‹ Abrege elementaire de geographie physiqueChapitre 32 sur 123 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

ma. r Les.

' La mer est soumise à un mouvement périodique qu’on nomme marée. En vertu de ce mouvement, elle se gonfle deux fois dans a 4 heures 4q' à peu de chose près. Dans ce mouvement, les eaux s’élèvent et s’abaissent alternativement, après avoir été un très-petit nombre de minutes dans l’état de leur plus grande élévation ; et pareillement dans letlr plus grand abaissement. C’est ce mouvement alternatif qu’on nomme flux et reflux; le flux est le gonflement.

Ce phénomène avait frappé les anciens ; et la concordance que nous allons voir entre lui et le mouvement de la lune avait fait conclure à Pline ( liv. xi , ch. 97 ) que le soleil et la lune en étaient la eause. Causa in sole lunaque.

Dans les temps modernes, Galilée jugea que le flux et le reflux démontraient le double mouvement de la terre par rapport au soleil. Descartes vint ensuite ; il jugea comme les autres que ce phénomène devait s’expliquer par l’influence des astres voisins de la terre. Enfin parut Newton , et depuis lui Euler. Voici les éléments de leur théorie. 1

IOO GÉOGRAPHIE PHYSIQUE.

Pour simplifier la question, commençons par n’envisager que l’influence exercée par la lune; et supposons aussi, pour rendre cette démonstration plus sen» sible, que la terre soit sphérique.

Si la lune -est au-dessus d’un endroit quelconque de la surface de la mer, l’eau qui sera la plus voisine de l’astre , cédant à la loi du carré des distances, gravitera plus vers lui qu’aucune autre partie de la mer du même hémisphère ; par conséquent , l’eau susceptible d’expansion comme fluide, doit se gonfler dans cet endroit , pour s’élever vers l’astre. Mais comme la terre ne fait qu’une révolution en 24 heures par son mouvement journalier, le même lieu ne passant sous cet astre qu’une fois dans 24 heures 4g minutes ou à peu près, c’est-à-dire 24 h. 48' 44' 48"" 1 , il n’y aurait

qu’un seul gonflement sur le globe, c’est-à-dire un seul flux par jour, si le même effet n’avait lieu dans un point du globe diamétralement opposé à celui où s’exerce l’attraction de l’astre; car, suivant la loi du carré des distances dont nous avons parlé, les parties les plus voisines de l’astre sont attirées avec plus de force que le centre du globe; au contraire et par la même loi, les parties diamétralement opposées gravitent moins vers l’astre, sont moins attirées que le centre : la gravitation vers le centre n’est pas détruite pour cela; car si elle cessait d’exister, la lune attirerait à elle toute l’eau de la mer.

1 Cette somme est en temps la valeur en espace dn itaOiiveitaent dinrne de la Inné dans sa révolution synodique, que nous avons vu égal à lî° il' 27", ce qui, joint au cercle, fait 372°! 1*27" égal en temps àa4 h48' 44,; i,n 48#/,/; mais on s'exprime en nombres ronds, et l'on dit : a 4 b 49'.

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