‹ Abrégé élémentaire de chimieChapitre 84 sur 96 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

Platine.

Son état naturel. — Son extraction. — Ses propriétés. — Ses combinaisons avec Toxigcne , le chlore , Y iode, le soufre , le sélénium, le phosphore; ses alliages avec

le cuivre , For et V argent.

Ce métal , dont la découverte paraît remonter vers la fin du seizième siècle, n'a été connu en Europe qu'en 1748, par don Antonio de Ulloa, mathématicien espagnol^ qui avait accompagné la commission des savans français envoyée au Pérou en 1735.

Il se rencontre presque toujours en petits grains brillans et aplatis et à l'état d'alliage avec quatre autres métaux nouveaux , l'iridium , l'osmium, le palladium et le rhodium. Cette mine est toujours mêlée avec del'oxide de fer , de l'oxide de titane, du sable et quelquefois de petites paillettes d'or et des globules de mercure. On le trouve dans les sables de la rivière Pinto, au Choco, à Quito «au Pérou et près de Carthagène dans l'Amérique méridionale. C'est dans ce dernier pays qu'on l'a rencontré en plus grande quantité. Tout récemment, on l'a découvert en Sibérie dans les sables aurifères des monts Ourals.

L'extraction du platine à l'état de pureté ne peut être faite que par la voie humide. Après avoir traité cette mine par le barreau aimanté pour la séparer de l'oxide de fer attirable , et par le mercure pour dissoudre l'or qui s'y trouve mélangé, on la fait bouillir à deux reprises avec six fois son poids d'acide chloronitreux. Le platine , le palladium et le rhodium que contient la mine se dissolvent en passant à l'état de chlorures, ainsi qu'une

petite quantité d'iridium. Le résidu uoiràtre insoluble est composé, pour la plus grande partie , de l'alliage d'iridium et d'osmium qui existait dans la mine.

Ou fait évaporer la dissolution de la mine de platine jusqu'en consistance sirupeuse , pour en chasser l'excès d'acide, et on l'étend ensuite de dix à douze fois son poids d'eau. En y versant alors une solution saturée d'hydrochloratc d'ammoniaque, il s'y forme tout à coup un précipité jaune orangé foncé, qui résulte de l'union du chlorure de platine avec l'hydroclilorate d'ammoniaque. Ce précipité, recueilli sur un fdtre, est ensuite lavé peu à peu avec de l'eau froide. Les autres métaux unis au platine restent dans la dissolution.

C'estdu précipité formé plus haut qu'on retire le platine. A ceteffet, on en remplit un creuset déterre qu'on recouvre de son couvercle et qu'on expose à la chaleur rouge dans un fourneau à réverbère 5 le chlorurti de platine est décomposé, et l' hydrochlorate d'ammoniaque est volatilisé. On trouve au fond du creuset, après la calcination, une masse grise, spongieuse, qui est le platine métallique. Mais comme une portion d'iridium a été précipitée avec lui dans la première opération , ou le redissout dans l'acide chloronitreux. L'iridium reste insoluble sous la forme d'une poudre noire, et l'on sépare ensuite le platine, comme ci-dessus , en précipitant sa dissolution par Thydrochloratc d'ammoniaque et calcinant le précipité jaune qui s'y est formé.

Pour obtenir ce métal en masse plus ou moins dense , on chaulfeau rouge celui qui est en mousse , et on le soumet à l'action de forts marteaux , qui le réduisent peu à peu en lingots.

Propriétés, Le platine est un métal blanc , très-brillant, ressemblant un peu à l'argent par sa couleur et l'éclat qu'il peut prendre par le poli. 11 est plus dur que Tor etvTargent, et jouit d'une grande ductilité et malléa-

bilité, qui sont cependant inférieures à celles de ces deux métaux. On le réduit en feuilles très-minces et en fils très-fins qui jouissent d'une grande ténacité. Sa densité, qui est la plus grande de toutes celles des autres corps connus, est de 21,470» Elle peut augmenter par l'écrouissement et être de 2 1 ,53 1 .

Ce métal , exposé au feu le plus violent qu'on puisse produire dans les meilleures forges , reste infusible. On ne parvient à le fondre qu'en petite quantité, en l'exposant à la chaleur qui se développe par un courant de gaz oxîgène dirigé dans la cavité d'un charbon enflammé : dans l'espace de trois à quatre minutes, et en supposant qu'on opère sur un gramme ou deux de platine , ce métal est fondu en un seul globule et peut être coulé dans l'eau.

