X PRÉFACE
jugea pas pouvoir choisir un meilleur conducteur à la vie dévote que le saint évêque de Genève , qui était son pasteur diocésain et son couçin, du côté de son mari. Il s'appliqua à sa conduite avec un grand soin , et lui traça par écrit la plupart des enseignements qu'il lui donnait de vive voix , tant pour soulager la mémoire de cette personne , que pour se soulager lui-même en s'épargnant la fréquente répétition des mêmes préceptes. Cette pieuse dame, qui conservait soigneusement dans son cœur toutes les paroles de vie que Dieu lui faisait entendre par la bouche de son directeur , ne conservait pas avec moins d'empressement tout ce qu'il lui traçait par écrit , et elle fit , durant deux ans , un amas de ces divers mémoires qu'elle gardait précieuse* ment, sans en perdre un seul ; elle en fit des recueils qu'elle étiqueta selon les matières qui y étaient traitées , réunissant ensemble tous ceux dont les sujets avaient le plus de conformité , afin de s'en servir plus commodément dans l'occasion.
Son époux , qui était en Piémont , occupé à la guerre dans l'armée du duc de Savoie , laissait à sa femme le soin de toutes les affaires domestiques dont elle s'acquittait fort bien.
Il survint un procès de grande importance pour cette maison , qui obligea la baronne de Gharmoisy d'aller à Chambéry , siège du sénat , pour solliciter son affaire. Elle y demeura pendant plus de six mois,