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• Les Anglais se servept de la même division , avec la différence qu’au lieu du mot quart, ils disent and by: ainsi un E-quart-S-E, sera pour eux E and by S.
Toutes les nations civilisées ont adopté la division de l’horizon en trente-deux parties égales.
Les Provençaux, les Italiens, ont donné aux huit
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principaux vents des noms qui les désignent par les lieux d’où ils leur viennent. Ainsi le Nord est pour eux le tramontane , parce qu’il leur vient d’au-delà des montagnes, trans montes. L'Est est levante, le. couchant ponente; le Nord-est, qui leur semble venir de Grèce,, est le grego, ou grec; le Sud-est, qui leur semble venir de la Syrie, est le sirocco ; le Sud-ouest est le lebecho, parce qu’il leur vient de Libye ; et le Nord-ouest est le mistral, parce que c’est le plus violentée maître des autres, et qu’il les fait taire dans la Méditerranée quand il veut souffler.
Vent primitif.
Le vent d’orient est le vent primitif, et peut-être suffit-il pour imprimer le mouvement à la masse entière de l’atmosphère. C’est l’opinion publiée par M. de LaCoudraie,etnous l’adoptons très-volontiers ; elle concorde parfaitement avec la théorie de Daniel Bernoulli, dont nous avons parlé à l’article Courant. Nous avons dit que le mouvement de rotation de la terre devait occasionner dans l’atmosphère un mouvement en sens inverse de celui du globe, c’est-à-dire d’orient en occident. Cette opinion nous paraît juste, malgré l’avis de d’Alembert, qui la rejette. Ce dernier géomètre adopte bien la raréfaction produite par le soleil , et convient qu’elle doit produire un mouvement dans l’atmosphère. Il accorde que cela produise un vent général qui souffle toujours dans le même sens; mais la preuve ne lui paraît pas suffisante pour porter dans son esprit une lumière parfaite : c’est ainsi qu’il s’explique dans l’introduction de son discours sur la cause générale des vents. Quant à l’irrégularité et à la vitesse du vent, il
l5o, GÉOGRAPHIE PHYSIQUE.
convient que la théorie ne peut arriver, à cet égard, à rien de certain ; il ne la regarde pas même comme susceptible de perfection. Son ouvrage, couronné à Berlin, ne résout pas la difficulté; il se borne à examiner la question de déterminer les mouvements de l’air, dans l’hypothèse que la surface du globe soit entièrement régulière , et que l’agitation de l’atmosphère provienne de l’action seule de la lune et du soleil. Et après avoir résolu ce problème, il convient qu’on est encore bien loin de Connaître d’une manière certaine le cours et les lois des vents : ce qui n’est vrai qu’à quelques égards, et non généralement.
Nous ne pouvons admettre aucun doute sur le cours régulier des vents d’orient entre les tropiques; vents dont nous nous sommes souvent servis dans nos longs et fréquents voyages par mer; ventsque nous sommes allés chercher, et que nous avons toujours trouvés à point nommé, sans qu’ils nous aient jamais manqué au rendez-vous. ( Voyez le Neptune Oriental d’ Après de Mannevillette. )
Quant aux lois qui régissent les vents, nous croyons qu’on ne peut prononcer avec certitude sur celles qui déterminent les vents variables. Mais nous pensons qu’on peut se fixer sur la cause réelle des vents en général ; et à cet égard nous dirons que les marins et les habitants des ports ont un merveilleux tact pour les prévoir, et il est à regretter qu’on ne s’attache pas davantage à observer les présages qui font prédire leur retour avec tant d’exactitude par les gens de l’art. La connaissance précise de ces présages ne serait pas inutile à la théorie des vents: il en est de même des circonstances qui les
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accompagnent. Dirait-on bien pourquoi les recules amènent toujours mauvais temps ? Pour entendre cette question, il fout savoir que, dans leur variabilité, les vents suivent toujours la marche dans le sens du JSord vers ['Est, de l 'Est vers le Sud, de, ce dernier vers Y Ouest, et enfin de l'Ouest vers le Nord. Quand il arrive au contraire que le vent prend une direction opposée , c’està-dire, si par exemple il passe du Nord~ouest au Sudouest, on nomme cela une recule.
Quant au vent général d’orient, nous nous rangeons entièrement à l’avis de MM. Bernoulli, Euler, La Coudraie et autres. Nous allons faire connaître leur théorie.