Comme l'or et l'argent, le platine n'exerce aucune action ni a froid ni à chaud sur l'air et l'oxigène -, il s'y conserve sans éprouver aucune espèce d'altération , ce qui , joint à son infusibilité au feu des forges .ordinaires, le rend précieux pour une infinité d'usaçcs dans les arts*

i; PLATIKE ET OXIGENE.

Protoxide de platine. — Deittoxide de plaline.

Ces deux composés, qu'on ne peut former directc-t ment, s'obtiennent le premier par la décomposition du protochlorure de platine par i'oxide de sodium , et Je se-r cond par celle du deutosulfate ou du deutonitrate de pla- .tine au moyen de I'oxide de potassium. „ e

Le protoxide de platine est noir, pulvérulent, insipide, insoluble dans l'eau. Exposé à l'action de lachaleur, il est facilement décomposé en gaz oxigène et *n métal.. Les. corps combustibles, tels que le charbon, le soufre y le, phosphore , le réduisent facilement en lui enlevant son. oxigène.

Le deutoxide de platine est noir*, à Té la t d'hydrate,, il a une couleur jaune de rouille. Comme le protoxide , ,

il se décompose facilement * une chaleur rouge, en se réduisant en ses élémens.

Cet oxide paraît contenir, d'après l'analyse de MM. Vauquelin et Berzélius :

Platine loo

Oxigène. . . . 16, 494

La composition du protoxide n'a pu être déterminée exactement à cause de la difficulté de l'obtenir à 1 état de pureté. Il doit contenir probablement la moitié de l'oxigène qui entre dans le deutoxide.

Platine et chlore. (Chlorures de platine. )

Le chlore , à l'état de gaz , se combine peu à peu avec le platine, qu'il convertit en partie en deutochlorure. On connaît deux composés de chlore et de platine, savoir, le protochlorure et le deutochlorure de platine; on les obtient comme les deux chlorures d'or.

Le protochlorure de platine se prépare en chauffant le deutochlorure de platine à une douce chaleur jusqu'à ce qu'il cesse de laisser dégager du chlore. Il est d'une couleur verte olivâtre, insipide, insoluble dans l'eau et décomposé par une chaleur rouge qui en dégage tout le chlore en mettant le platine en liberté.

Le deutochlorure de platine est le résultat de la dissolution de ce métal dans l'eau régale (acide chloronitreux). On le forme en traitant à chaud , dans un ballon , le platine en mousse par quatre fois son poids d'eau ré- . gale, faite dans les proportions d'une partie d'acide nitrique contre trois parties d'acide hydrochlorique. Si on évapore ensuite la dissolution jusqu'à siccité, on obtient une masse brune rougeâtre qui est le deutochlorure de platine. J

Ce chlorure en solution concentrée est susceptible de cristalliser; il a une saveur acide styptique et très-désagréable, Exposé à l'action de la chaleur , il abandonne - • -

une parti? du chlore qu'il contient et se transforme en prolochlorure ; à une température plus élevée, U se dç-

• compose entièrement. Mis en contact avec l'air, jl en absorbe peu à £cu l'humidité et tombe en déliquescence. L'eau et l'alcool le dissovent facilement en se collant en rouge brunâtre.

Le deutocblorure de platine s unit avec les chlorures de potassium et de sodium et produit des composés doubles à proportions définies. Le chlorure de potassium et de platine est peu soluble; il est d'une couleur jaune orangé-, on l'obtient facilement en versant du chlorure de potassium en solution concentrée dans une solution de chlorure de platine également concentrée. Le chlorure de sodium et de platine est au contraire soluble, et ne peut être obtenu que par évaporation et cristallisation du mélange des. deux chlorures. Toutes les fois qu'on fait agir la solution concentrée d'un sel à base de potasse sur le deutocblorure de platine, il en résulte toujours un précipité jaune orangé , par suite de la formation à'un chlorure double de potassium et de platine. Le même effet se produit avec les sejs de soude $ mais comme le chlorure double est soluble, il n'y apoîpt de

* précipitation. Cette différence d'action permet denc de distinguer, par le deutochlorure de platine, les sels de potasse de ceux de soude.

