HAUTEUR DES PRINCIPALES MONTAGNES
Il est à regretter que l’antiquité ait été dépourvue des moyens de déterminer avec exactitude la hauteur des montagnes; on en concluerait aujourd’hui leur affaissement : chose importante, liée à l’histoire des révolutions du globe , et monument de la marche de son dépérissement.
Il n’est pas moins à regretter que les anciens nous aient laissé ignorer les procédés dont ils se sont servis pour mesurer quelques-unes de ces montagnes , parée que ne pouvant vérifier leurs calculs^ ôn balance sur le degré de confiance qu’on doit leur accorder. C’est ainsi que nous ne pouvons admettre les témoignages d’Aristote, de Strabon,de Pline et autres, sur la hauteur
de plusieurs montagnes célèbres de l’antiquité. Par exemple , le mont Casios en Syrie passait pour être élevé de i a 5g toisés modernes; l’Olympe enThessalie, 1260; le Péliondans la même province, 1900; Alahyre à Rhodes, 1760 ; l’Aormos, 1875. Toutes ces montagnes n’ont plus la même bauteur.L’Athos, fameuse montagne de Macédoine, qui passait jadis pour une des plus hautes de l’Europe, n’â, suivant Busching, que *1875 toises verticales..*' * * n * " •: \ r.
Le mont Cyllene en Arcadie, nous offre matière à réflexions sur le dépérissement des montagnes, si nous supposons exactes les deux observations suivantes. DicéarqUe, contemporain d’Alexandre, lui donne >8*^5 toises: et sous Justinien , Etienne de Byzance ne lui donne plus que 11 38 toises; la différence ']?>'] toises paraît impossiblë. En supposant même une erreur de la moitié de cette différence, 368 toises seraient encore un affaissement si prodigieux, dans à peu près huit cents ans, qu’on ne peut le croire. Cependant, il est à remarquer que toutes ces montagnes sont de seconde formation.
Nous rechercherons bientôt le dépérissement des montagnes. Les plus anciennes, quoique encore les plus hautes, sont cependant celles qui ont souffert le plus grand abaissement, parce qu’elles subissent les injures du temps depuis un plus grand nombre de siècles.
Les observations modernes sur la hauteur des montagnes, sont appuyées du concours des moyens trigonométriques et du baromètre. I^es premières sont susceptibles d’erreur, à cause des réfractions difficiles à