‹ Abrégé du véritable esprit de St. François de SalesChapitre 23 sur 52 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

hV. FVMATOISB.

ARTICLE PREMIER

Des souffrances du purgatoire.

L'opinion de saint François de Sales était que nous pouvons tirer de la pensée du purgatoire plus dé consolation que de crainte.

Il est vrai que les tourments y sont si grands, que

les plus extrêmes douleurs de cette vie De peuvent leur être comparées ; mais aussi les satisfactions intérieures y sont telles, qu'il n'y a point deproepérité ni de contentement sur la terre qui les puisse égaler; en sorte que y tout bien pesé, leur état est plu» désirable que redoutable.

ARTICLE SECOND

De la' prièré'pour tes morts.

Oir demandera peut-être pourquoi Ton recommande tant de prier pdurles morts* puisque d'après ce qui a été dit d&o* l'article précédent, levâmes du ptfrgfrtoïre sont ^aus un état qui semble plus digne d'entié que déf pitié.

Il faut répondreque*i nous les consi dér ons par rapport fcrtix pertes du sens qu'elles #>rou*«t, et par rapport àf la privation de la vue' de Dieu fleurs douleurs ûous inspireront de la pitié , et cette pitié nous portera à procurer leur délivrance par des prières, des aumônes, des jeûnes et d'autres bonnes œuvres. Cette cONnpttSfcion nous servira de fin prochaine peur nous excitera les secourir. Biais il ne faut pas oublier que la 4n denrière et souveraine de toutes les œuvres que nous faisons pour le soulagement des défunts, doit être? comme dans toutes nos autres œuvres , la gWre de Dieu. C'est lui qui nous a recommandé d'aimeÉvnotre prochain comme nous-mêmes ; il est gtorifié par l'obéissance que m>*$ toi rendons en toisant pour le* défunte ce que

1M) VÉfclTABLE ESPRIT

nous fondrions que Ton fît pour nous, si nous étions à leur place. II est glorifié encore par la délivrance de ces âmes qui, étant tirées de leur prison et transférées dans la gloire du paradis , le louent dans un état plus parfait et d'une manière plus excellente.

Saint François de Salesavait coutume dédire que dans la prière pour les morts on exerce toutes les œuvres de miséricorde. On en compte quatorze espèces , dont sept sont corporelles et sept spirituelles. Voici comment il expliquait sa pensée.

N'est-ce pas en quelque façon visiter les malades, que d'obtenir par nos prières le soulagement des âmes du purgatoire ? N'est-ce pas donner à boire à ceux qui ont une si grande soif de la vision de Dieu, que de leur donner part à la rosée de nos prières? N'est-ce pas nourrir des affamés , que de hâter leur délivrance par les moyens que la foi nous présente ? N'est-ce pas vraiment racheter les prisonniers, que de les tirer de la prison du purgatoire? N'est-ce pas revêtir les nus , que de leur procurer un vêtement de lumière ? N'est-ce pas une insigne hospitalité , que de procurer leur introduction dans la céleste

Jérusalem ? Ne rend-on pas un plus grand service en mettant des âmes au ciel , qu'en ensevelissant des corps et les mettant en terre? Voilà pour les œuvres de miséricorde corporelles.

Quant aux spirituelles, n'est-ce pas une œuvre qui conduit au bien spirituel du prochain , comme celles de donner conseil aux simples , de corriger ceux qui manquent à leur devoir, d'enseigner les

ignorants , de pardonner les offenses , de supporter les injures /de consoler les affligés ?

ARTICLE TROISIÈME

Du souvenir des trépassés.

Saint François de Sales , lorsque la mort avait enlevé quelqu'un de sa connaissance , avait grand soin dédire du défunt tout le bien qu'il en savait , et de recommander cette âme aux prières de chacun ; son mot ordinaire était : « Nous ne nous souve- » nons pas assez de nos chers trépassés ; et la preuve » qu'on ne s'en souvient pas assez, c'est qu'on n'en » parie pas , on se détourne de ce discours comme d d'une conversation funeste, on dirait que leur » mémoire pérît pour nous avec le son des clo- » ctaes. »

Il est avantageux de parier de leur mort , car ces discours entretiennent dans notre esprit la salutaire pensée de la mort et du jugement , et nous rappellent aussi le soin que nous devons avoir de prier pour eux. Ne craignons point d'ouvrir notre cœur avec une sage modération aux sentiments de tendresse et de douleur que le souvenir de leur perte peut nous inspirer.

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