‹ Abrégé du véritable esprit de St. François de SalesChapitre 28 sur 52 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Modèle de prière d w les paroles de ta s ait te Vierge lors des

ofHBesd«.Can«.

Dans un de ses sermons , saint François de Sales eomnteitteu avec autantdft clarté que d'onction , le préetau modèle de prières qqe nous offrent les paroles adressées par la Mère de Dieu à son divin Fils en rue du besoin où se trouvaient les époux de Cana.

« La sainte Vierge usa, dit-il , de la plus courtes » mais de la plus haute, la plus excellente et la • plus efficace prière , en disant seulement ces pa- » rôles : Mon fils, ils n'ont point de vin.

» Vous êtes , voulait dire cette sainte mère , si » doux et si charitable , vous avez un cœur si clé- » ment et si plein de pitié ; condescendez , s'il vous » plaît , à mon désir , et faites ce dont je vous prie » pour ces pauvres gens. Prière certes très-excel- » lente , car elle parle à notre Seigneur avec le plus

* Supplément de Y Introduction à la Vie dévote, part. 7, ch. 1.

grand respect et la plus grande humilité qui se paisse imaginer jjelje va à loi , jmh avec arrogance , ni avec des paroles pleine* de présomption, c<mq& U&t plwçnn pmQUfkeèiQdificrb- XM et inconsidérées ; mais elle toi représente *vec une trè*-profende humilité 4a nécessité de ses épwx , tenant ponr assuré qu'il y pourvoira.

» Oh ! que c'est une eiceilente jnaoièrede prier, que de te borner à représenter simplement ses besoins ,à *otce Seigneur ., et ensuite le laisser faire , nous tenant assurés -gu'jl y pourvoira , now<aMtfentant de Jui dire ; Seigneur , voici voire pau*re créatuee désplée et affligée* pleine de *écfa*reases.et 4'aridUés , remplie de misères et de ftfobés,; mais tous sam bien ce dont j'ai besoin ; #1 me suffit «de vous représenter ce que je suis ; c'est à vous 4e «pourvoir à mes misères selon qu'il vous plaira !

• Je sais bien qu'on peut demander à Dieu nonseulement les besoins spirituels , mais aussi les temporels ; il n'y a pas de doute que cela ne se puisse et .ue se doive faire. Notre Seigneur nous l'a lui-flrême enseigné en l'Oraison dominicale , dans laquelle nous demandons tops les jours premièrement que le règnede Dieu arrive, comme le but et la fin à laquelle nous tendons ; et ensuite que sa sainte volonté soit faite, comme l'unique moyen pour nous conduire à cette fin «et à cette béatitudes mais, 4>mre cela, nons. faisons encore

une autre demande à Dieu, c'est qu'il nous donne

98 v VÉRITABLE ESPRIT

» notre pain quotidien. La sainte Eglise a aussi des

» prières particulières pour demander à Dieu les

• choses temporelles , ayant des oraisons propres » pour demander la paix en temps de guerre , la » pluie en temps de sécheresse et le beau temps » dans les trop grandes pluies. Bien plus , il y a » des messes toutes particulières pour les temps de 9 contagion et pour d'autres nécessités*

• » Vous voyez donc qu'il est indubitable que Ton

» peut et doit demander à Dieu ses besoins tempo-

» rels aussi bien que les spirituels , et cela en deux

» manières : l'une, comme fit la très-sainte Vierge ,

* en lui exposant simplement nos besoins ; l'autre , » en lui demandant qu'il nous donne telle ou telle » chose , ou qu'il nous délivre de tel ou tel mal ; » toutefois avec cette condition qu'il fasse en cela » sa volonté et non la nôtre. »

ARTICLE SECOND, Conditions pour bien prier.

Saint François de Sales expose en, ces termes, dans un de ses sermons, les conditions de la prière :

« La première condition pour bien prier est d'ê- » tre petit par l'humilité ; la seconde , d'être grand » par l'espérance ; la troisième, de s'appuyer. sur i» Jésus crucifié. •*

Première condition de la prière : l'humilité.

« L'humilité n'est autre chose qu'une mendicité > spirituelle dont notre Seigneur parle à ses Apô-

t)E S. FRANÇOIS DE SALES. 99

» res, quand il leur dit : Bienheureux les mendiants » d'esprit , car à eux appartient le royaume des » deux. Je sais bien que la plupart des Pères qui » interprètent ces paroles , disent : Bienheureux » les pauvres d'esprit ; mais ces deux interpréta* » lions ne sont pas contraires. Car tous les pau- • vres sont mendiants , s'ils ne sont orgueilleux ; » et tous les mendiants sont pauvres, s'ils ne sont » avaricieux,

» Il faut donc , pour bien prier , que nous re- » connaissions que nous sommes pauvres ; nous devons faire comme les tireurs d'arbalète quand ils veulent décocher un grand trait; car plus ils veulent atteindre haut > plus ils tirent la cordç de leur arc en bas. De même» si nous voulons que notre prière aille jusqu'au ciel , il faut que nous tirions la corde de notre cœur jusqu'à terre par la considération de notre néant. Et comme nous voyons que les grands princes, lorsqu'ils veulent n faire monter une fontaine au plus haut de leur palais , ont soin de faire prendre la source de l'eau en quelque lieu fort élevé ; ensuite on la conduit par des tuyaux , et on la fait descendre aussi bas qu'ils le veulent pour la faire monter à la hauteur qu'ils désirent, car autrement l'eau ne monterait jamais ; et si vous leur demandez comment ils l'ont fait monter , ils vous diront que c'est en la faisant descendre. Il en est de même delà prière ; car si on demande comment

elle petit monter au ciel, on doit répondre qu'elle y iMtm par Isr descente de Fh a milité.

+ Fafns le Cantique des cantiques, les ange* dirent Atetf étotftfement en pariant de l'épouse : Quitte est ctlle-ci qui vient du désert et qui monte tomme une colonne de fumée odoriférante , composée de myrrhe , d'encens et de toute tarte de parfums , et qui est appuyée sur son bien-aimé ? Ces paroles peuvent très-bien sfappfiqtrer à Came humble, et qui s'exerce en la Vêtta d'humilité ; car bien qu'elfe soit très -fructuMse en bonnes œuvres , toutefois les bas sentiments qu'elle a d'elle-même , font qu'elle ne voit aucun bien en elle, et qu'elle croît toujours ne rien faire. H toi semble qu'elle est comme un désert stérile ; car l'âme humble se regarde comme tto désert où n'habitent ni les oiseaux , ni les autres animaux , et qui n'a point d'arbres fruitiers, parce qu'elle ne voit en elle aucune verts. Or comme , par cette humilité , l'âme s'élève à fMeu, cela fait dire aux anges : Quelle est celle-ci qui vient du désert et qui monte etc. ? »

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