Les sels à base d'ammoniaque se comportent comme les sels de potasse avec le deutochlorure de platine \ ils fournissent un précipité jaune orangé, composé de chlorure de platine et d'hydrochlorate d'ammoniaque ( hydrochlorale ammoniaco de platine).

Mais l'action que la chaux exerce sur les sels ammoniacaux empêche de les confondre avec les sels dépotasse.

Le deutochlorure de platine est employé pour obtenir le platine, et comme réactif dans les laboratoires.

On ne connaît pas encore de combinaison du platine

avec l'iode. Nous avons cependant constaté dernièrement qu'en mêlant à une solution de deutochlorure de platine, une solution d'odiure de potassium, on obtenait, en opposant le mélange des deux liqueurs à l'action de la chaleur, une poudre noire, insoluble, qui était un véritable ioudre de platine formé de ni, i d'iode et de 28,8 de platine. Cet iodurc exposé à une chaleur au-dessous du rouge se décompose, même en vases clos, et donne de l'iode qui se volatilise et du platine en mousse.

Platine et soufre. ( Sulfures de platine. )

Le platine en mousse, chauffé avec le double de son poids de fleurs de soufre , se transforme directement en sulfure. On obtient le même composé en exposant dans un creuset luté , à une chaleur rouge , un mélange de deux parties d'hydrochlorate ammoniaco de platine et d'une partie de fleurs de soufre.

Ce sulfure est noir, pulvérulent, indécomposable par la chaleur seule; mais chauffé au contact de l'air, il est décomposé par Poxigène , qui brûle le soufre et laisse le platine à l'état de pureté. D'après l'analyse qui en a été* faite par M. Vauquelin , ce sulfure est formé de ;

Platine. ... 100 Soufre. . . . 17,6

En faisant passer dans une solution de deutochlorurc de platine aussi neutre que possible, un courant de gaz hydrosulfurique, il seproduifun précipité noir floconneux qui , suivant toute apparence , est un deutosulfure de platine. Ce composé est d'une couleur noire bleuâtre; il est insoluble dans leau et tache le papier et les doigts comme la plombagine. Exposé humide à l'air, il se décompose peu a peu , car une portion de son soufre est convertie en acide sulfurique. Cette altération, observée d'abord par Proust, Ta été depuis par M. Vauquelin. ( Annales de chimie et de physique , t. v , p. 260. )

Le nombre des combinaisons du soufre avec le platine ne parait pas encore bien fixé, car suivant quelques chimistes , il en existerait trois.

Platine et sélénium. ( Séléniurc de platine. )

En chauffant le sélénium avec le platine pulvérisé, ces deux corps se combinent aisément. Le séléniure de platine formé est une masse grise non fondue } lorsqu'on la chauffe à Pair, le sélénium se combine avec l'oxigène et se volatilise en laissant le platine pur. (Berzélius , Annales de chimie et de physique, t. ix , p. 249. )

Platine et phosphore. ( Phosphures de platine. )

Le platine, suivant M. Edmond Davy, s'unit en deux proportions avec le phosphore. Ces deux composés s'obtiennent directement.

Le protophosphure se forme en chauffant, dans un tube rempli de gaz azote, du phosphore et du platine. La combinaison s'opère avec dégagement de lumière à une température au-dessous du rouge. 11 est gris bleuâtre , très- cassant , fusible et cristallise avec facilité.

Le deutophosphure se préparc en calcinant dans une petite cornue de verre trois parties d'hydrochlorate ammoniaco de platine et deux parties de phosphore coupé en petits morceaux. Il a les caractères physiques du protophosphure et contient le double de phosphore de .celui-ci.

En calcinant un mélange de parties égales d'acide phosphorique de platine et de charbon en poudre, on forme également un phosphure de platine , d'après l'observation de Pelletier père.

L'affinité du phosphore ftour le platine parait . être assez grande *, car les plus petites quantités de phosphore libre ou combiné à d'autres métaux , mises en contact avec le platin suffisent pour fondre et percer les parties qui ont été touchées \ aussi doit-on s'abstenir de

calciner dans des vases de platine les substances qui renferment du phosphore ou qui peuvent en laisser dégager par la chaleur.

