CHAPITRE XXIX
Du gouvernement fle Lacédémone.
LrcuRGUE avait trop de lumières pour abandonner l'admimslration des afi'aires générales aux caprices de la multitude , ou pour la laisser entre les mains des deux maisons régnantes. Vingt-huit vieillards d'une expérience consommée furent choisis pour partager avec les rois la pléni^tvvde du pouvoir. 11 fut réglé que les grande: inlérêtsde l'état seraient disentés dans ce sénat auguste; qu€ les deux rois auraient le droit d'y présideF ; que la décision passerait à la pluralité des voix , et qu'elle serait ensuite communiquée à l'assemblée générale de la nation , qui pourrait l'approirver ou la rejeter, sans avoir la permission d'y faire le moindre changement.
DU JEUNi: ANACHATISIS. 387
Jusqu'à Poîydore et Théopompe, qui rç- 'gnùiônt environ c«nt tretite-àtis après L^'curguc , le sénat avait maînteftu Téquilibr^e 'onlre les rois et le peuple ; mais les places des sénateurs étant à vie , ainsi que i'autorité des rois , il était à craindre que dans la suite les uns et les autres ne s'unissent étroitement, et ne trouvassent point d'opposition à leurs volontés. On fit donc passer une partie de leurs fonctions entre les mains de cinq magistrats , nommés éphores ou inspecteurs , et destinés à défendre ie peuple en cas d'opposition. Ce fut le roi Théopompe qui, avec l'agrément de là nation , établit cette nouvefie autorité intermédiaire.
Les deux rois doivent être de la maison <i'Hercule , et ne peuvent épouser une femme étrangère. Les éphores veillent sur la conduite des reines , de peur qu'elles ne -donnent à l'état des enfans qui ne se-,; raient pas de celte illustre maison. Si elles étaient convaincues ou fortement soupçott-' nées d'infidélité, leurs fils seraient relégués dans la classe des particuliers.
Dans chacune desdeuxbranches régrtanles la couronne doit passer à l'aîné des fils , et, à leur défaut, au frère du roi. Si l'aîné meurt avant son père, elle appartient à sou