‹ Abrégé du véritable esprit de St. François de SalesChapitre 21 sur 52 · DB LA MORT · texte numérisé non relu

DB LA MORT

ARTICLE PREMIER

si.

Considérations sur la crainte de la mort.

Voici comment saint François de Sales exhorte, dans une de ses lettres , une personne qui avait une grande frayeur de la mort :

« Quoiqu'il n'y ait aucun péché dans la crainte » de la mort , il y a cependant du dommage pour » le cœur qui , troublé de cette frayeur » ne peut ■> pas s'unir aussi bien par amour avec son Dieu , » qu'il le ferait , s'il n'était pas si fort tourmenté. » Mais je vous assure que si vous persévérez dans » les exercices de dévotion que je vois que vous » faites , vous vous sentirez petit à petit fort soulao gée de ce tourment, parce que votre âme se trou- » vant ainsi exempte de mauvaises affections , et » s'unissant de plus en plus à Dieu , elle sera moins

* Supplément a Ytotrod. à ta Vie dévole, part, f , chap. 13,

DE S. FRANÇOIS DE 8ÀIXS. hi

» attachée à cette vie mortelle et aux vaiues coin- » plaisances que l'on y preqd. Continuez donc en » la vie dévote selon que vous l'avez commencée , » allez toujours de bien en mieux dans le chemin « où vous êtes , et vous verrez que dans quelque » temps ces terreurs s'affaibliront et ne vous inquiè- » teront pins si fort.

» Pensez souvent- à la grande douceur et misé- » ricorde avee laquelle Dieu notre Sauveur reçoit » les âmes en leur trépas quand elles se sont con- » fiées en lui pendant leur vie, et qu'elles ont tâché » de le servir et aimer chacune en sa vocation. Oh l » que vous êtes bon ; Seigneur , à ceux qui ont le » cœur droit t

» Relevez, souvent votre cœur par une sainte » confiance , envers notre rédempteor , accompa- » gBée d'une profonde humilité. Dites-foi , par » exemple : Je suis misérable 9 Seigneur , et vous » recevrez? ma misère dans 4e sein de votre misé» » ricorde $ vous me tirerez par votre main patèr- » mile, à la jouissance de votre héritage. Je suis

• pauvre et abject ; mais vous m'aimerez en ce » jour-là , parce que f ai espéré en vous et qUej-ai » désiré être vôtre.

» Excitez en vous te plus qae vous poùWez l'a- » mou r du paradis et de la vie céleste, et faîtes pta- » sieurs considérations sur ce fojet , telles que cel- » les qui sont marquées au livre de t Introduction » A la vie dévote 9 en. la méditation- de la gloire du

* ciel et du choix du paradis ; car à mesure que

A2 VÉRITABLE fcflhtlt

» vous estimerez et aimerez la félicité étemelle,

» vous aurez moins d'appréhension de quitter cette

» vie mortelle et périssable.

» Faites souvent des actes d'amour ettven notre

» Dame , les saints et les anges. Habttuez»vofts à vi-

• vre avec eux , leur adressant souvent de$ paro* » les de louange et d'amour ; car ayant beaucoup » d'accès vers ces citoyens de la céleste Jérusalem , » vous aurez moins de regret de quitter ceux de la » terrestre ou basse cité du monde.

» Adorez souvent, louez et bénissez la très-

» sainte mort de notre Seigneur crucifié , et met-

» tez toute votre confiance en ses mérites par les-

» quels votre mort sera rendue heureuse. Dites

» souvent : O divine mort de mon aimable Jésm,

» vom bénirez la mienne , *et elle sera bénie. Je

» vous louerai et vous me bénirez, ômortpluêai-

» mable que la vie 1 Ainsi saint Charles , en la ma-

» (adie dont il mourut , fit mettre devant ses yeux

» Fimage de la sépulture de notre Seigneur , et

» celle de la prière qu'il fit au mont des Olives,

» quand H sua sang et eau. Heureuse invention de

» ce saint pour s'animer et se fortifier en ce dernier

» passage par la pensée de la mort et la passion de

» son rédempteur !

» Faites quelquefois réflexion que vous êtes fille

» de l'Eglise catholique , réjouissez-vous-en ; car

» les enfants de cette mère , qui désirent de vivre

» selon ses lois , meurent toujours bienheureux ;

• et, comme dit sainte Térèse , c'est une grande

DE S. FRANÇOIS DE SALES» t\ S

» consolation à l'heure de la mort d'être fille de » notre mère la sainte Eglise.

» Finissez toutes vos prières avec confiance , en » disant par exemple : Seigneur , vous êtes mon » espérance ; c'est en voué que foi jeté ma con- » fiance. O Dieu 9 y a-t-i/ jamais eu personne gui, 9 ayant espéré en vous , ait été confondu ? J'es- » père en vous , Seigneur, et je ne serai point » confondu éternellement,

» En vos oraisons jaculatoires pendant la jour- » née, et en ta réception- du très-saint Sacrement , » usez toujours de paroles d'amour et d'espérance » envers notre Seigneur , comme : Fous êtes mon » père et mon roi. Mon Dieu , vous (tes l 9 époux » de mon âme ! O aimable Jésus , vous êtes mon » cher maître , mon secours y mon refuge ! »

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