‹ Abrégé du véritable esprit de St. François de SalesChapitre 29 sur 52 · SU · texte numérisé non relu

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Seconde condition de la prière : r espérance.

• L'espérance est la seconde condition qa'H faut * avoir pour bien prier. L'épouse venant do dé- » sert 5 monte comme une colonne de fumée odo- » riférante composée de divers parfums, et surtout

de myrrhe et d'encens. Ceci nous représente l'espérance ; car, quoique la myrrhe jette une odeur fort suave , elle est pourtant très-amère au goût. Ainsi quoique l'espérance soit suave , parce qu'elle nous promet la jouissance future cki bien que nous désirons» elle est en même temps amère, parce que nous ne sommes pas encore en la possession de ce bien que nous aimons. L'encens est encore plus proprement le symbole dç l'espérance ; car , comme l'encens ne peut , s'il n'est mis sur le feu 9 jeter sa fumée en haut , ainsi l'espérance doit, pour monter, au ciel , être mise sur le feu de la charité et de la bonté de Dieu, et s'appuyer sur les mérites de Jésus-Christ , qui est la troisième condition nécessaire pour bien prier ; car autrement ce ne serait pas espérance , mais présomption. •

S ni.

Troisième condition : s'appujer sur les mérites de Jésus-Christ.

-« Comme l'épouse montant du désert est ap- » puyée sur son bien-aimé , apssi la troisième con- » dition nécessaire pour bien prier est de s'appuyer 9 sur notre Seigneur Jésus-Christ crucifié, puisque ■ c'est par sa mort que nous avons eu accès au » trône du Père éternel , que nous avons été ré- » conciliés avec lui , et que nous obtenons ce que » nous demandons à sa divine majesté.

» L'époux voulant louer son épouse , lui dit

• qu'elle est comme un lis entre les épines. Et

10 2 YiftfTABLE ESTAIT

» eUç, * ion tour, te compare à on poautar. Af^it » bien-vtmé > dh-eflê , M *nft*<? fet enfant* des

» /brtte ; tf *i/ tout thtfrfft de fmttei > de fleurs » tt de fruit* Je tne tepoeereeiè *M ombre et je » rettotài te* fruit» qui tomberont de têt attire ,

» senwâth 4flûtékH»mt tourte où je le* mm* » verni* ttè*4totm et ttto~4NMÊ&

* Blaiêqtfelé&tefttttlttita* HOftt pâlie l'épOWe,

» sinon k «voit du Sauveur f Et en quel verger le

» fr0avero»Hao«a ? Cm mm «toute aor te nmt

» dû Càltftfré «à l'épttffie t'appelle quand «Mo «Ut :

» Que mon bkh<attnè vienne en *m jardin ; Car

» «*<è*t « ée lieo qtteoet arbre drtift a été planté ,

» et que MO» le devons chercher pour ooaa noir-

» rir de ses fruits et nous reposer h £00 OttbTe.

» Quelles sont les feuilles de cet arbre ? c'est l'es-

» pérance que nous avons de notre salut par la mort

» du Sauveur. Ses fleurs sont les prières qu'il fai-

» Mit pottr Mus à son Père éternel ; et wa froks,

» tel mérites de ea<port et pa*ai<m. Démentons

m donc a l'ombré et au pied de cet arbre , je toux

» #ire 4e «eo» «mît ; rassa*ioo*»nott* de nés fruits,

» <?t n'en partons poiût quenoostoe soyons tout

» détremp&dattftng qui en découle.

» Saints Catherin* do Sienne em «ne fois une

» vision en méditant ta mort et h pftsaton de notre

» Seigneur. U lui «tabla qu'elleéiart dana nu bain

» compote de son fréeteue sauf ; et quand nlfe fut

DE S. "PHANÇOte M «AIES. 10 S

reveum à elfe > il lui paraissait que « robe en était toute teinte; Or rapportait ceci * «on sujet , je dis que nom ne devons point aller 4 ia prière , que ce Me «oit pour nousurroeer de ce précieux sang; au moins faut4l t'es arroser le matin à la première prière que nous frisons* a Saint Paul écrivait à ses enfanta spirituels de se revêtir de notre Seigneur Jésufr+Chrtst , c'està-dire de son sang» Mais qo'esKe qu'être revêtu de ce sang ? Pour vous faire bien entendre ceci , il faut que je ne serve * une comparaison. Considères un bornait revêtu d'un babil d'écariate , l'habit eslfirit de laine ; mais œqni loi donne sa précieuse couleur , c'est qu'il est teint du «mg d'un vermisseau qu'eu appelle cochenille. De méfee , quoique nous soyons revêtus de laine , c'estnà-dire «pie nous fassions de imnes oeuvres , ees (Autres , en tantfu'elto sont de nous, n'ont «soin prix aï aucune valeur ; cites n'eu «ut 91e quand die* sont teintes dans le sang de noire Sauveur Jésas^Christ , dont le mérite les rend agréables au Père étensd^ » Nous lisons en la Genèse que , lorsque Jacob voulut aVo(r la bénédiction de son père Isaac , sa mère lui fit apprêter un chevreau à la sauce de la venaison qu'Isaac aimait , et lui fit mettre dans ses mains des gants de poil, à cause qu'Esaû , à qui Isaac voulait donner la bénédiction , était tout velu ; mais , outre cela , elle lui fit encore mettre la robe parfumée, destinée pour Talné

» de la maison , et l'envoya ainsi à son mari qui

» était aveugle. Jacob , revêtu de cette sorte 9 alla

» demander la bénédiction à son père. Celui-ci lui

» toucha les mains et s'écria: La voix que fen-

» tends est la voix de mon fib Jacob, mais les

» mains que Je touche sont les mains d'Esaù. En-

» suite ayant senti la suave odeur qui provenait de

» sa robe parfumée , il le bénit De même quand

» nous aurons apprêté cet agneau sans tache notre

» divin Sauveur, que nous l'aurons présenté au

» Père éternel comme un mets très-délicieux , et

» que nous lui aurons demandé sa bénédiction i il

» nous dira : La voix que j'entends est la voix de

» Jacob ; mais les mains qui signifient les œuvres,

» sont les mains d'Esaii. Toutefois,, s'il nous trouve

• revêtus de la robe de son Fils, c'est-à-dire de son

» sang 9 il ajoutera : à cause de la suavité que j'ai

» à sentir la bonne odeur qui provient de la robe

» parfumée de mon fils , je vous donne ma béné-

» diction , bénédiction qui nous comblera de grâces

» en ce monde , et nous fera parvenir à la gloire

» éternelle en l'autre. Amen ! »

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