‹ Abrégé du Voyage du jeune Anacharsis en Grèce (volume 2)Chapitre 73 sur 82 · JOO ABREGE DU VOYAGE · texte numérisé non relu

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puîné ; mais , s'il laisse un eufanl , cet enfant est préféré à son oncle. Au défaut des plus proches héritiers dans une famille , ou appelle au trône les parens éloignés , et jamais ceux de l'autre maison.

L'héritier présomptif n'est point élevé avec les autres enfans de l'état. Cependant son éducation n'en est pas moins soignée j on lui donne une juste idée de sa dignité , une plus juste encore de ses devoirs.

Lycurgue a lié les mains aux rois , mais il leur a laissé des honneurs et des prérogatives dont ils jouissent comme chefs de îa religion, de Tadministralion et des armées. Us règlent tout ce qui concerne le culte public, et paraissent à la tête des cérémonies religieuses; ils président le sénat, y proposent le sujet de la délibération , et leur suffrage en vaut deux. Lorsqu'ils proposent de concert un projet manifestement utile à la république, il n'est permis à personne de s'y opposer. L'entretien des chemins , les formalités de l'adoption , le choix du parent qui doit épouser une héritière, tout cela est soumis à leur décision.

' Us ne doivent pas s'absenter pendant la paix, ni tous les deux à la fois pendant la guerre , à moins qu'on ne mette deux armées sur pied ; ils les commandent de droit.

DU JEUNE ANACHARSrS. SSg

L'état fournit à l'entretien du général et de sa maison. Délivré de tout soin domestique, il ne s'occupe que des préparatifs de la campagne. Les deux éphores qui le suivent n'ont d'autre fonction que de maintenir les mœurs , et ne se mêlent que des affaires qu'il veut bien leur communiquer.

Pendant la paix, les rois ne sont que les premiers citoyens d'une ville libre. Ils se montrent en public sans faste et sans suite ; mais on leur cède la première place , et tout le monde se lève en leur présence, excepté les éphores siégantsur leur tribunal. Quand ils ne peuvent pas assister aux repas publics, on leur envoie une mesure de vin et de farine. Quand ils s'en dispensent sans nécessité, elle leur est refusée.

Dès que l'un d'eux a rendu le dernier soupir, des femmes parcourent les rues et annoncent le malheur public en frappant sur des vases d'airain. On couvre le marché de paille, et l'on défend d'y rien exposer en vente pendant trois jours. On fait partir des cavaliers pour répandre la nouvelle dans la province, et avertir ceux des hommes libres et des esclaves qui doivent assister aux funérailles. Ils y assistent par milliers ; on les voit se meurtrir le front,' et s'écrier, au milieu de leurs longues la-

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meatations , que , de tous les prinoes qui ont existé , il n'y en eut jamais demeilleunkr

Quand le roi meurt dans une expédition militaire , on expose son image sur un lit de parade j et il n'est permis, pendant dix jours, ni de convoquer l'assemblée générale, ni d'ouvrir les tribunaux de justice. Quand le corps, que l'on a pris soin de conserver dans le miel ou dans la cire, est arrivé , on l'enterre avec les cérémonies d'usage dans le quartier delà ville où sont les tombeaux des rois.

Le sénat, composé des deux rois et de vingt - huit gérontes ou vieillards, est le conseil suprême où se traitent en première instance la guerre, la paix, les alliances, les afïaires les plus importantes de l'état. Obtenir une place dans cet auguste tribunal, c'est monter au trône de l'honneur. On ne l'accorde qu'à celui qui, depuis son, enfance , s'est distingué par d'éminentes qualités. Il n'y parvient qu'à l'âge de soixante ans» et la possède jusqu'à sa mort»

C'est du sénat que dépend, non- seulement la vie des citoyens, mais encore leur fortune, je veux dire leur honneur, car le, vrai Spartiate ne connaît pas d'autre bien, plusieurs jours sont employés à l'examen des délits qui entraînent la peine de mort.

DU SrlÈtïr'E / A-if ACHARSugTi. 3g r

Oii ne cotidatnne pas l'acCLtsé sur d'è simples présomptions; mais, quoique absoii$> une première fois , il est poursuivi avtSft' plus de rigaeur , si dans la suite on acquiert de nouvelles preuves contre lui.

Quand un roi est accusé d'avoir violé les lois ou trahi les intérêts de l'état , le tribunal qui doit le juger est composé des vingt-huit sénateurs , des cinq éphores et du roi dé l'autre maison. Il peut appelée', du jugement à l'assemblée géûéinle dui peuple.

tes éphores ou inspecteurs , aitisi nonï-'mes parce qu'ils étendent leur surveillance/ sur toutes les parties de l'administration^'^ soiit au nombre de cinq. On les renouvelle-* tous les ans. Ils entrent en place au com^"^ mcucenient de l'année , fîré' à la nouvelle lune qui suit î*?quinoxe de l'automne. Le premier d'entre eux donne son nom à cette année : ainsi , pour rappeler 1^ date d^un événement , il suffit de direJqu''il Vèstpassi soUs tel éphore. ' >

• lie peuple a le droit de les élire, et df>4iev(irà cette dignité des citoyens de lous. Ics états. Dès qu'ils en sont revêtus, il les regarde comme ses défenseurs. C'est à ce ti'ïre qu'il n'a cessé d'augmenter leurs prérogatives.

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