‹ Abrégé du Voyage du jeune Anacharsis en GrèceChapitre 5 sur 65 · CHAPITRE LV · texte numérisé non relu

CHAPITRE LV

Des impositions et des finances chez les Athéniens

Les revenus de la république se sont élevés quelquefois jusqu'à la somme de deux mille talens ( dix millions huit cent mille francs). Ces revenus sont de deux sortes : ceux qu'elle perçoit dans le payi& même, et ceux qu'elle tire des peuples tributaires.

Dans la première classe, il faut compter, jo le produit des biens-fonds qui lui appartiennent , c'est-à-dire , des maisons qu'elle loue , des terres et des bois qu'elle afïermej 2° le vingt-quatrième qu'elle se réserve sur le produit des mines d'argent , lorsqu'elle accorde à des particuliers la permission de les exploiter j 3° le tribut annuel qu'elle exige des affranchis et des dix mille étran-

gers établis dans l'Attiquej 4° ^es amendes et les confiscations , dont la plus grande partie est destinée au trésor de l'état j 5<» le ci nquantième prélevé sur le blé et les autres marchandises qu'on apporte des pays étrangers , de même que sur plusieurs de celles qui sorlent du Pirée ; 6° quantité d'autres petits objets , tels que les droits établis sur certaines denrées exposées au marché , et l'impôt qu'on exige de ceux qui entretiennent chez eux des courtisanes.

On afferme la plupart de ces droits.

L'adjudication s'en fait dans un lieu public , en présence de dix magistrats qui président aux enchères

La seconde et la principale branche des revenus de l'état , consiste dans les tributs que lui paient quantité de villes et d'îles qu'il tient dans sa dépendance. La somme totale des contributions étrangères monta, au commencement de la guerre du Péloponèse , à mille talens (cinq millions quatre cent mille francs); et, vers le milieu de cette guerre, à douze ou treize cents. Pendant mon séjour en Grèce , les conquêtes de Philippe avaient réduit cette somme à qua tre cents talens , mais on se flattait de la ramener un jour à douze cents.

Ces revenus, tout considérables qu'ils

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sont , n'étant pas proportionnés aux dépenses , on est souvent obligé de recourir à des moyens extraordinaires , tels que les dons gratuits et les contributions forcées.

De toutes les charges, la plus onéreuse, sans doute , est l'entretien de la marine. Tout citoyen dont la fortune est de dix taîens (un peu plus de cinquante - trois mille francs ), doit , au besoin , fournir à l'état une galère ; il en fournira deux , s'il a ■vingt talens ; mais posséderait-il des richesses très considérables , on n'exigera de lui que trois galères et une chaloupe. Ceux qui auront moins de dix talens se réuniront pour contribuer d'une galère.

Cet impôt, dont on n'exempte que les archontes , est proportionné , autant qu'il est possible, aux facultés des citoyens; le poids en tombe toujours sur les plus riches,' et c'est une suite de ce principe : Que l'on doit asseoir les impositions , non sur les personnes , mais sur les biens.

L'obligation de fournir des vaisseaux et des contributions en argent cesse avec la guerre ; mais il est d'usage que les citoyens riches donnent , à certains jours , des repas à ceux de leurs tribus; qu'ils concourent à l'entretien des gymnases , et procurent aux jeux publics les chœurs qui doivent se dis-

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puter le prix de la danse et de la musique. Les uns se chargent volontairement de ces dépenses , les autres y sont condamnés par le choix de leur iribu , et ne peuvent s'y soustraire , à moins qu'ils n'en aient obtenu l'exemption par des services rendus à l'étal. Tous ont des droits à la faveur du peuple , qui dédommage , par des emplois et des honneurs , ceux qui se sont ruinés poui embellir ces fêtes.

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