'honorer la résurrection du Christ.
Disons tout de suite que Proudhon approuve entièrement cette prescription, cette loi du repos, à tous les points de vue.
Gomme division du travail et du repos, il approuve six jours de travail, et le repos du septième jour — huit jours seraient trop, et six jours, trop peu. C'est l'objet le plus vaste, le plus universel que peut embrasser la pensée d'un fondateur de nation.
Quel plus beau spectacle que celui de tout un peuple assemblé pour les devoirs de son culte, pour la célébra-
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tion des grands anniversaires ! Un tel spectacle est du goût de tout homme.
La loi dit : « Ta ne feras aucune œuvre, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bœuf, pi ton âne, ni ta bête de somme, ni l'étranger qui habite entre tes portes. »
C'est une loi essentiellement démocratique sous le rapport de rhygiène publique, de la morale, des relations de famille et de cité. Les travailleurs feront bien delà respecter, absolument comme ils ont raison de poursuivre la limite des heures de travail à huit ou neuf heures dans les grands ateliers et manufactures.
Il est inutile d'entrer dans de plus grands développements sur cette brochure, qui nous donne surtout l'esprit des lois sociales de Moïse.
Disons seulement un mot de la propriété chez les Juifs, Elle n'existait pas comme aujourd'hui en France ; elle ne pouvait être vendue ou hypothéquée que pour un certain temps, après quoi elle retournait à la famille. C'était une vente à réméré. Les dettes étaient abolies tous les cinquante ans.
Proudhon, au moment où il écrivait cette brochure, étudiait le régime de la propriété et il s'était d'abord prononcé pour le principe de Moïse : la propriété limitée à la possession, parce qu'il apercevait tous les inconvénients de la propriété et tous les crimes qu'elle entraine pour se former indûment par la rente, parle fermage, etc. Du reste, dans la théorie de la Propriété (1" Mémoire), nous avons vu ce que Proudhon en pensait. Mais un peu plus tard, il veut qu'on supprime l'intérêt, le loyer à intérêt de la terre et de toute la propriété, et que l'on généralise la propriété en la rendant accessible à tous par le travail.