‹ Abrégé du Voyage du jeune Anacharsis en Grèce (volume 2)Chapitre 34 sur 82 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

.' » Des tribunaux de justice à Athènes.

Le nombre des juges à Athènes est immense, et se monte à six mille environ. Un Athénien qui a plus de trente ans , qui a mené une vie sans reproche , qui ne doit rien au trésor public, a les qualités requises pour administrer la justice. Le sort décide tous les ans du tribunal où il doit se placer.

C'est par cette voie que les tribunaux sont remplis. On en compte dix principaux : quatre,pour connaître des meurtres, et six , des autres causes tant criminelles que civiles.

Ces dix cours souveraines, composées la plupart de cinq cents juges, et quelquesunes d'un pi us grand nombre, n'ont aucune activité par elles-mêmes, et sont mises en mouvement par les archontes. Chacun de ces magistrats y porte les causes dont il a pris connaissance , et y préside pendant qu'elles y sont agitées.

ï!e plus célèbre de ces tribunaux est celui

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des héliastes, OÙ se portent toutes les grandes causes qui intéressent l'état ou les particuliers. En certaines occasions, les magistrats ordonnent à d'autres tribunaux de s y réunir j alors le nombre des juges va quelquefois jusqu'à six mille.

Tous les ans quarante officiers subalternes parcourentles bourgs de l'Attique, y tiennent leurs assises, statuent sur certains actes de violence, terminent les procès oii il ne s'agit que d'une très légère somme, de dix drachmes (dix francs) au plus, et. renvoient à des arbitres les causes plus considérables. Ces arbitres sont tous gens bien famés, et âgés d'environ soixante ans. A la' fni de chaque année , ou les tire au sort y dans chaque tribu, au nombre de quarantequatre.

Les habitans des îles et des villes soinnises à la république, sont obligés de porter leurs afiaires aux tribunaux d'Athènes , pour qu'elles y soient jugées en dernier ressort. L'état profite des droits qu'ils paient en entrant dans le port, et de la dépense qu'ils font dans la ville. Un autre motif les prive do l'avantage de terminer leurs dlilérens chez eux. S'ils avaient des juridictions souveraines , ils n'auraient à solliciter que la protection de leurs gouverneurs, et pour-

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raient, dans une infinité d'occasions, opprimer les partisans de la démocratie ; 2l\\ lieu qu'en les attirant ici , on les force de s'abaisser devant ce peuple qui les attend aux tribuuaux, et qui n'est que trop porté à niesurer la justice qu'il leur rend sur le degré d'affectio^^ qu'ils ont pour son autorité.

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