MERS
, La mer est ce vaste amas d’eau qui , conjointement avec les terres , forme la composition du globe. La figure des terres est hachée de proéminences et d’enfoncements. La mer entre dans tous ces interstices, et souvent elle y prend des noms différents. Voici les principaux :
Océans.
L’océan Atlantique du nord.
L’océan Atlantique du sud.
L’océan Pacifique du nord.
/ L’océan Pacifique du sud.
L’océan Indien.
Mers d'Europe.
Méditerranée. — Adriatique. — Archipel de Grèce. Marmara. — Noire. — d’Azof. — Manche. — d’Allemagne. Baltique. — du Nord. — Blanche. — Glaciale.
Mers d'Asie.
De l’Inde ou d’Asie. — Golfe de Bengale. — Golfe
MERS. f)3
Persique ou iner Bleue. — Mer Jaune de Chine. — d’Ochotsk. — Caspienne. — Morte, ou lac Asplialtite.
Mers d'Afrique.
Rouge. — Golfe de Guinée.
Mers cC Amérique.
Vermeille. — Verte. — Golfe du Mexique — Baie d’Hudson. — Baie de Baffin.
Ijes mers n’ont pas toujours été ce qu’elles sont. Le globe a éprouvé de grandes catastrophes ; le feu et l’eau l’ont dévasté et l’ont couvert des traces de leurs ravages. Les lieux les plus élevés des continents portent des dépouilles maritimes : des coquillages , des pétrifications de poissons, des végétaux marins, des em-> preintes sur des pierres, divers fossiles testacées. En un mot, on ne doute pas qua des époques inconnues la mer n’ait couvert le globe. Sa retraite , qui dans les grandes catastrophes doit avoir été brusque , paraît aujourd’hui graduelle ; dans d’autres endroits ses envahissements sont probables. La Méditerranée , par exemple , paraît formée par la rupture du détroit de Gibraltar et le naufrage des continents, contreminés par les volcans, dont tout le lit de cette mer est rempli. C’est l’opinion de Pline (Pline, liv. III , ch. I ). Le golfe du Mexique, les détroits de Chine, ont l’apparence de mers formées par des continents naufragés. D’un autre côté , on commence à entrevoir que le fluide diminue sur le globe, que les rivières tarissent ',
• Il y a des rivières qui s’enfouissent. Voyez le Voyage de Barrow au cap de Bonne-Espérance. } •
et que la partie concrète du globe s’augmente continuellement.
On avait prétendu que la retraite graduelle des mers était une hypothèse, et que l’Océan regagnait d’un côté ce qu’il perdait de l’autre; et l’on citait en preuve des empiétements faits par la mer. Mais on convient assez généralement que ces empiétements sont dus à la situation de certains terrains , vers lesquels de fortes marées se dirigent, ou sur lesquels des tempêtes fréquentes accumulent les flots. Dans ces circonstances la mer peut insensiblement miner, ronger une côte dépourvue de rochers , en emporter les alluvions dans son immensité, et se mettre à sa place: mais son niveau ne s’élève point pour cela; la mer ne gagne rien, elle continue de perdre malgré ces envahissements partiels, et la masse de ses eaux paraît diminuer. Je reviendrai sur cet article , après avoir parlé de la hauteur des montagnes. Payez l’article Retraite des mers.
L’évaporation de la mer est très-considérable ; le ciel lui rend une partie de ses emprunts par les pluies et le tribut des fleuves; mais tout ce qui a passé dans leTègne animal et dans le végétal est perdu. La seule mer Caspienne fournit un exemple bien frappant de cette évaporation : c’est un grand lac , et malgré la quantité d’eau que lui apportent le Volga , l’Oural et les autres rivières moins considérables qui s’y déchargent, son niveau est loin de s’élever; cette mer a subi cinq révolutions, ou plutôt, les cartes qui ont été dressées à cinq époques remarquables attestent sa diminution. La carte de Ptolémée 1 la réunit avec le lac d’A-
* Ptolémée vivait à Alexandrie ver» l’an i38 ap. J.-C.