L’extrême élasticité de l’air, sa légèreté, le rendent susceptible d’éprouver de grands changements par des causes en apparence très-légères. Raréfié par la chaleur, ou condensé par le froid, il tend toujours, par sa nature, à conserver un état égal de légèreté ou de densité, c’est-à-dire d' équilibre-, par conséquent le plus lourd acquiert vers le plus délié un mouvement qui occasionne un courant d’air. Or, le mouvement de rotation de la terre ayant déjà décidé le mouvement de l’atmosphère d’orient en occident, par rapport à l’axe du globe, ce mouvement est non - seulement secondé, mais encore accéléré par la chaleur que produit le soleil; car, tous les méridiens de la terre passant sous le soleil dans le sens de Y Est a l'Ouest, cet as* tre échauffe l’air qui se trouve immédiatement sous l’action de ses rayons, le dilate en le raréfiant, le rend plus léger que celui qui est moins échauffé. Alors celui qui est à l'Est du soleil, déjà mû par la rotation de
] 5a . GÉOGRAPHIE PHYSIQUE.
la terre , et cessant d’être raréfié par le soleil qui , dans son mouvement apparent, poursuit son cours vers Y Ouest, se condense de nouveau, et par l’effet de sa gravité, se presse, se précipite vers Y Ouest où l’air plus raréfié est plus léger, afin d’y rétablir l'équilibre détruit par la raréfaction résultante de la chaleur du soleil. Et comme cet effet a perpétuellement lieu , chaque'endroit étant successivement raréfié, et l’air plus condensé se précipitant continuellement de YEst vers le plus raréfié à Y Ouest, il en résulte le vent d’orient perpétuel qui souffle dans toute la zone torride et un peu en dehors de cette zone dans l’hémisphère où le soleil se trouve.
Telle est l’explication que l’on donne des vents d’orient, qui, dans la géographie maritime, prennent les noms de vents généraux et vents alizés.
Nous croyons pouvoir classer les vents dans quatre espèces ; s ✓
Quatre classes de vent.
i ° Les vents alizés et les généraux , qu’on peut nommer vent d'orient ou vent primitif.
i° Les vents périodiques , qui sont les moussons et les brises régulières de terre et de mer.
3° Les vents variables.
4° Les vents accidentels qui sont les tempêtes et les ouragans.
Vent d’Orient.
Les vents alizés et généraux sont ceux dont nous venons de donner la théorie. Les vents alizés, proprc-
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ment dits, régnent au Nord de l’équateur, jusque vers le tropique du Cancer et au-delà. Leur direction vient du Nord-est , variant à l 'Est-nord-est, à mesure qu’on approche de l’équateur, où ils soufflent de Y Est. Ces vents sont constants, ils soufflent perpétuellement dans la même direction ; leur force est moyenne. Lorsque le soleil est au Nord de l’équateur, leurs limites s’étendent plus au Nord que le tropique dans l’Atlantique: on les rencontre aux Cafiaries, quelquefois même à iVJadère; alors leur limite méridionale s’écarte de l’équateur. Ils laissent entre eux etles vents généraux une bande de quelques dégrés, occupée par des calmes et des pluies, surtout dans les approches du solstice. Mais le soleil les entraîne après lui lorsque sa déclinaison devient méridionale; leur frontière se rapproche alors de l’équateur. La marche générale de ces vents à lieu partout le globe, sauf les variétés dues aux localités , et dont nous parlerons ; mais sur les océans on les retrouve constamment.
Les vents généraux régnent au midi de l’équateur ( Voyez le Neptune OlSental') : ils commencent à souffler par la latitude de deux ou trois degrés; ils soufflent quelquefois jusque sous la ligne, mais cette limite est variable. Ils s’étendent au Sud jusque pardelà le tropique du Capricorne, surtout quand le soleil est au Sud de l’équateur; et dans les environs du solstice, ils soufflent jusqu’au-delà du cap de Bonne- Espérance. Mais leur perpétuité ne passe pas vingt-cinq degrés de latitude méridionale; au-delà de ce parallèle , ils s’échangent pendant plusieurs jours avec des vents d'Ouest, dont les marins profitent pour chercher la côte d’Afrique. I^a direction des vents généraux est
du Sud-est à l’ Est-sud-est. Leur force est plus que moyenne ; ils sont plus vigoureux que les vents alizés; on les retrouve par toutes les mers, soufHant avec même constance partout où le passage leur est libre» sur l’océan Indien, sur la mer Pacifique et sur l’Atlantique du Sud.
Ces vents d’orient se modifient sur la côte occidentale d’Afrique, iis y soufflent du Sud-ouest , jusqu’à quelques lieues au large de terre, et dans urie partie du golfe de Guinée. On explique cette modification de la manière suivante. Les terres, par leur nature, se pénètrent peu de la chaleur du soleil , et loin de l’absorber elles la réverbèrent ; de là cette raréfaction qui dilatant l'air, force celui de la mer d’accourir pour rétablir l’équilibre. Mais après la chaleur du jour, le vent d’orient reprend son empire, par les lois que nous indiquerons en parlant des brises alternatives.
