‹ Abrege elementaire de geographie physiqueChapitre 92 sur 123 · MONT. 4. G NI- S · texte numérisé non relu

MONT. 4. G NI- S

calculer;car La température qui influe sur les réfractions, varie beaucoup sur toute l’étendued’uue montagne, par l’alternative de la chaleur et de la fraîcheur, la nature des vapeurs, enfin par la qualité du milieu que le rayon visuel traverse pour se rendre de l’observateur au point observé'.

Le Caucase, mesuré par ordre du tzar Pierre-le- Grand, a aa5o toises françaises; hauteur que nous croyons bien moindre qu’autrefois.

Le plateau de la Tatarie a été mesuré par le P. Verbiest, qui lui donne 3ooo pas" géométriques au-dessus de la mer Jaune. Le pas géométrique est de 5 pieds de roi; c’est donc i 5,ooo pieds, ou a5oo toises. Le mercure y a descendu aussi bas que sur le Saint- GotJiard. Nous ajoutons que le savant missionnaire y est monté à cheval; oi) ne gravit pas à cheval les lieux les plus élevés. Nous pensons que cette merveilleuse masse centrale de l’ancien monde, dont elle est encore aujourd’hui le point le plus élevé, a beaucoup perdu de sa hauteur primitive, et qu’elle est encore supérieure à l’estimation assez vaguement énoncée du P. Yerbiest.

Le mont Blanc des Alpes est le point le plus élevé de l’Europe. Le professeur de Saussure a fixé sa hauteur à a4a6 toises au-dessus de la surface de la mer, et 2238 toises au-dessus du lac de Genève. Nous obser-

1 Un jeune homme qui ne connaîtrait pas la réfraction peut en prendre une idée par l'expérience suivante. Placer un vase sur une table, et mettre au fond mi objet quelconque ; se reculer jusqu'à oe que les bords du vase le cachent, et, sans bouger de place, faire verser de l’eau dans le vase; on ne tardera pas à voir l'objet au fond de ce vase : doue la réfraction élève l'objet» soit astre, ou toute autre vhose.

(j/j GÉOGRAPHIE PHYSIQUE.

vous que ce calcul donné au lac 1 88 toises d élévation au-dessus de la mer, ce qui s’accorde avec la prodigieuse rapidité dii Rhône; car ta distance directe de (WièV'é a Aigues-Morte est de 55 lieues, ce qui

donne a peu près un pouce de pente pour huit toises • « . .t r , ‘ i #imno? s •

et demie de cours, le tout en nombres ronds.

ÜnV ^montagne de Silésie', nommée MésefdiopJ,

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passe pour demesdrement hauté; cependant, comme on

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Méditerranée : m|is celte hauteur nous parait nisutti-

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JjiJUia) VOlinov , — • 7 - — •, • If j ‘

dernières observations par le baromètre ldi 'donnent

1 6 1 a toises. ' .CaU-a , ,i

Le Vésuve a 65o toises, suivant de Saussure.

En Afrique, oh ne connaît avec précision m la hauteur de l’Atlas, ceïlV'des montagnes de Nubie, dont les vallées servent de lit au ‘Nil, ni celle des montagnes d’Abyssinif/ou ce fleuve preijid sa source, ni celle des montagnes dé la Lune. Quant à l’extrémité méridionale de l’ A frique, ôn y a observé des élévations très-considérables: la montagne de la Table ancap de Bonne-Esperance est élevée de 55o toises. Les montagnes de Nieuweldt

MONTAGNES. 65

sont, suivant Barrow, élevées de 161 1 toises, et la chaîne s’élève encore en allant vers le nord.

Le pic de TénérifTe, qui a si long-temps passé poulie point le plus haut du globe, est un volcan. Son sommet est soumis à des révolutions, qui l’exhaussent et l’abaissent tour-à-tour, comme nous le dirons en parlant des volcans. Aussi MM. Bouguer et Borda diffèrent-ils beaucoup dans leurs calculs : le premier lui donne 2070 toises, le second 1931 toises, différence 139.

Comme cette montagne est un volcan, elle doit être couverte d’exhalaisons, qui font beaucoup réfracter. Le milieu entre ces observations ne ferait arriver ce fameux pic qu’à 9.000 toises, hauteur bien inférieure à celle des montagnes du NouveaiwMonde.

