CHAPITRE QUATRIÈME
DE LA PATIBNCB.
ARTICLE PREMIER
Dé finit ion de la patience.
Saint Thomas nous enseigne que la patience est une vertu qui empêche que la droite raison ne succombe sous la tristesse des maux qui nous surviennent. Or comme les accidents fâcheux nous arrivent de tous côtés dans cette vie mortelle , la patience nous est fort nécessaire , comme dit l'Apôtre qui ajoute ces paroles remarquables : Afin qu'en faisant la volonté de Dieu , vous remportiez l'effet de sa promesse , qui est de couronner ceux qui auront légitimement combattu.
Souffrir n'est pas assez pour arriver à la couronne de justice que Dieu nous a promise , il faut encore que nos souffrances soient colles d'un dis-
* Supplément hVfntrod, à ta Vie dévote, part. S , en. $,
ciple de Jésus-Christ ; car ce divin Sauveur nous a donné l'exemple , afin que nous marchions sur ses traces , et l'apôtre saint Paul nous enseigne que nos cœurs sont dirigée dans la voie du salut par l'amour de Dieu et la patience de Jésus-Christ
Remarquez bien ces paroles , vous y voyez que l'Apôtre fait marcher l'amour de Dieu avant la patience, comme sa racine et son fondement, parce que, la patience , si elle n'est pas fondée et enracinée dans l'amour divin , n'est qu'une patience morale et philosophique , et non une patience divine et chrétienne ; c'est une patience imparfaite, parce que sans l'amour de Dieu , il n'y a point de vertu parfaite. Donc, quand la sainte Ecriture nous apprend que la patience a son œuvre parfaite , cela s'entend de la patience chrétienne et vive, c'est-àdire animée par la charité. C'est par ce genre de patience que nous possédons parfaitement nos âmes.
On demande ce que c'est que posséder son âme. La réponse est que posséder son âme , c'est la gouverner et l'avoir en sa puissance; c'est l'empêcher de s'échapper, et la tenir en bride cotame un cheval que l'on retient avec un frein , selon ce qui est écrit : // est bon d'établir et dt affermir son âme dans le Seigneur ; car ceux qui s'appuient sur lui ne seront jamais confondus.
Posséder donc son âme dans la patience chrétienne et parfaite , c'est endurer de bon cœur toute sorte d'afflictions et de traverses pour l'amour de celui qui a souffert tant de contradictions et d'op-
probres pour nous ; c'est l'imiter dans ses souffrauces , marcher sur ses traces et èouffrir comme il a souffert ; or il a souffert premièrement et principalement pour l'amour de son Père ; nous devons donc souffrir pour son amour, et rapporter toutes nos souffrances à sa gloire.
ARTICLE SECOND
Premier trait de patience.
Saint François de Sales s'était rendu caution d'une somme considérable pour un gentilhomme , son ami et son parent, qui avait fait une levée de gens de guerre pour le service du duc de Savoie, et qui était allé en Piémont avec ses troupes. La guerre traînant en longueur, le terme convenu pour rendre la somme empruntée arriva, sans que le débiteur pût facilement quitter son emploi pour venir satisfaire à son engagement.
Le créancier alla demander son paiement au saintévêque de Genève, qui lui représenta avec toute la douceur possible que ce gentilhomme avait cent fois plus de biens que la somme qui lui était due , et qu'étant attaché à l'armée au service du prince , il ne pourrait que très-difficilement quitter ses troupes pour venir s'occuper du paiement de sa dette , qu'ainsi il le conjurait d'avoir un peu de patience. Le créancier , soit qu'il eût besoin de son argent , soit qu'il fût de mauvaise humeur, ne voulut point admettre des excuses si justes et si raisonnables, mais s'exhala en plaintes , cria et tempêta.