Usages, Le platine , par sa dureté , sa malléabilité , son infusibilité et le peu d'action qu'exercent sur lui la plupart des composés chimiques, ^est devenu très-précieux pour la fabrication de vases à l'usage des laboratoires de chimie. On l'emploie pour faire des creusets , des capsules , des bassines et des cornues à l'usage des fabricans d'acide sulfuriqne. On forme môme avec ce métal des objets d'orfèvrerie qui joignent à l'éclat brillant de l'argent l'avantage , que ne possède pas celui-ci , de ne pas noircir aux émanations sulfureuses. Quoique moins rare qu'il y a une cinquantaine d'années , son prix est encore trop élevé , comparativement à celui de l'argent, pour qu'on puisse l'employer à un grand nombre d'usages. Il sert encore pour former la.lumière des fusils et doubler l'intérieur des bassinets.

Le platine s'unit à un grand nombre de métaux , et produit des alliages plus ou moins fusibles. Les combinaisons qu'il forme avec l'étain , le plomb et le bismuth sont si fusibles qu'on ne pourrait tenir ces métaux fondus à une chaleur rouge dans des vases de platine sans s'exposer à les percer par suite de l'alliage qui se formerait.

Le cuivre s'allie aisément par la fusion avec le platine à une haute température. L'alliage qui en résulte * est ductile , très-dur et susceptible de recevoir un beau poil qui ne se ternit pas à l'air humide. Il est d'autant plus blanc que la proportion de platine l'emporte sur celle du cuivre. On l'a employé pour la confection de quelques miroirs de télescopes.

L'alliage qu'on obtient par l'union de 16 parties de cuivre , de 3 parties de platine et d'une partie de zinc a , d'après Cooper, l'apparence de Tor 5 il est un peu duc-

tileàfroid, inaltérable à l'air humide et par les vapeurs acides. Nous avons constaté qu'il était impossible de le laminer , car il se brise à chaud lorsqu'on le comprime. L'or et l'argent peuvent être compilés au platine à l'aide d'une chaleur très-élevée. L'almige de l'or avec le platine est remarquable en ce qu'une petite quantité de ce dernier métal suffit pour faire disparaître la couleur jaune de l'or et lui donner une couleur blanche argentine; 7, de platine allié à For fournit un alliage blanc, ce qui montre l'impossibilité d'unir en petite^ quantité ce métal à l'or sans qu'on ne découvre la fraude. Cet alliage est plus fusible que le platine, et d'autant plus qu'il contient plus d'or; comme ces deux métaux il est inaltérable à l'air.

Palladium j Rhodium, Iridium et Osmium,

Ces quatre métaux, qui accompagnent presque toujours le platiqe dans ses mines, peuvent être obtenus dant le traitement qu'on leur fait subir pour extraire ce dernier métal à l'état de pureté.

Leur rareté, ainsi que la difficulté de les séparer, fait qu'à l'exception du palladium , ils n'ont reçu encore au- . ^ çun usage.

Palladium,

Ce métal a été découvert, en i8o3 , par Wollastonet examiné depuis par MM. Chenevix:, Yauquelipet Beffélius, Onl'extrajt de la dissolution de la mine dçplf/r Une , d'où ce métal a été précipité par l'hydrochlorate d'ammoniaque, M. Vauquelin a proposé le procédé suivant: on plonge uue lame de fer dans cette dissolution, qui précipitée palladium et le rhodium mêlés à d'autres métaux, tels que le platine, le cuivre, le plomb, etc, Ce précipité est mis en contact avec de l'acide nitrique faible, à la température ordinaire, puis avec de l'acide hydrochlorique, qui enlèvent une partie des métaux

étrangers. Lorsque ces acides ont cessé d'agi v , on calcine le résidu et on le traite par cinq h six fois son poids d'acide chloronitrcux ( eau régale ) ; il reste une poudre noire insoluble cfljtenant beaucoup d'iridium.