LePichincaaux Cordillères, estélevéde a434 toises.

Le Coraçou id. id. 2476 toises.

Le Cimboraço id. id. 3ar7 toises,

suivant La CoUdamine, qui y perdit le tact et l’ouïe.

Don Ulloa élève encore cette mohtagne, et lui donne 3368 toises’. • . *

r Dans la mer Pacifique, le pic de Owhihi aux îles Sandwich est élevé de 3o66 toises; et en général, il est à remarquer que les montagnes de la zone torride sont les plus élevées, et nous ne doutons pas que, lorsque l’intérieur de l’Afrique sera soumis aux observations, on ny trouve des montagnes rivales des Cordilières.

Pour la manière d’observer la hauteur des montagnes par lè baromètre, voyez ce que nous avons dit à l’article Atmosphère, ire partie, page i4o.

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DÉPÉRISSEMENT' BES MONTAGNES, ù. . :*!■» ;■■■!; • j> .• h * • >• »'» * • !

Il est de la nature des montagnes Soit calcaires soit! granitiques , dm > moment qu elles sont soumises aux. influentes de J’aü^pbère, d’aller toujours en sedégra* dant, et cçlapopr plusieurs! causes. D’abord par le poids de la ae PWWnfc P»s sur le noyau

homogène du leur planteur Demi toujours à les

affaisser; iuais e^e, cause .que nous «e regardons que corn oie lûc^,fe01?^\-duT prape à , de certaines montagnes.^Ui^WUfe’ W<.'4i(^S gèuér,aJe. Nous n’admettons qu’un pcmcip*! gonéi'^l «de. dé pémsemeo t da n s les- montagnes : fi’ es^MépAu ‘1k mpùt de leur cuoe. Gettefiiwe fut au.tijçf^éiç&pyes^.ide, tecrOiV^étaleÿqette véritéest reconnue, efle est cosignée dans \$bMèmowes.del' Académie defifrienceuQr, 4»an(1 urte montagne a perdu son enveloppe pprlef-plnif s, les fontes de neige et autres causes qui .peuvent l’féfeanlèr,,^ W qui reste à découvert se dessèche , se modifie ; lés particules qui le composent, livréesà l’aùnosplière , uses variations, à I action des nuages, à l’éleutricité de la foudre, tendent à se désunir : la pierre se gerce, le froid tres-vif 1 entr ouvre, la glace qui s’y introduit la fait éclater; le temps achève de la pulvériser.

Il est des montagnes dont la construction, est telle que les eaux ne peuvent que très-lentement les dépouiller de leur enveloppe. Tel est le plateau de la- Tatarie, moins décharné qu’un cône, mais cependant réduit de sa hauteur primitive, par 1 alternative de la température, par l’action des météores, parle temps enfin, dont

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la main lente, patiente, infatigable, détruit tout. Les autres montagnes dont les formes se prêtent aux écoulements des eaux, et dont les pics sont entourés de nuages, sont exposées à l'action des vapeurs de tout genre, comme dans un laboratoire de chimie : quelquesuns de ces pics se transforment en quartz, les autres se feuillettent et se réduisent en poudre. Le changement alternatif du chaud et du froid produit quelques lissures dans la pierre, de quelque nature qu’elle soit, marbre ou granit. lies nuages y déposent leitrS vapeurs, souvent acides et corrosives, fies excréments calcaires des oiseaux qui leé habitent, aiguisent dê tetir.V sels ces agents de destruction; les rpchers eu sont soutént blanchis. L’hiver survient, et suspend les ravages de l’eau et de ses filtrations, niais alors il en produit de plus grands; il gèle cette eau, et nous venons de dire que la contraction quelle éprouve dans cette opération, agit sur la pierre comme un coin; le rocher éclate, et quelques années le convertissent en décombrek. Ainsi les eaux qui d’abord avaient organisé les montagnes calcaires, et donné une enveloppe aux montagnes primitives, descendent de l’atmosphère pour venir détruire leur ouvrage. Ainsi dans la main du Créateur, le meme agent est alternativement moyen d’organisation et de décadence.