Les vents d’orient sont donc soumis à deux directions, l’une du Nord-est, l’autre du Sud-est. De ces deux marches perpendiculaires l’une à l’attre, résulte un choc qui les affaiblit réciproquement, et leur fait laisser entre eux un intervalle rempli par le vent d’orient ; mais très-léger à cause de la quantité de vapeurs dont l’air est chargé, et qui y sont amassées par les vents de Nordest et de Sud-est. Ces vapeurs se résolvent en pluies qui quelquefois sont accompagnées d’orages et désolent les navigateurs dans ces parages.
Au Norde tau Sud des vents d’orient, l’air dilaté sous la zone torride par la raréfaction , prend un cours iuverse pour rétablir son équilibre ; mais dans cette marche, l’air du pôle accourt toujours vers l’équateur. En con-
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séquence , les vents du Nord-ouest prévalent ordinairement dans l’hémisphère du nord , comme les vents de Sud-ouest tiennent le sceptre dans les hautes latitudes méridionales. Mais cette direction est très-inconstante, elle se modifie à l’infini : d’où on les a nommés variables. Us occupent tout l’espace compris entre les vents d’orient et le pôle.
Vent variable.
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Une infinité de causes physiques peuvent produire cette perpétuellevariation. La différence de constitution dans l’atmosphère, produite ou par l’influence des astres qui pèsent sur notre globe, et dont l’action se combine ou s’exerce séparément , suivant leur position et leur distance alternative, réciproque et relative à notre planète,ou bien parla nature des émanations qui subissent, 1 dans la chaleur de l’atmosphère, des combinaisons comparables à celles que la chimie étudie dans ses laboratoires; des circonstances locales, la configuration des terres, la situation et la direction des montagnes, les intervalles entre les plantations des pays très-boisés , lecours des grands fleuves , les réservoirs d’exhalaisons dans les terres nitreuses, sulfureuses; les dépôts d’évaporation dans les lacs et les marais : toutes ces causes contribuent à donner des impulsions diverses au courant aérien ; et ces impulsions diverses, se communiquant de proche en proche, occasionnent ces grandes variétés si irrégulières, que leur marcheest incalculable d’avance.
Si nous supposions l’atmosphère parfaitement homogène,sans élasticité et en repos absolu, on concevrait
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qu’une puissance quelconque occasionant un mouvement dans un de ses points, il en résulterait un ébranlement dans toutes les parties de l’atmosphère. Cette comparaison suffit pour expliquer comment les vents produits dans un lieu par une cause locale, occasionnent des variétés à de grandes distances. Car une tempête, comprimant l’air voisin des lieux où elle souffle, surtout en avant de sa direction, communique cette compression avec une force qui ne s’éteint que lorsque l’élasticité de l’air lui en oppose une pareille; et si l’on observe que l’hémisphère du nord renferme une grande quantité de terres, on concevra que les divers foyers d’où partent les principes du vent étant très-multipliés, et la direction de ces mêmes vents étant interceptée et réfléchie presque à l’infini par la configuration de toutes ces terres, il doit y exister des variétés bien plus considérables , des irrégularités bien plus incalculables que dans l’hémisphère du sud, où ces causes n’existent pas, puisque la partie antarctique est dépourvue de terres. Et en effet, les irrégularités y sont peu nombreuses. Des vents de Sud-ouest , qui passent assez souvent au Nord-ouest par V Ouest-, peu de vents de Sud, encore sont-ils faibles et de courte durée : telles sont les variétés générales qu’on y.éprouve.
Il nous semble démontré , par ce que nous venons d’exposer, que les émanations des terres ont une grande influence sur la dilatation ou la condensation de l’air, G’est-à-dire qu’elles rendent l’air plus susceptible, par leurs combinaisons, de fermenter et d’éprouver les effets de la chaleur ou du froid. Cela explique comment presque tous les lieux de la terre ont un vent favori, un vent de préférence ; cela explique encore comment,
Digiti.
VF.NT.
dans tous les pays, les vents produisent constamment les mêmes effets locaux. Je dis les mêmes dans les mêmes lieux, et souvent, pour ne pas dire toujours, différents dans des lieux différents. Cela explique encore comment deux vents opposés viennent à la rencontre l’un de l’autre, et comment, à condensation égale, ils soufflent latéralement, de manière que deux vaisseaux peu éloignés sont poussés dans des directions différentes," phénomène qui se voit souvent sur la rade de Bonne-Espérance. Enfin cela explique comment, à chaleur différente , le plus chaud s’élève au-dessus de l’autre , et continue sa route au-dessus. J’observe que dans ce phénomène , ce sont deux vents éphémères , faibles et de courte durée, excepté dans les moussons.