SIXIÈME SECTION
. Argent.
Pour les propriétés physiques de ce métal, voyez le tableau.
L’argent, d’un usage journalier, est connu de tout le monde. On le retire en quantité du Mexique et du Pérou; il y en a beaucoup en Europe. Il existe naturellement dans cinq états : i° natif; a° allié à l’antimoine, ou à l’arsenic, ou au mercure; 3° à l’état de sulfure double; 4° à l’état de chlorure; 5° enfin à l’état de carbonate.
L’argent natif est en petits filets capillaires, en dendrites, ou en grains cristallisés octaèdres ou cubiques. On le -trouve même en rameaux qui ressemblent, pour la forme, à la végétation; quelquefois l’argent natif est mêlé d’un peu d’or.
La gangue de l’argent est le plus communément de quartz ou de spath. Les minerais les plus riches se distinguent en mine vitrée , mine cornée , mine rouge ; ces noms sont ceux dont on se sert dans l’exploitation. La mine vitrée est, ou feuilletée , ou bien cristallisée octaèdre ; elle est fort abondante et contient les trois quarts de son poids d’argent , ou du moins est réputée les contenir.
La mine cornée est transparente, et réputée contenir les deux tiers de son poids d’argent.
La mine rouge contient quelquefois un peu de fer, et a l’apparence du grenat ;’c’est à la chimie d’analyser et de déterminer ces proportions.
I .'argent n’a pas de dureté : on le combine avec le cuivre pour lui donner plus de consistance. Le plus pur
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est dit à douze deniers de fin ; qüand il contient un douzième de cuivre, il est dit à onze deniers de fin. L’argent, dissous par l’acide nitrèux, est le nitrate d’argent, connu sous le nom de pierre infernal éi L’argent , soumis à une fbrte décharge électrique, se transforme en oxide olivâtre.
Palladium.
Voyez le tableau. On , ne trouve le palladium que dans la mine de platine, et en trèç-petite quantité; par conséquent il est très -rare, Qe métal n’est d’aucun
usage.
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Rhodium.
Vpyez le tableau pour ses propriétés, dont la connaissanoe est due à MM. Vauqueüuet Berzélius , quoique le métal luirraé.me soit dû à Wollastpn. Ce njétal, ainsi que le palladiuiU,.ne se. trouve; qup dans la mine de platine; par conséquent il est aussi très-rare. On n’en fait aucun usage; il n’est ici, confine le précédent, que pour la nomenclature. , t , ,
i<- Platine.
Voyez ce qui en est dit au tableau.
Ce métal n’a encore été trouvé qu’en Amérique. Il parait que Don Ulloa l’avait découvert dès i r, mais comme il ne publia son voyage qu’en 1748,- il n’en parla pas le premier, et n’eut pas les honneurs de la découverte ; Wood le fit connaître en 1741.
Le platine n’oxide qu’à un feu très-violent : on voit, au tableau, qu’il est le second en ductilité, et le troisième en ténacité. Comme il n’est fusible qu’au chalumeau d’oxigène ét d’hydrogène, on l’emploie pour faire des
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creuset?, et autres ustensiles de chimie. La plupart des acides rçe pouvant l’attaquer, il convient pour faire des graduations d'instruments de marine ou d’astronomie, at des miroirs de télescopé. . , , ti ...... .
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Voyez le tableau, pour ses propriétés relatives avec les autres métaux.
L’or, connu et désiré de tout le monde, ést'le signe représentatif de tout danS 'la société; lé sort des hommes èorrime celui des empires, est soumis à la possession de ce métal; tout, jusqu’à l’honneur et la gloire, tneinc l’amour, tout, disons-nous, est subordonné à ce funeste agent de Corruption.. Nous en dirons peu dé chose. Ce métal abonde au Pérou et au Mexique;1 11 en existe én Asie , en Afrique, et beaucoup en Europe; if y en a en Espagne, On fa négligé depuis la déoousferte dp celui du Pérou. En dernier lieu, on en a découvert beaucoup sur les frontières dé la Russie d’Europe vërs la Petchora ; on y en a trouvé natif. U y en a efi Hon-i. grie et en Suède. Beaucoup de rivières en charrient dans leurs eaux; et celles de la côte occidentale d’Afrique en roulent une telle quantité, que toute la côte où .sont leurs embouchures en a pris le nom de Côte-d’Or.
La gangue ordinaire de cç métal est le quartz , quelquefbis le fer ou l’argent.
L’acide nitreux réuni à l’acide marin, c’est-à-dire l’eau- régale, est un puissant dissolvant de l’or. Ce métal ainsi dissous et précipité par l’alcali volatil donne l’or fulminant, poudre dont les effets sont infiniment plus, violents que ceux de la poudre à cation. ,«
L’or est éminemment ductile : on s’en sert pour
dorer le fil d’argent des brodeurs; on a apprécié cette ductilité. Réaumur a trouvé qu’une once d’or suffisait pour dorer un cylindre d’argent pesant 45 marcs, et que ce cylindre, passé à la filière , pouvait, sans se dédorer, atteindre une longueur de 1,329,787 pieds, ce qui fait 22 1 ,623 toises, ou 97 lieues. ( Voyez les Mémoires de V Académie , 1713, fol. 2o5.)
La pureté de l’or s’exprime, dans l’usage habituel, par le mot Aarat: l’or à 24 karats est le plus haut titre; mais on n’en trouve pas d’aussi pur.
MM. Tillet et Mongez l’ont obtenu cristallisé en octaèdres ; c’est la cristallisation naturelle : il se trouve aussi en cubes.
En traitant l’or convenablement, on en obtient un précipité qui est le pourpre de Cassius. Avec un autre procédé on en obtient l’or en poudre pour dorer les porcelaines. L’or est entré dans quelques préparations médicales ; son oxide et son hydro-chlorate ont été administrés comme antisiphilitiques.
Iridium.
Voyez le tableau. Ce métal est peu connu, très- rare et sans usage. Cependant il paraît qu’aucun acide ne peut l’attaquer. Il n’est altéré ni par le gaz oxigène, ni par l’air à aucune température; propriétés qui le rendent susceptible d’une grande utilité pour les objets exposés aux attaques de l’atmosphère.