FILTRE
On appelle filtre tout ce qui peut servir à séparer des liquides les parties solides qui troublent leur transparence. On en distingue de plusieurs sortes ; il y en a qui sont faits avec du sable, du charbon , du verre pilé , de la toile , de la laine et du papier non collé.
Dans les laboratoires de chimie et de pharmacie , on emploie principalement les filtres de toile, de laine et de papier gris ou blanc non collé.
Les filtres de toile ou de laine consistent en un châssis de bois, garni de pointes en fer à ses quatre angles,- et surmonté de quatre pieds. C'est sur ce châssis , et â l'aide des pointes qui y sont attachées , que l'on tend légèrement un morceau de toile ou de laine à travers lequel on fait passer les liquides pour les clarifier. Souvent on place sur ces tissus une ou plusieurs feuilles de papier Joseph, ou de papier gris non collé. Les filtres de laine ont encore une autre disposition 5 on fait avec un tissu de laine plus ou moins serré , une espèce de sac conique. On le tend par sa partie la plus évasée sur un châssis de bois, et
l'on verse le liquide dedans, qui passe à travers les mailles
du tissu et se clarifie des corps qui troublaient sa limpidité. Ce filtre de laine , usité dans les pharmacies , est connu sous le nom de chausse. C est par ce moyen que les pharmaciens clarifient les sirops, etc.
Les filtres de papier sont aussi très-employés, surtout quand on n'a qu'une petite quantité de liquide a filtrer ; on les forme avec un carré de papier plié en quatre parties égales , auquel on fait un grand nombre de divi- ^ sions comme à un éventail en le plissant convenablement. Les plis sont rendus égaux en coupant le papier avec des ciseaux , alors on déplie le papier , on l'ouvre en rangeant de chaque côté les plis et on l'enfonce dans un entonnoir de verre, de manière à ce que chacun- des plis touche les parois dans toute leur longueur comme la figure 21 de la planche I, le représente.
Dans les arts, certaines pierres calcaires , poreuses , servent de filtres ; c'est sur ce principe que sont fondées ces fontaines filtrantes, dont l'usage s'établit dans les maisons depuis quelques années.
Une couche plus ou moins épaisse de charbon pulvérisé, jouit, indépendamment de cette propriété, d'absorber les odeurs fétides et les matières colorantes que contiennent les liquides. \
FIOLES. ( Planche II , fig. 4. )
Petites bouteilles de verre , minces et qui peuvent être exposées directement à l'action du feu sans se briser. Elles sont très-employées dans les laboratoires de chimie pour faire certaines réactions , obtenir des gaz, en adaptant à leur col un bouchon qui laisse passer un tube de verre recourbé. Dans les pharmacies elles servent à contenir les looeks , les émulsions, les potions , et les apozèmes qu'on administre aux malades.
a 4 abrégé élémeittàire
1 , FLACON. (Planche II, fig. 5.)
Vase cylindrique en verre ou en cristal, bouché* par le fond comme une bouteille, et terminé à la partie supérieure par un goulot court , dont les bords son renversés.* On les bouche avec un bouchon de liège. Ceux qui sont en cristal ont le fond plat, leur goulot est usé intérieurement avec de l'émeri ainsi que leur bouchon de cristal, ce qui permet de les fermer hermétiquement. Us sont connus sous le nom de flacons à Vémeri, C'est dans ces vases que Ton conserve les liquides très-volatils ainsi que les acides.
Plusieurs flacons sont munis de deux ou trois goulots ou tubulures placés les uns à côté des autres ; on les connaît sous le nom de flacons tabulés , ou de Woulf. Ils sont employés pour faire passer les gaz d'un flacon dans un autre et en saturer les liquides qui se trouvent sur leur passage. Cet appareil que nous décrirons par la suite, est désigné sous le nom d'appareil de Woulf, son inventeur. •
FOURNEAU. ( Planche H, 6g. 6,7,8 et g. )
Instrument employé pour appliquer le calorique aux différentes substances. Les fourneaux ordinairement sont confectionnés en terre cuite , en briques ou en fonte. Leur forme et leur grandeur varient suivant l'usage auquel ils sont destinés.
