ZSS ABRÉGÉ DU VOYAGE
il était le maître d'en retarder les préparatifs , la saison de la navigation se passa sans que je pusse m'embarquer,
« Il m'était impossible de m'échapper du jardin , à l'insu du garde à qui la porte en était confiée. Le roi, maître de ma personne, commençait à ne plus se contraindre. Il procédait sans pudeur à la vente' des biens de Dion , malgré la parole qu'il m'avait donnée de les lui conserver j il eit lit vendre une partie comme il voulut, à qui il voulut , sans daigner m'en parler, sans écouter mes plaintes. Ma situation, devenait de jour en jour plus accablante.' Je fus obligé de sortir du palais ; tout commerce avec mes amis , tout accès auprès du roi , me furent interdits. Je n'entendais parler que de ses plaintes , de ses reproches , de ses menaces. On m'avertit même que mes jours étaient en danger j et en effet , des satellites du tyran avaient dit qu'ils m'arracheraient la vie , s'ils me rencontraient.
« Je trouvai le moyen d'instruire de ma situation Archytas et mes aulres amis de Tarenle. Avant mon arrivée, Denys levir avait donné sa foi que je pourrais quitter la Sicile , quand je le jugerais à propos ; ils m'avaient donné la leur pour garant de
la sienne. JeTinvoquai clans celte occasion. Bientôt arrivèrent des députés de Tarente : après s'être acquittés d'une commission qui avait servi de prétexte à l'ambassade, ils obtinrent enfin ma délivrance.
K En arrivant de Sicile , je débarquai en Elide, et j'allai aux jeux olympiques, oii Dion m'avait promis de se trouver. Je lui rendis compte de ma mission. Indigné des nouveaux outrages qu'il venait de recevoir dans ma personne , il s'écria tout-à-coup : cf Ce n'est plus à l'école de la philosophie qu'il faut conduire Denys , c'est à celle de l'adversité , et je vais lui en ouvrir le chemin. » Pendant trois ans , j'ai employé divers prétextes pour le tenir dans l'inaction ; mais il vient de me déclarer qu'il est temps de voler au secours de sa patrie. Les principaux habitans de Syracuse, las de la servitude , n'attendent que son arrivée pour en briser le joug. J'ai vu leurs lettres ; ils ne demandent ni troupes ni vaisseaux, mais son nom pour les autoriser, et sa présence pour les réunir. Il va retourner au Péloponèse ; il y lèvera des soldats, et, dès que ses préparatifs seront achevés , il passera en Sicile.
Tel fut le récit de Platon. Nous prîmes congé de lui, et le lendemain nous partîmes pour la Béotie.
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