Notre saint voyant cela , ne lui demanda que le temps d'écrire au gentilhomme pour l'informer de cette adaire. Mais le créancier ne voulait point de délai, il s'emporta jusqu'aux reproches les plus amers et les plus insolents. Le saint évêque lui ré* pondit avec une incroyable douceur ; « Je suis votre » pasteur, auriez~vous bien le courage de m'ôter
• le pain de la bouche au lieu de me nourrir ? Vous » savez que je suis h l'étroit , et que je n'ai préci-
• sèment que ce qu'il me faut pour mon entretien. » Je n'ai jamais eu en ma possession la somme que » vous me demandez et que j'ai cautionnée par » charité. Voulez- vous m'attaquer avant de discti- » ter le principal débiteur ? J'ai quelque patrimoi- » ne , je vous l'abandonne. Voilà mes meubles , » mettez-les à l'encan , vendez-les , je me remets » à votre volonté. Je vous demande seulement que » vous m'aimiez pour l'amour de Dieu , et que
• vous ne l'offensiez point par colère , par haine et » par scandale ; moyennant cela, je serai content •
Le créancier répliqua que ce n'étaient que des paroles d'hypocrisie, de l'eau bénite de cour, et autres semblables injures et rodomontades.
L'homme de Dieu, après l'avoir long-temps écouté avec patience, lui dit enfin : « Je vais faire toutes
• les diligences possibles pour vous donner conte*» » tement. Mais après tout , je veux bien que vom » sachiez que quand vous m'auriez crevé un œil ,
• je vous regarderais de l'autre aussi affectueuse- » ment que le meilleur ami que j'aie au monde. •
Le créancier se retira en murmurant entre ses dents , l'appelant assez intelligiblement hypocrite, faux dévot et lui donnant d'autres épithètes de ce genre. Le saint se hâta d'écrire au gentilhomme débiteur, qui vint en diligence , et se délivra par un prompt paiement de l'importunité d'un si insolent créancier. Alors cet homme reconnut sa faute, et plein de confusion , vint trouver le saint évêque, et comme lui demanda pardon; il en fut reçu à bras ouverts , l'enfant prodigue fut reçu de son père ; et l'homme de Dieu lui témoigna toujours dans la suite
une tendresse particulière , l'appelaàt son ami reconquis.
ARTICLE TROISIÈME
Second trait de patience.
Un gentilhomme d'une condition fort distinguée, protégeait fort un ecclésiastique ; il vint un jour demander au saint évêque de Genève de donner à cet ecclésiastique une cure qui se trouvait vacante. L'homme de Dieu lui répondit que pour la nomination au* cures il s'était volontairement lié les mains , qu'il les avait toutes mises au concours , et que, quoiqu'il fût président de ce concours, il n'avait que sa voix. Ce seigneur , d'une humeur brusque et prompte, s'imagina que c'était une défaite. 11 se mit dans une violente colère , et accusa notre saint de duplicité et d'hypocrisie , le menaçant de faire tomber les effets de son courroux sur lui ou sur ses parents.
Pendant cet accès de colère qui fut long , tantôt notre saint ne répondait rien , demeurant toujours ferme et inébranlable comme un rocher inutilement battu par les vagues ; tantôt il tâchait de l'adoucir par quelques paroles gracieuses. Mais le gentilhomme ne se calmait point , le traitant de flatteur, dont les paroles emmiellées n'étaient bonnes qu'à endormir des femmes et des enfants»
Alors saint François de Sales proposa à ce gentilhomme d'agréer qu'il examinât l'ecclésiastique pour lequel il demandait cette cure ; mais il ne voulut jamais y consentir. « Quoi donc, dit lç saint au » gentilhomme , est-ce les yeux bandés que vous » voulez que je confie la charge des âmes qui sont » sous ma conduite? Voyez , monsieur, s'il y a de » la justice dans ce procédé. »
Le gentilhomme cependant ne cessait de crier toujours plus haut , et ne se retira qu'après avoir vomi un torrent d'injures contre l'homme de Dieu, Après qu'il fut sorti , un prêtre très-vertueux, qui avait été présent à cette scène , et qui avait eu beaucoup de peine à retenir les paroles sévères qu'il aurait voulu dire à cet impertinent , demanda à notre Saint comment il avait fait pour supporter ces in dignités avec tant de froideur.