La dissolution crans l'acide chloronitrcux renferme du platine, du palladium, du rhodium. On l'évaporé eu consistance sirupeuse pour chasser l'excès d'acide, et, après l'avoir étendue d'eau, on y verse une solution concentrée d'bydrochloratc d'ammoniaque. Il s'y forme un précipité jaune orangé d'hydrochlorate de platine et d'ammoniaque qu'on sépare par la fillration. La liqueur filtrée est ensuite évaporée à siccité, reprise, par une petite quantité d'eau, qui isole encore un peu le sel de platine ; puis, après l'avoir étendue d'eau et acidulée par l'acide bydrochloiiquc, on y verse peu à peu de l'ammoniaque pour saturer en partie l'acide; il se produit à l'instant un précipité rose hortensia , qui est - un soushydrochloratc ammoniaco de palladium. C'est delà calcinalion de ce sel qu'on retire le palladium pur.

Propriétés. Le palladium est un métal blanc, trèsmalléable et ayant beaucoup de ressemblance avec le platine 'y il est susceptible de recevoir un beau poli comme ce dernier métal. Sa densité, lorsqu'il a été forgé, est de il, 800. Exposé à l'action d'une forte chaleur, sa surface prend une couleur bleue, duc sans doute à un commencement d'oxidation 5 mais à une température plus élevée, il reprend son premier éclat et peut fondre h un feu très-violent. Il est inaltérable à l'air , ce qui le rendrait aussi utile que le platine, s'il était moins rare.

Le palladium ne se combine qu'en une seule proportion avec l'oxigène, le chlore, le soufre. Il diffère du platine par sa solubilité dans l'acide nitrique.

Rhodium .

La découverte de ce ir.élal est postérieure à celle du

palladium. Elle fut également faite par M. Wollaston, en 1804. On le retire de la dissolution du platine brut par des moyens compliqués.

Ce métal , à l'état de pureté , est blanc , cassant, aussi dur que le fer, infusible aux plus hautes températures que Ion puisse produire dans les fourneaux, inaltérable à l'air. Sa densité est de 10,649. ^ a pour caractère

d'être insoluble dans tous les acides et même dans l'eau

régale.

Iridium.

Ce métal se trouve uni à l'osmium dans le platine brut, et forme une partie du résidu de la dissolution de cette mine dans l'acide chloronitreux. Il a été découvert, en i8o3, par Descotils, lorsqu'il s'occupait de l'examen du résidu insoluble de la mine de platine.

L'iridium , ainsi nommé en raison des différentes couleurs que présentent ses dissolutions , est blanc comme le platine ;i'l résiste à la température la plus élevée que l'on puisse produire dans les forges; aussi a-t-il été impossible de l'obtenir jusqu'à présent fondu et d'en déterminer la pesanteur spécifique. L'air et l'oxigène ne l'altèrent à aucune température*, il en est de même des acides, qui ne peuvent l'attaquer lorsqu'il est pur.

Les combinaisons de ce métal ont été particulièrement examinées par MM. Smitbson, Tennant , Descotils, Fourcroy, VauquelinetBerzélius. Elles sont sans usages.

Osmium.

L'osmium, le dernier des métaux particuliers qu'on rencontre dans la mine de platine , a été découvert par Tennant , à la même époque que l'iridium. Il y existe à l'état d'alliage avec ce métal , et se présente sous forme de petits grains blancs , cassans , qui font partie du résidu delà mine de platine.

Ce métal , désigué sous le nom osmium , à cause de

rôdeur particulière qui caractérise son oxide , n'a encore été obtenu que sous fdrme de masse friable et pulvérulente. U est noir bleuâtre très-foncé ; on ignore toutes ses autres propriétés physiques , puisqu'on n'a pu encore le fondre.

Calciné au contact de l'air, il s'oxide et s'évapore en fumées blanches , piquantes , d'une odeur un peu analogue à celle du chlore. À l'abri de l'air, il n'éprouve aucune altération. L'oxide de ce métal est blanc , très-volatil, réductible par la chaleur et par la plupart des corps combustibles. L'eau , le .dissout avec la plus grande facilité 5 cette solution a l'odeur particulière de l'oxide et une saveur sucrée ; elle est décomposée par l'infusion de noix de galle , l'alcool et l'éther , qui réduisent l'oxide d'osmium et en précipitent ce métal en flocons noirs trèsdivisés. Les métaux avides d'oxigène , tels que le fer, le zinc , l'étain , opèrent la même réduction.

Ce métal est rare et sans usages. Quelques chimistes le regardent comme un corps appartenant plutôt à la section des combustibles non métalliques qu'à celle des métaux. Ses propriétés particulières semblent justifier cette opinion.

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