Dans la zone torride, la pierre n’étantjamais soumise à l’action de l’alternative du froid et du chaud, et aux efforts des congélations, les montagnes y ont de moins ce moyen de destruction, et peut-être est-ce à cette raison qu’il faut attribuer la supériorité de leurs hauteurs sur les montagnes des autres zones. Car il est à

peu près vrai de dire, que plus on approche des pôles, moins les montagnes sont élevées; et quoique l’on s’accorde assez généralement à penser que le gonflement sous l’équateur soit dû au mouvement de rotation du globe en incandescence à son origine , cependant l’imagination ne s’étonne pas de l’idée que le dépérissement des montagnes ait augmenté, l’aplatissement vers les pôles , et l’on ne répugne. pas, à penser que cet aplatissement pourra bien encore augmeptçfV,,, , , ,

Voici* comment, jÇ^la^sau examinait les Pyrénées :

« L’envelnppp^n^^^gL^n'^^'V^’fl11' constituent

« la charpdutu dfc fies mpnfR^ncf 7|i^e cesse de diminuer « depAis/ la.rPtrajte des mers, tes torrents qui forment «de profondes Comtés daps leur sein, entraînent les « pierres. calcaires et argileuses, et dégagent peu à peu « le granit. Ainsi cette coche, après une longue suite de «siècles, se trouvera entièrement à découvert, telle « qu’elle était disposée avant d’avoir servi de base à « des matières ide nouvelle formation. »

Les Mémoires de, l’Académie de Stockholm, tome XI, page 2, font mention de la destruction de leurs montagnes, rlu côté de Wiborg. Tous les Mémoires des pontset-chaussées sont pleins d’exemples de dégradations, causées par les fdtrations et les cours d’eau; tous les entrepreneurs de travaux en sont journellement témoins. Voici un trait de ce genre, que j’extrais d’un ouvrage connu. « Des motifs quelconques déterminèrent des «spéculateurs à percer une montagne dans la vallée de « Louron aux Pyrénées. Des travaux furent commencés; «on construisit tout auprès une maisonnette pour le «service de l’exploitation. En 1770 on renonça à l’opé-

MONT ACNES.

«ration, et l’on abandonna l’ouvrage. En 1787 tous les «travaux furent emportés par les pluies, les tiltrations, «et les eaux accidentelles : la maisonnette resta posée «sur une pointe, comme la guérite d’un bastion; on ne « pouvait plus y aller. Aihsi,dans dix-sept ans seulement, «les eaux, les neiges, V^s glaces, les tiltrations, avaient «détruit une masse calcaire, de plus de 100 pieds de « liaut , sur plusieurs pieds d’épaisseur.

Si l'on entre daVis u’rf souterrain , ta première chose qu’on remarque, c’est la quantiled# Stalactites suspendues aux voûtes. QjiWt-cé Vjuè céla1 dénote ’P1 clés filtrations. Eli, cé sonilclé^,fffè^â'|)tîr^dfefdf6lél'p{tttdles corps qui les admettent! ïiil£^ tllttluporhi, qui

déchire nos sociétés ééomlifièW d’&igVàtd bhettbVmnt à détruire ceux qui leur doiLèVèlit l’fiW.qVitîdlté'M1 >iq jI>. ^

Dans d’autres cavertféé ydbht lh‘ dfàioWrtitm «si plus avancée. Peau suinte au tiWérà du 'rôèhedj'tfaus un plus grand degré de décadence; lVuà éoi>h> et forme une fontaine. Enfin, quand les vidéfe ftédasionés par ces filtrations sont trop glahcTs', qdarld léS soutiens de la masse sont emportés i la nioiitagne1' ou 16 terrain croule. J’ai dit la montagne, parce que c’est presque toujours sous les montagnes qu’on Voit dés excavations : leurs inégalités, leurs aspérités, arrêtent le cours des eaux pluviales; et tout ce qui ne s’évapore pas entrç en filtration : une source, une fontaine, 11e sont -elles pas des eaux filtrées?