« Remarquez, répondit-il, que ce n'était pas loi » qui parlait , c'était la passion ; car du reste c'est » un de mes meilleurs amis, et vous verrez que mon » silence sera cause quej'entrerai encore plus avant » dans ses bonnes grâces. Dieu a vu de toute éter-
» nité quej'aurai9cet affront à souffrir, et il a voulu » que je le souffrisse patiemment. Ne trouvez-vous » pas à propos que je boive le calice qui me vient » de fa main d'un si bon père ? Oh ! que ce calice » m'est agréable , venant d'une telle main, que j'ai » appris à adorer dès mon enfance ! »
Mais , répondit cet ecclésiastique, avez-voûs été tout-à-fait sans sentiment ? a J'ai , reprit le Saint, » usé de diversion ; car je me suis occupé à penser 1 » aux bonnes qualités de ce gentilhomme avec qui » je suis lié par une tendre amitié, dont j'ai long-! » temps éprouvé la douceur ; et j'espère que quand » sa mauvaise humeur sera passée et que ces brouil- » lards se seront dissipés , la clarté du jour revien- » dra et il me reverra avec sérénité. »
II ne se trompa point ; car ce gentilhomme ayant fait réflexion sur son accès de colère , et sur les termes offensants dont il avait accablé le saint Évoque , en conçut un tel regret, qu'il vint le trouver les larmes aux yeux , se reconnut coupable > et lui témoigna tant de douleur de sa faute , que le saint Évêque eut de la peine à le consoler ; et cet événement lui inspira plus d'estime et d'amitié pour le Saint, qu'il n'en avait eu auparavant
ARTICLE QUATRIÈME
Troisième trait de patience.
Un gentilhomme demanda en mariage une demoiselle de qualité, mais elle le refusa , et entra
au monastère de la Visitation. Ce gentilhomme persuadé qu'elle n'avait fait cette démarche qu'à la sollicitation de l'évéque de Genève, vint le trouver , et vomit contre lui toute sorte d'injures. Le Saint Técouta avec une grande tranquillité , et lui dit : « Monsieur , ayez la patience d'examiner la chose ; » vous verrez que je n'ai pas été le conseiller de » cette dame, mais seulement l'approbateur du
* choix qu'elle a fait. »
Le jeune homme, aveuglé par sa passion , criait encore plus haut. « Monsieur , lui dit l'homme de » Dieu, vous m'obligeriez beaucoup de me dire tout » bas toutes les injures qu'il vous plaira, je vous
* proteste que je les porterais au pied du crucifix, » et que personne n'en saurait rien. « Je suis bien aise , reprit le jeune homme , que tout le monde sache et connaisse le peu d'estime que je fais de vous. « J'en serais moi-même très-satisfait, lui dit » l'humble prélat, si le mépris. que vous faites de » moi tournait à votre louange. »
Enfin le gentilhomme termina en disant qu'il briserait les portes du couvent , qu'il en retirerait la personne qu'il aimait, et qu'ensuite il y mettrait le feu. Le saint évêque lui répondit alors avec vigueur : « Monsieur, vous en dites trop , et vous » n'en ferez rien. Dieu et la justice savent réprimer
* les mauvaises actions. » Sur cela le jeune homme sortit brusquement. Le saint envoya aussitôt avertir sainte Chantai de faire coucher cette jejine personne dans la chambre la plus éloignée de la rue ,
DE S. FRANÇOIS DE SALES. 2ftft
et de tenir des lampes allumées auprès des fenêtres, et il ajouta que ces précautions prises on pouvait reposer en paix sous la garde de Dieu sans aucune crainte.