La fig. 6 représente un fourneau simple semblable à celui qu'on voit dans les ménages -, il est employé pour chaufferies liquides jusqu'à leurpointd'ébullî don; exposer les matières et les ballons à une chaleur modérée ; pour cela on les place sur un triangle de fer à une certaine distance des charbons incandescens.
La fig. 7 montre un fourneau propre à l'évaporation. Son évasement permet de placer dessus une bassine ou
une chaudière. Il est employé surtout dans les pharmacies. Ou distingue au moins trois parties dans un fourneau, savoir : i° le foyer où se place le combustible , il est muni d'une ouverture latérale qu'on peut boucher à volonté et qui sert à introduire le combustible; a0 d'une grille en terre, ou en fer forgé, sur laquelle on le place ; 3° enfin, d'une cavité inférieure dans laquelle viennent tomber les cendres et qu'on appelle le cendrier. Celte partie est munie d'une porte en terre qu'on peut ouvrir à volonté pour le passage de l'air, afin d'activer plus ou moins fortement la combustion. La partie supérieure de ce fourneau doit porter des échancrures dans les parois même, pour ne pas intercepter le courant d'air lorsqu'on vient à placer une bassine dessus.
Fourneau à réverbère rond , fig. 8. Ce fourneau dont l'usage est de faire réverbérer le calorique sur un point donné, afin de le porter à une haute température , est composé de trois parties , voyez i, 2,3, i° Est le dôme ou réverbère terminé par une cheminée et servant à réfléchir la chaleur; on le surmonte quelquefois d'un tuyau en tôle pour augmenter le tirage. a° Cette partie du fourneau est désignée par le nom de laboratoire; c'est dans celle-ci qu'on place les cornues qui doivent être exposées à l'action du calorique ; on les asseoit sur des tringles en fer qui entrent dans les parois du fourneau; leur col sort par le trou circulaire. 3° Enfin audessous de cette partie se trouve le fourneau composé comme à l'ordinaire d'un foyer et d'un cendrier. On entoure toutes ces parties avec des bandes de fer tenues par des vis et des écrous afin de donner plus de solidité au fourneau.
Fourneau à réverbère long , fig. g. Ce fourneau est formé seulement de deux parties , un dôme et un foyer. Il est destiné à chauffer des tubes' de fer ou dç porcelaine dans toute leur longueur. On les place pour cela
dans deux échancrures pratiquées latéralement aux parois des deux parties , à F en droit où elles s'ajustent Tune sur l'autre.
Les fourneaux que nous Tenons de décrire sont les plus généralement employés. Il en existe d'autres dont nous nous abstiendrons de parler ici. Nous dirons seulement que lorsqu'on veut exposer les corps à une trèshaute température, on doit les placer dans un fourneau de forge , alimenté d'air par un soufflet. Ce fourneau doit être confectionné en briques réfractaires , unies entre elles par un ciment infusible. On met le corps qu'on veut soumettre à une forte chaleur dans un creuset de terre réfractai re , on ferme le creuset avec son couvercle qu'on assujettit avec un lut terreux, et on le dispose au centre du foyer sur un support terreux , qui l'isole à quelques pouces de la grille du fourneau. Lorsque toutes ces précautions sont prises, on jette d'abord des char* bons allumés sur la grille, et on remplit le fourneau de charbon ; ensuite on détermine un courant d'air à travers la masse du combustible en souillant continuellement.
Fromage. — On donne ce nom dans les laboratoires à un petit cylindre de terre cuite réfractaire, d'un à deux pouces de hauteur, sur deux, trois ou quatre pouces de largeur. Il est destiné à servir de base solide aux creusets qu'on chauffe dans les fourneaux en les posant dessus, et de les éloigner de la grille, afin qu'ils se trouvent plus élevés et mieux exposés à l'intensité de la chaleur produites