‹ Abrégé du Voyage du jeune Anacharsis en Grèce (volume 2)Chapitre 42 sur 82 · CHAPITRE XXIII. f · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII. f

Evënemens remarquables arrivés dans la Grèce depuis l'an 36i jusqu'à l'an 367 avant J. G. — Mort d'Agésilas, roi de Lacédémone. — Avènement de Philippe au trône de Macédoine. — Guerre sociale.

Pendant que nous étions aux jeux pyihiques, nous entendîmes plus d'une fois parler de la dernière expédition d'Agésilas. A notre retour, nous apprîmes sa mort.

Ne pouvant supporter l'idée d'une vie paisible et d'une mort obscure , malgré ses quatre-vingts ans, il alla se mettre avec

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mille Lacédémoniens à la solde de Taches , roi d'Egypte , pour faire la guerre au roi de Perse. Les Egyptiens l'attendaient avec impatience, et à son arrivée les principaux d'entre eux s'empressèrent de se rendre auprès d'un héros qui , depuis un si grand nombre d'années , remplissait la terre de son nom. Ils furent bien étonnés en t^ou^^ vant sur le rivage un petit vieillard, d'une figure ignoble , assis par terre au milieu de^ quelques Spartiates dont l'extérieur, aussi négligé que le sien , ne distinguait pas les sujets du souverain.

Les officiers de Taclios étalent à ses yeux' les présens de l'hospitalité, qui consistaient en diverses provisions. Agésilas choisit quelques alimens grossiers , et fait distribuer aux esclaves les mets les plus délicats, ainsi que les parfums. Un rire immodéré s'élève alors parmi les spectateurs. Les plus sages se contentent de témoigner leur mépris.

Des dégoûts plus sensibles mirent bientôt sa patience à une plus rude épreuve. Tachos refusa de lui donner le commandement de ses troupes, et dédaigna ses conseils. Agésilas attendait l'occasion de sortir de l'avilissement où il s'était réduit. Elle se présenta bientôt. L'armée égyp-

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tienne, s'étant révoltée, forma deux partis qui prétendaient tous deux donner un successeur à Tachos. Le roi de Sparte se déclara pour Nectanèbe, un des prétendant au trône. 11 le dirigea dans ses opérations, j et, après avoir affermi son autorité, il sortit de l'Egypte, comLlé d'honneurs, et avec une sommé de deux cent trente talens que^ le nouveau roi envoyait aux Lacédémoniens. Une tempête violente l'obligea de relâcher sur une côte déserte de la Libye," où ilmourul âgé de quatre-vingt-quatre ans ^'^,

Deux ans après, il se passa un événe-. ment auquel les Athéniens ne firent nulleattention , et qui devait changer la face de la Grèce et du monde connu.

Après la mort de Perdiccas, roi de Macédoine , qui venait de périr, avec la plus grande partie de son armée, dans un combat contre leslllyriens, Philippe, son frère, que j'avais vu en otage chez les Thébains, trompa la vigilance de ses gardes, se rendit en Macédoine , et , quoiqu'il n'eût que vingt-deux ans, fut nommé tuteur du fils de ce prince.

La Macédoine était alors menacée d'une iruine prochaine , soit par les divisions intestmes et les guerres étrangères , soit par l'épuisement des finances et le décourage-

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ment des troupes. Philippe ne s'efTraiepoint de celte malheureusesituation du royaume. 11 entreprend de faire de sa nation ce qu'Epaminondas, son modèle, avait fait de la sienne. De légers avantages apprennent aux soldats à s'estimer assez pour oser se défendre ; l'administration devient plus régulière; la phalange macédonienne prend une forme nouvelle j les Péoniens, qui infestaient les frontières , sont gagnés par des présens et se retirent ; le roi de Thrace sacrifie Pausanias , qui prétendait à la couronne; les Athéniens, qui avaient secouru les habitans d'Argée, sont défaits, et leurs prisonniers renvoyés sans rançon.

Les Macédoniens, persuadés par ces premiers succès que celui-là seul devait les gouverner qui pouvait les défendre , dépouillèrent le fils de Perdiccas de l'autorité souveraine , et la remirent à Philippe.

Encouragé par ce choix, ce prince réunit une partie de la Péonie à la Macédoine, battit les lUyriens et les renferma dans leurs anciennes limites. Quelque temps après il s'empara d'Amphipolis , place importante pour le commerce d'Athènes avec la haute Thrace. Mais rien n'augmenta plus la puissance de Philippe que la découverte de quelques mines d'or qu'il fit ex-

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ploiter, et dont ii tira plus de mille talens. Cependant la ville de Byzance et les îles de Chio, de Côs et de Rhodes, venaient de se liguer pour se soustraire à la dépendance des Atnéniens. La guerre commença par le siège de Chio. Chabrias commandait la flotte athénienne , et Charès les troupes de terre. Le premier, incapable de modérer son ardeur, entra seul dans le port , et fut aussitôt investi parla flotte ennemie. Après une longue résistance , ses soldats se jetèrent à la nage pour gagner les autres galères qui venaient à leur secours. II pouvait suivre leur exemple, mais il aima mieux périr que d'abandonner son vaisseau.

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