Le gentilhomme vint 'effectivement avec ses gens, qui ,-pour servir sa passion , ne cessèrent depuis onze heures du soir jusqu'à deux heures du matin de frapper à la porte du monastère ; ils brisèrent les vitres à coups de pierres, en poussant les cris les plus injurieux. Enfin ils se retirèrent. Les religieuses de la Visftation envoyèrent le lendemain aventir le saint Évêque de ce qui s'était passé. 11 répondit : « Remercions Dieu , car en tout cela il n'y a » qu'un peu de bruit et un vain son que le vent » emporte. Mais une chose que vous ne savez pas , » c'est que le jeune homme est plus en colère contre • cette personne que contre moi ; car il croyait - qu'au moins elle aurait mis la tête à la fenêtre » pour le prier de se retirer. Il a attribué son si- » lenee au mépris, et il en a été tellement choqué » qu'il m'a fait dire qu'elle était une orgueilleuse , » et qu'il n'en voulait plus. »
ARTICLE CINQUIÈME
Utilité des afflictions.
Voici comment saint François de Sales instruisait sainte Chantai sur la manière de supporter les afflictions que lui causait son fils :
« Si dans la fête de l'Epiphanie, vous n'avez
• guère d'or ni d'encens pour offrir à notre Sei- » gneuravec les Mages, vous avez au moins de la
• myrrhe; et je vois qu'il l'accepte très-agréable- » ment, comme si ce fruit de vie voulait être con- » fit en la myrrhe d'amertume, tant en sa nais- » sance qu'en sa mort. Jésus dans la gloire est » beau ; mais, quoique ce divin Maître soit toujours » très-bon , il semble néanmoins qu'il le soit en- » core davantage sur la croix. Jésus crucifié est » pour le temps présent votre époux ; dans l'autre » vie ce sera Jésus glorifié. Je suis fort en peine de » votre affliction, bien que je n'en sache pas les par- » ticularités ; mais je vois bien , par le peu de pa- » rôles que vous m'écrivez , que vous la sentez vi- >. vement
• Cette vie mortelle est toute pleine de tels ac-
» cjdents ,.et les douleurs de l'enfantement durent
» souvent plus que les sages-femmes ne pensent
» En quelles rencontres pouvons-nous faire les
» grands actes de l'invariable union de notre coeur
» à la volonté de Dieu , de la mortification de no-
» tre propre amour , et de l'amour de notre pro-
» pre abjection , en un mot, de notre crucifixion ,
» sinon en ces si rudes et si rigoureux assauts ? Ne
» vous ai-je pas souvent répété de vous dépouiller
» de toutes les créatures pour vous revêtir de notre
» Seigneur crucifié ? Courage donc , c'est Dieu qui
» veut ainsi mettre notre cœur à sec. Ce n'est donc
» pas une rigueur, c'est une douceur. Notre Sei-
» gneur veut peut-être vous conduire ainsi désor-
» mais au milieu des épines , je le supplie de tou- » tes mes forces qu'il détrempe doucement son » calice , mais que sa volonté toute sainte soit » faite et non la nôtre.
» Ayez bon courage ; pourvu que votre cœur lui » soit fidèle , il ne vous chargera point au delà de » votre pouvoir , et il supportera votre fardeau » avec vous quand il verra que de bonne affection » vous baissez vos épaules sous le faix qu'il vous » impose. »
ARTICLE SIXIÈME
Amour des croix.
N'oublions jamais la grande maxime de saint Paul , que c'est par les tribulations et les souffrances qu'il faut se frayer un chemin à l'éternité bienheureuse. Le Fils de Dieu ayant marché par la souffrance pour entrer dans la gloire , il n'y a point d'autre route qui y conduise. Il est certain que si nous ne voulons pas porter notre croix , nous ne pourrons pas être du nombre de ses diseiples. « Im- » molons souvent notre cœur, dit le saintÉvôque de » Genève , à l'amour de Jésus , sur l'autel même » de la croix où il immola le sien pour l'amour de » nous. La croix est la porte royale pour entrer » au temple de la sainteté; celui qui en cherche » ailleurs n'en trbuvera jamais un seul brin. »
Il était fort touché de ces paroles du grand Apôtre : Les légers moments de tribulation que nous
souffrons en cette vie , opèrent en nom le poids éternel dune gloire immense ; et de celles-ci : Les souffrances du siècle présent ne sont point comparables à la gloire qui nous est destinée pour le siècle futur. Il disait que ces deux remèdes étaient capables de nous guérir de toute défaillance de cœur. Un motet de saint François d'Assise résonnait mélodieusement à l'oreille de son cœur ; c'est celui-ci :
« A cause des biens que j'attends , » Les travaux me sont passe-temps. »
Dans une de ses lettres il fait cette comparaison remarquable : « Il n'en est pas des rosiers spirituels » comme des matériels ; en ceux-ci les épines du- » rent et les roses passent , en ceux-là les épines » passeront et les roses demeureront »
Les élus ont passé par le feu de la tribulation pour arriver au rafraîchissement dont ils jouiront pendant toute l'éternité. O moment précieux de souffrance, qui engendre une béatitude interminable 1
Mon amour, disait le grand martyr saint Ignace, . est crucifié. Il voulait dire deux choses, l'une que le crucifié, c'est-à-dire, Jésus-Christ, était son amour; l'autre, que son amour-propre était crucifié, c'està-dire que son exercice le plus ordinaire était de le crucifier en toute occasion.
