‹ Abrégé des œuvres de ProudhonChapitre 91 sur 170 · LE JUIF · texte numérisé non relu

LE JUIF

Le Juif, par tempérament anti-producteur, n'est ni agriculteur, ni industriel, pas même vraiment commerçant. C'est un entremetteur, toujours frauduleux et parasite, qui opère, en affaires comme en philosophie, par la falsification, la contrefaçon, le maquignonnage. Il ne sait que la hausse et la baisse, les incertitudes de la récolte, le hasard de l'offre et de la demande. Sa politique en économie est toute négative, tout usuraire. C'est le mau-i vais principe : Satan, Ahriman, incarné dans la race de Sem, et qui a déjà été exterminé à Tyr et à Carthage. Nous qui les voyons maintenant à l'œuvre (en 1864 et en 1897) s'emparer, de connivence avec les princes, de la richesse la plus essentielle des peuples, dominer les na-

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lions par la Banque et la Bourse, nous sommes à même de comprendre Taction qu'ils exercent de tout temps, sur l'Empire par la corruption.

La propagande chrétienne, au contraire, était basée sur la fraternité, mais elle dégénéra bientôt. Saint Paul soutenait que les bonnes œuvres ne suffisaient pas sans la foi et ne venaient qu'après la foi. Tandis que la doctrine de Jésus-Christ, soutenue par saint Pierre et les autres disciples contemporains de Jésus-Christ, était que les bonnes œuvres, spontanément et librement accomplies, sans influence ni du précepte, ni de l'intérêt, mais par la seule conformité de la conscience à la loi sociale, étaient suffisantes; donc, la morale est tout, la foi n'est rien. C'était la doctrine de Jésus et de Pierre. C'est la doctrine de la liberté de penser, de l'indifférence philosophique, de la tolérance religieuse, la vraie doctrine politique et sociale! Le christianisme consistait donc en ceci : que le& œuvres sont supérieures à la foi, et que toutes les formes du culte ne sont qu'un symbolisme variable servant à inculquer et à représenter la morale. Mais saint Paul ne peut s'élever à cette hauteur ; pour lui le précepte moral devrait venir après la foi.

Les premiers chrétiens se gouvernaient sans représentants; les réunions avaient un bureau, un président chargé de la pourvoyance et de l'exécution; mais l'Eglise se gouvernait par la délibération en commun de tous les anciens; pendant cinquante ans, pas la moindre hiérarchie dans l'Eglise.

(C'est bien la doctrine sociale par excellence, qui doit nous guider pour l'organisation des libertés communales et la fédération des cités et des peuples.) Mais à partir de la mort des apôtres en 68 et 71, la corruption de la morale du Galiléen introduit dans l'Eglise les observances à la place de la vertu. La hiérarchie épiscopale remplace la liberté dans l'Eglise; les vérités pythagoriciennes et monacales sont substituées à la grandeur d'âme et à l'amour du prochain. A partir de ce moment, les évêques se rap-

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