Mais quoique nn éboulement ou un écroulement ait lien dans une montagne, cependant elle ne descend point en grand, elle ne cède que dans le point qui 11’est plus supporté; alors il reste bien des parties qui

ne sont plus soutenues , la ténacité finit par être moindre que le poids de cés parties, elles cèdent, la montagne éclate, et ouvre une nouvelle route aux principes de sa destruction, qui finissent par l’ébouler. Des milliers de faits viennent à l’apui de cette étude de la dégradation des montagnes. L’éboulement des massesénormes de granit, dans les Alpes, les avalanches elles-mêmes, sont en partie l’ouvrage des eaux , et les effets visibles des causes que nous venons d’énoncer. C’est ainsi qu’en i a 1 8 une montagne tout entière s’affaissa, en Franche- Comté, et fit 'pé'éir cinq mille hommes. Une montagne du Bigdtré'lsii fit atitant en r66d; un lac a pris sa place.

C’est lit liriêitie1 dausé1 tjni incliné lès couches des montagnes calèairèS^lnsU eau détruit son ouvrage : véritable en fahfc, élevüht dês cb il tèaUx. de cartes pour les renverser. Mais, cbnilrte nous l’avons dit plus haut, le temps suffit pour détrulfèdes montagnes secondaires, sans l’assistance des filtrations èt des excavations. La pierre elle-même se décomposé aSkei! Vite, par les raisons que nous avons fait connaître; elfé Sè désunit et s’éboule: les bons voyageurs observent ces effetsavec attention. Voici comment M. Rarrow s’exprime surlesmontagnes dePiquet-berg,au cap de Bonne -Espérance; je copie ici la traduction de son voyage, que j’ai donnée au public en 1801 : « Sur i( la crête de ces montagnes, au milieu d’un gros sable « cristallisé , et parmi des fragments de grès , s’élève « une multitude de colonnes pyramidales, doht quel- « ques-unes ont plusieurs centaines de pieds de diamètre « et autant de haut. Lorsqu’on les voit dans l'éloignement, « elles paraissent vraiment faites de main d’homme , tant « elles sont régulières. Elles sont composées de masses

MONTAGNES

« tle grès, réuuies par des veines d'un grain plus dur « qui contiennent une quantité de fer. L’aspect ruiné, « dégradé, de ces colonnes pointues, annonce-leur grande « vétusté. Ijes gros sables dans lesquels S'enfouissent « leurs bases, les fragments de grès, nOu encore pulvé- « risés, répandus sur le terrain , démontrent ■clairement « que ces pyramides furent jadis réunies, et ne formèrent «qu’une seule montagne pareille à celle de la grande « chaîne du Nord. Les sommets de ces uiontjigues anti- « ques, réduits en poudre par le temps,, ont roulé à leur «base, et ont formé ces monticules de sable qui les « précèdent, pendant que les particules Ifls.pjus, déliées, «jouet des vents et des torrents, ont, ,ftt$j, portées et « déposées sur les plaiuesqui se prolongent iVCtb le bord « de la mer. » Et plus loiu, le même voyageur jetant un coup d’œil philosophique sur des masses semblables, s’exprime ainsi : « L’aspect grotesque de ce s, masses qui « semblent pousser dans le sable; les autres qui cédant « sous le poids des siècles , ont croulé les unes sur les « autres, et s’interceptant mutuellement dans leur chute, «ont formé des chambres naturelles, des arcades, des «colonnades gigantesques; ^ous ces objets dégradés,

« corrodés, excavés, squelette aujourd’hui décharné « d’un grand corps qu’ils soutenaient autrefois, frappent « le spectateur de ce respect religieux qu’on éprouve « généralement en contemplant les débris d’une gran- « deur passée. Lorsqu’on se promène au milieu de ces « ruines de la nature, l’esprit s’égare dans le calcul des « siècles qui ont dû s’appesantir sur la cime orgueilleuse «de ces montagnes dont ils ont humilié la tête, en « 1 abaissant au point où leur sommet se termine

q-X GEOGRAPHIE PHYSIQUE.

« aujourd’hui ; et l’imagination s’effraie, en cherchant « à percer dans l’avenir, pour y entrevoir l’époque à « laquelle b njapv lentq dp temps qura pulvérisé ces «^énormes masses de pierres, de mille pieds de hauteur, «,qui fléchissant sous sa course rapide, se plongeront « dans le néant qu’il laisse après lui. »

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