Il est aisé , avec le secours de la grâce , d'aimer l'amour crucifié , c'est-à-dire Jésus-Christ mort pour nous ; car comment ne pas aimer celui qui
nous a aimés le premier, et qui s'est livré lui-même à la mort pour nous?
Mais il n'est pas aisé d'aimer l'amour qui crucifie notre amour-propre ; car nous aimons si tendrement cet ainour-propre , que quand nous le voyons aux abois , nous gémissons sur lui comme David sur la mort d'Absalon.
Or tout amour de charité est crucifiant ; car il ne peut prendre possession d'un cœur sans y crucifier l'amour-propre. C'est pourquoi, comme Jésus- Christ est mort sur la croix pour notre salut , if faut y si nous voulons nous sauver , que nous nous déterminions à crucifier en nous cet amour du vieil homme.
C'est peu d'être attaché à la croix des souffrances y si nous n'y sommes cloués avec l'amour et pour l'amour de Dieu. Malheureuse est la croix sans l'amour du Sauveur 1 Petit est l'amour sans la croix du Sauveur ! Ecoutez sur ceci un souhait de notre saint évêque : « Oh ! que nous soyons à ja- » mais attachés à la croix 1 et que cent mille coups » de flèches transpercent notre chair , pourvu que » le dard enflammé de l'amour de Dieu ait aupa- » ravant pénétré notre cœur! Que celte divine » blessure nous fasse mourir de sa sainte mort qui » vaut mieux que mille vies ! »
Voici encore ce qu'il écrivait à une dame fort vertueuse , fort âgée et fort infirme , qu'il appelait sa mère par honneur et à cause de la sainte amitié qui unissait leurs cœurs : « Je vois bien que
» désormais il faut que vous vous apprivoisiez au*
» maladies et aux infirmités en cette décadence
» d'âge en laquelle vous êtes. Seigneur Jésus ! que'
» vrai bonheur pour une âme consacrée à Diei
» d'être fort exercée par la tribulation, avant qu'ell
■ parte de cette vie ! Ma très-chère mère, où peut;
• on connaître le franc et vif amour, que par œ
• les épines, les croix et les langueurs, surtout » quand les langueurs sont accompagnées de lon- » gueurs ? Aussi notre cher Sauveur a témoigné » son amour démesuré par la mesure de ses travaux » et de ses souffrances. Faites, ma chère mère, » faites bien l'amour à l'époux de votre cœur sur » le lit de douleur ; car c'est sur le lit de la croix » qu'il a fait votre cœur , avant même que ce cœur » fût encore au monde , et ne le voyant encore
qu'en son divin projet. Ah ! ce Sauveur a compté toutes vos douleurs et toutes vos souffrances, et il a payé au prix de son sang toute la patience et tout l'amour qui vous est nécessaire pour appliquer saintement toutes vos peines à sa gloire - et à votre salut ! soyez constante à vouloir doucement être tout ce que Dieu veut que vous soyez. » Peut-on avec plus d'amour et de tendresse présenter une croix à baiser , et une croix sur laquelle il faut mourir sans en descendre ?